I. LE PASSK DE LA NATION ALLEMANDE
« Etre un peuple et une nation », voilà vraiment le souverain bien, ce qui l'a été aussi pour la Grèce et pour Rome, tandis que chez nous c'est encore, toujours, une injure. « 11 est tombé plus bas que le peuple, » disons-nous d'un de ces misérables vagabonds qui désertent d'une armée pour toucher une nouvelle prime en s'engageant dans une autre et qui .servent sept potentats dans une [»aire de souliers. ()uand nous parlons d' « être vraiment peuple », l'usage veut que nous pensions à des bohémiens, à un ramassis de i'ripons, à des chemineaux et à des colporteurs juifs. Herder a bien raison de dire que nous sommes « la nation avortée ». Pourtant il fut une époque à laquelle cela nous faisait moins soull'rir. Hélas! mieux qu'aujourd'hui nous avons su être un peuple, former une nation intimement unie, mais nous pouvons à peine évoquer ce souvenir comme le vieillard décrépit celui de sa vigoureuse jeunesse. Comme peuple, nous ne nous sommes jamais relevés du funeste et honteux traité de Westphalie. Ce traité nous était funeste parce qu'il nous amj)utait des Provinces-Unies et de la Confédération suisse ; c'est alors que le Rhin cessa d'être le vieux rempart de l'Allemagne, car à ses sources et à ses embouchures, dans des régions fortifiées par la nature, n'habi-
Io8 LBS ORIGINES DU PANGERMANISME
taient désormais que des demi- frères des Allemands. Mais, bien plus, ce traité était honteux parce que des jîeuples étrangers dictaient aux Allemands les conditions de la i^aix qu'il leur fallait signer, et il demeure infiimc parce que nos propres alliés nous pillèrent des territoires, parce que des Allemands éloignés les uns des autres, cherchaient à attraper comme des restes les terres dont personne ne voulait. Du moins c'est pendant la grande guerre allemande que parut une gravure prophétique... On y voit l'aigle impériale allemande dans sa plus jjrofonde humiliation; quelqu'un de fort qui porte une couronne royale et un manteau parsemé de lis a saisi son aile droite et lui arrache ses meilleures plumes ; de l'autre côté un lion ail'amé joue des griffes, et à rarrière-i)lan un bourreau à la face menai^^ante lève son glaive et lui insinue en ricanant : « Ne te débats pas, car tout est au mieux pour toi. »
Deutsches Volkstum.
Kdition Reclain ; pages ^u et 33.