I. — Supériorité intellectuelle
Nous autres, Allemands, nous sommes décidément les champions de la lutte intellectuelle.
El cependant la philosopliie allemande n'a guère été épargnée par les critiques. Que faut-il penser des reproches qu'on lui fait?
Nombreuses furent les accusations portées autrel'ois contre les philosophes de la Grèce! Le spirituel Aristophane ne s'avisa-t-il pas de nous montrer Socrate, installé dans un j)anier à volaille, d'où il érij,'eait son système et endoctrinait ses élèves? Il semble bien que Kant, Fichte et SchcUing soient aujourd'hui en butte à des accusations tout aussi ridicules. Que l'on pense au g-rand nombre des insensés, des fous et même des criminels suscités par la prédication du christianisme, la religion sainte entre toutes. Osera-t-on après cela demander raison à la phiK sojdiie, de tous les passionnés <'t de tous les imbéciles qui se drjtpnil de son manteau et s'ornent de ses insignes?
IVnUlcnrs tout ce qu'il y a d impur ilniis l.i pliilosopliir aliemandr vient de l'étranger.
Avec raison nous repoussons bien loin de nous toute celte ordure, car elle nous vient de l'étranger. (J>n<' les Franvais accucilleni et admirent len doctrines corroinpueH (jue les BaboMif, les Saint-Simon, les T'onrier ont revêtue» des noms les plus divers; elles sont la conséquence de leur légèreté coupable et <le la dissolution dcK mœui'A pariHÏenneR. (]e n'est paH hi de la pliilo.so|)liic
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allemande, mais bien plutôt une sorte de peste venue de l'étranger, une marchandise de contrebande, dissimulée à grand'peine sous quelques termes philosopliiques, agrémentée de quelques arabesques, d'expressions empreintes de l'humanité la plus généreuse et du christianisme vivant des j)remiers siècles. Sans doute cette peste s'est i)ropagée chez nous; le misérable état sanitaire de certains milieux le lui permettait, mais la contagion est restée bien loin de Schelling et de Hegel.
Arndt ayant ainsi dénoncé et ({naliné le mal philosophique dont souffre l'Allemagne, passe en revue la situation correspondante des divers Etats européens : France, Angleterre, Suède, Danemark. Sans doute le peuple allemand est le siège de ([ucrelles intestines et les philusopliies étrangères y ont semé la discorde, mais de l'examen des différentes tendances philosophiques, religieuses et sociales, Arndt tire une conclusion consolante :
Cette activité même qui tourmente notre peujjle n'est-elle pas un gage et une al'lirmation de l'esprit allemand? N'est-ce pas une garantie certaine pour l'avenir? Certes, nous n'avons guère l'ail jusqu'ici que prendre notre élan, et les déceptions ne nous ont pas manqué durant cette période de pré])aration, mais bientôt elle prendra fin. Jamais un peuple aussi courageux et intelligent que le notre ne deviendra la proie de voisins inférieurs. L'aspiration d'un grand peuple vers l'honneur, la puissance, la majesté doit nécessairement se réaliser un jour. Confiance donc, et demeurons fermes dans une union indissoluble.
n. — Courage militaire et civique.
Dire que les Allemands manquent de force, de vigueur et de courage, qu'ils n'ont aucune aptitude à l'indé^jendance et à la domination serait une honteuse calomnie
que contredit déjà l'oxaraen le plus superficiel de l'état actuel des choses. Jusqu'ici, aucun ennemi n'a osé nier l'esprit guerrier des Allemands; or, lui seul peut conduire à l'hégémonie et, seul, il permet de la manifester.
Le Français, qui se glorifie volontiers de son esprit, de sa linesse et même de ses tromperies et de ses ruses comme si elles étaient l'expression d'une finesse plus parfaite, se moque de cette humeur guerrière allemande qu'il qualifie dédaigneusement de a. courage brutal ».
C'est possible ! Il est vrai qu'il y a quarante ans la Fj'ance a durement ressenti les atteintes de la brute germanique.
Considérons, en second lieu, cette forme du courage et de la vaillance politique et sociale, qui j^ermet à l'homme de se faire une place dans le inonde à la faveur des combats entre citoyens ou entre peuples, et de s'avancer en jouant des coudes à travers les vagues agitées et mugissantes de la vie humaine.
Quels peuples oseront nous contester cette adresse et ce courag«' civique, et des peuples présomptueux et courtisans comme les Français et les Kusses s'en aviseix)nt-ils, eux qui nous sont bien inféritMirs sur ce point?
Kt cependant, une puissance rivalise ici avec rAllemagne, une puissance germaniipie qui, profitant d'avantages momentanés, s'est montrée supérieure à nous sur quel<ju<'S points et, «le la sorte, nous a ravi la ])remière phice sur la scène mondiale. Je veux pai'ler de TAngleteri-e et du peuple anglo-sax<m.
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