LA PRUSSE EST <JUALIFIEE POUR L HEGEMONIE EN ALLEMAGNE
Enfin, la Prusse embrasse dans un Etat politique ix)buste presque la moitié de l'Allemagne, et, en fait, la meilleure partie, car elle se distingue i>ar un passé glorieux et par de solides opinions politiques, qualités qui manquent aux Etats secondaires.
Si le parti national veut bien ne jias s'égarer dans des utopies, il doit considérer — avec plus ilintransigeance <[ue le parti impérialiste du Parlement — cette moitié de rAUemagne, déjà unifiée en i)artie, comme le noyau de l'État allemand à créer : ce parti doit devenir plus prussien que Jamais. Un mouvement en faveur de l'unité allemande qui considérerait comme une question ouverte le point critique de savoir s'il nous ÏSiui une âme prussienne, plongerait la nation de plus en plus dans un océan de phrases et retarderait cette séparation nécessaire du parti national et du parti autrichien, séparation qui ne se produira jamais assez tc)t ni avec assez de décision. L'union nationale allemande est moralement tombée à néant par suite de cette confusion, de ces concessions bienveillantes, et restées toujours sans réponses, aux préjugés anti-prussiens de la démocratie des Etats du Sud. La formidable secousse qui, tôt ou tard, frappera de nouveau le continent, doit-elle trouver notre patrie encore indécise sur le
ao6 LKS ORIGINES DU PANGERMANISME
chemin à suivre? Non, et pour cela les Etats allemands et les patriotes hors des limites prussiennes doivent être fortement armés, afin de s'adresser au bon moment et de demander avec une insistance marquée aux petites cours d'Allemagne : cédez la puissance militaire, les droits diplomatiques et ceux de la politique commerciale à la couronne de Prusse, en un mot joignez- vous à la Prusse, soyez incorporés à la moitié de l'Allemagne qui est déjà presque unifiée. Comment se fera cette adjonction? La Prusse passera-t-elle en conquérante — ce qui serait plus conforme à l'esprit de notre histoire — ou les petites coul'onnes seront-elles maintenues avec une puissance amoindrie? Cela dépendra de l'attitude des dynasties, de la marche des événements, toutes choses qu'aucun regard mortel ne peut prévoir.
Ibid., t. II, ]). 235.
Il existe entre les races de souche germanique une telle parenté que les petits Ktats eux-mêmes ont eu la ]wssibilité de fondre de nouveaux territoires dans leur oi*ganisation politique. Cependant, à l'iieureactuelle, le Frison de l'Est reste difféi*ent du Hanovrien, le Palatin du Hava- 1*0!», le Hessois du Rhin du Hessois de Darmstadt, et celui des l'^lats secondaii'cs doué »le la ])lus grande puissance d'assiiuilatioii, le duché de lipide apparaît comiue uu tout artificiel, longeant une frontière toujours raenactH), lui-même sans bases solides, et ne ilcvant son salut qu'aux armes prussiennes. Que peut bien signifiei' maintonant raiincxion |>acili(]ue par les l\lals secondaires voisins do quelques iambe4iux de tomloircs, en face de ce rude oiyueii national <|ue la Prusse sait insnftlcr à ses meiubres V Ce n't^st qua|)ivs tU; durs combats que le (irand Klocleur a soumis à su souveraineté la Prusse orientale toujours grondante, et la résistance ouveKe ou sccfiîU^ ne fil pas di'laul «m Sib'sîe, lors((iie Ei-édé-ric II
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arracha cette j)rovince aux Habsbourg- ; et cependant, le mouvement populaire, signal des guerres d'indépendance, est né dans ces provinces. Il y a quelques dizaines d'années à peine, le dévot catholique considérait encore avec méllance l'Etat prussien, premier-né de la Réforme ; aujourd'hui, par centaines de mille, des catholiques prouvent que l'amour de la patrie prussienne peut fort bien subsister à côté de convictions intransigeantes et même ultraraontaines.
Quelques années d'hégémonie prussienne ont suffi à former toute une génération de lx)ns Prussiens à Ansbach- Bayreuth, et, dans la Frise orientale, les jeunes généi*ations n'ont pas oublié les bienfaits apportés par le militarisme prussien. Telle est la force d'attraction qu'exeixie sur nous autres Allemands privés d'organisation politique, dès que nous le connaissons, un Etat qui réalise notre conception.
Ce u'«st ])as l'étendue des cimquétes qui donne tant d'attrait à l'histoire de Prusse — le génie de Frédéric n'at-il pas employé le meilleur de ses forces à la coiujuète d'une province? — mais bien les progrès constants dans l'extension de cet Etat, sa force sans cesse affirmée par l'organisation des conquêtes pénétrtkîs de la conception d'un Etat prussien. Ibid., t. II, p. 194.