‹ Les origines du pangermanisme (1800-1888);Chapitre 73 sur 98 · LA HOLLANÜK DOIT-ELI.K ÊTUE ANNEXÉE A l'ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

LA HOLLANÜK DOIT-ELI.K ÊTUE ANNEXÉE A l'ALLEMAGNE

L'u;uvre de rénovation commencée (par les Hollandais) avec tant de sagesse en 1814 (i) fut contrariée, de prime abord, par deux plans secondaires encore irréalisables. L'ambition de la maison d'Orange espérait ressusciter la splendeur éphémère de l'ère du stathouder Guillaume par le mariage du prince héritier avec l'héritière d'An-

i) C'est la date où la Hollande actuelle fut constituée.

gleterre ; mais ce plan était également funeste pour les deux peuples, et la faveur de la destinée le fit échouer au moment opportun. Au lieu de cela, une autre pensée de lucre, étroitement liée à la jiremiere, vint à exécution : malgré la résistance ouverte des Hollandais et des Belges, le royaume burgonde des Dix-sept Provinces fut rétabli. La Hollande dut alors jjayer par des troubles civils de plusieurs années, la sottise de la diplomatie européenne voulant anéantir d'un trait de 2)lume le développement l^olitique vieux de trois siècles. H n'a fallu rien de moins que la séparation d'avec la Belgique, pour permettre aux alfaires hollandaises de suivre une marche plus alerte. A vrai dire l'ancienne gloire mondiale est perdue pour jamais, la mentalité philistine et anti-guerrière du xviii* siècle subsiste toujours, et le peuple lent des Hollandais se trouve souvent di.stancé, dans sa vie polilitjue, par son remuant voisin : le Belge longtemps méprisé. Cependant, un commerce actif, nue culture ])opulaire saine et robuste, une littérature honorable, détournée à nouveau des modèles étrangers pour se consacrer aux sujets nationaux, donn«'nt à ce petit peuple le droit légitime de prétendre à l'estime universelle. Loin de nous autres Allemands la pensée téméraire d'ellacer l'histoire de plusieurs siècles, comme le fait le Congrès de Vienne ! On nous aime peu à Amsicivlam et à lUreclit, et même avec notre bonhomie habituelle nous ne pouvons mettre plus de chaleureuse symi)athie dans les relations où nos voisins étalent leur froi<leur. (^)ui ne sait <|uelle ingratitude a payé les sauv<un*s de la Ilollainie, combien une méchante et félonne politiipic de philistins — la politique du : jusqu'à la mer — a maltraité sans pudeur, |M'iidiint «le longues aniK-es, noti'c admirable Mcuv«'. l*art<Mit où se dressait uiu* robuste Corée nalioiiale dans notre patrie, elle a toujours rencontré la hoine des Hollandais, une haine que la tendre prédilection <le la Mourse d'Ams-

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terdain pour les financiers banqueroutiers de la maison (le Habsbourg ne peut expliquer à elle seule. Ce petit peuple est traversé par une appréhension angoissée : il se dit que le temps des « nationalités émiettées » est passé. Déjà, sous le ministère Hohenzollern-Schwerin un homme d'Etat hollandais intelligent disait confidentiellement combien il se réjouissait de l'échec de l'ère nouvelle prussienne; car la Hollande ne pourrait tenir devant l'Allemagne du Nord unifiée, — Le souvenir de la haine témoignée par cet Etat infime j^endant la guerre allemande et les alTaires de Luxembourg est encore vivace dans toutes les mémoires. Nous autres, partisans de l'unité, nous écoutons tout étonnés les sombres plans qui nous sont confiés. A regret, nous considérons que l'embouchure (le notre Rhin est à d'autres (pi'à nous ; que la situation isolée des pays du Bas-Rhin nous rend toute [)olitique commerciale, indépendante et nationale, beaucoup plus difficile, ainsi ([ue la formation d'un empire colonial. Nous savons bien que l'existence de la Confédération Helvétique est une nécessité européenne. Que le maintien des deux royaumes du Bas-Rhin en soit une : cela, non. Nous ne croyons [)as davantage que la Hollande puisse intervenir, par un acte important, dans l'histoire de la civilisation de l'humanité. On affirme couramment, dans les provinces du Bas-Rhin, que le peuple hollandais établit la transition entre le caractère allemand et le caractère anglais : ceci n'est pour nous (ju'une phrase dénuée de sens. Pourtant, cette petite nation se maintient avec une langue, un caractère national nettement défini, un sentiment très vif de sa dignité ; et, pour les peuples, l'existence n'est-elle pas déjà communément le droit à l'existence? Si jamais nous faisions une incursion en territoire hollandais, nous aurions quelque steine, il est vrai, à faire naître une nouvelle guerre de quatre-vingts ans, mais ({n'aurions nous acquis ?

un peuple de confédérés infidèles et séditieux. Qui pourrait désirer une conquête dont le succès est aussi douteux? Non, ce que nous voulons est juste et loyal; nous voulons des i"elations confiantes et amicales avec nos bons voisins les Hollandais, afin que notre fleuve, notre Rhin, leur ouvre un commerce illimité avec leur vaste pays d'an'ière.

Une seule chose pourrait nous jjousser, contre notre gré, au delà de ces modestes désirs. Si la prochaine attaque des Français contre l'Empii-e allemand ti-ouvait les Hollandais dans la faction ennemie, à ce moment précis, la Hollande, par une méfiance insensée, se serait précipitée elle-même à sa perte. Alors, et alors seulement, il faudrait essayer d'en finir une bonne fois de la lutte millénaire autour des ruines de la vieille Lotharingie, et contraindre à nouveau les pays du Bas-Rhin à rentrer de force dans le grand peuple qu'ils ont jadis abandonné. La Hollande tient entre ses mains de quoi détourner, j^v une |»olilique juste et sans peur, ces conflagrations interminables. La maix;he majestueuse des afl'aires allemandes, l'unité de notre empire de la mer du Nord au lac de (>>nst{uice, roj*ganisation complète de cette unité ne se laissei-ont jmis entraver par les criailleries des petits peuples qui ne iwuvent oublier la splendeur des jours }>assrs.

Le vieil arbi*e <le la civilisation européenne est encore amnez fort i>our supj[M>rter, à cùté des lourdes branches soutenant sa couronne et qui sont c<jnstituées ])ar les grands ju'uples t-liai'gi'S il'une mission civilisati-icc, 4{uelques rameaux modestes qui terniineut.la frondaison avec grAce et HchesM*.

/)ir lirimhlil; der \ rrciiiif^U'ii Aict/crffirn/t' iSiitj I La Rcpubliijuc des PayH-ltas-Unisi, dans HiHlorùtchv und poUliHclie Aufsätze, \ M. I». ^yf^'i N<|.

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