‹ Les origines du pangermanisme (1800-1888);Chapitre 79 sur 98 · I. CE QUE c'est que l'aLLEMAGNE · texte numérisé non relu

I. CE QUE c'est que l'aLLEMAGNE

Je donne pour l'instant le nom d'Allemagne aux jMiys qui sont réunis dans la Confédération germanique, y compi'is cependant la Hongrie et la Galicie, et en excluant naturellement Venise et la Lombardie...

Les pays ci-dessus désignés sont habités par des peuples très différents.

11 est vrai que ce qui reste de l'Allemagne des Erai)ereurs renferme des éléments non allemands, des Romains sur les bords du Rhin, des Celtes en Bavière et, disséminés autour des sources salines, des Slaves en Haut- Palatinat, en quelques endroits de Thuringe, dans la Vieille-Marche et dans les provinces qui y touchent. Mais en général, la population est germanique et pourrait se diviser normalement en cinq branches principales : Bavarois, Souabes, Franconiens du Mein, Franconiens du Rhin, Saxons, et en deux plus petites : Frisons et Thuringiens. A ce propos, je dois dire que les Saxons ne sont ni les Misniens, ni les Lusaciens qui, sans y avoir droit, portent aujourd'hui le vieux nom de Saxons. On jjeut à peine rattacher à la branche des Bavarois, dont ils descendent cependant, les Autrichiens et les habitants du Tyrol, et il faut faire aux Styriens une place particulière : ces deux peuples en eilet ne rentraient pas dans le cadre de l'Empire au moment de sa toute première formation, mais ils doivent être rattachés aux autres branches allemandes.

A côté se placent les fertiles territoires slaves du Mecklembourg, du Brandebourg et de la Poméranie, territoires colonisés par des Saxons venant du Moyen- Weser et de la Vieille Marche, et, dans un point seulement

de la Marche du Brandebourg-, par des Flamands ; les territoires slaves, Misnie, Lusaee et Silesie, peui)lés par des Franconiens n'ayant qu'un léger vernis de germanisme; la Prusse, colouisée par des Allemands venus de toutes les contrées de l'Allemagne, mais qui n'est germanisée en aucune façon; la Posnanie, qui devient peu à peu, sinon allemande, du moins prussienne.

Viennent ensuite les contrées non allemandes de l'Autriche parmi lesquelles la CiH)atie et la Serbie seules, parce qu'elles sont habitées par une population d'une semblable culture et situées à proximité d'autres familles étroitement ajiparentées à la leur, ont la possibilité de devenir un Etat indépendant; événement qui ne jiourra se produire qu'après la chute de la Turtiuie, car l'union de la Serbie turque, de la Bosnie, de la Bulgarie, de la Dalmatie, et la ix)ssibilité i>our ce territoire d'avoir une issue sur deux mers, pourraient alors lui assurer une existence matérielle capable de durer.

Über die gef^eim'à'rtii>cn Aufyahcn der deutschen Politik i853 [Sur les taches présentes de la politique allemande, dans Deutsche Schriften \, p. i25, sq.

•2. PAUVRETÉ nE 1," A LI.EM V(.NK EN l853

T/.MIemagne est néanmoins un pays pau\n\ Son sol suHil pour nourrir sa population, mais i-'(>st tout. Nous n'avonn pn« dann notre sol de gisuments de métaux pi-ceieux, noire Kunibondance <l(' fer et de cliarbfui a fait <(ue l'industrie s'e.sl créfcdClle-mèiue, nuiis sa croissance a été artiHcielle. File répand, il CHt vrai, un reflet de richesse nur de ceHaine« contrées, main est prt^te à sombrer à

chaque baisse du baromètre politique. Elle vit princii)alement des nouveaux besoins qu'elle l'ait naître et elle tire de leur satisfaction facile, mais qui devient nulle avec les années, de ([uoi vivoter ou amasser de l'argent, pendant qu'il serait jdus juste, au moins jjour l'instant, de satisfaire x>leinenient, le mieux possible et au plus bas prix possible, tous les besoins indispensables de la vie, et de ne pas 8*occui>er d'autres besoins que de ceux-ci. Sans doute nous exportons une partie de nos pi-oduits manufacturés, mais cette exportation diminuera dans la mesure où la concurrence chez les autres peuples et le salaire dos ouvriers chez nous augmenteront. Un épanouissement de la prospérité de la nation ne peut résulter du fait que (quelques milliers d'individus ont fait passer dans leurs poches l'argent qui se trouvait auparavant dans celles de leurs concitoyens. Cet épanouissement ne peut avoir lieu que si la nation (par n'importe quel majeni tire un bénéfice des produits dont l'étranger a besoin à tout prix et qu'il paye de ce fait à n'importe quel prix et si, en devenant l'intermétliaiie entre deux nations différentes, elle se fait rétribuer, même à un pourcentage très faible, la commission, je veux dire l'envoi de produits russes aux Anglais, de pix)duits anglais aux Kusses. Ce n'est que par ces deux moyens que nous attirerons l'argent étranger dans notre pays. Notre richesse dépend de l'organisation de ce trafic, et non du fait que quelqu'un entraînera «les centaines de ses concitoyens à acheter un article dont ils n'ont à vrai dire aucun besoin et dont l'achat devra être expié par une privation pour d'autres articles. La richesse i)ublique restera dans ce cas la même qu'auparavant, mais la pauvreté d'une part, une richesse individuelle malsaine de l'autre, auront augmenté.

La culture de la terre, l'élevage et le commerce peuvent seuls enrichir l'Allemagne, et non pas l'industrie.

Cultiver des céréales et planter de la vigne, élever du bétail de boucherie et des bètes laitières (la science et l'art ne rapportent pas grand'chose) de telle sorte que l'argent étranger afflue en sommes considérables, n'est possible que si nous poursuivons la colonisation de la manière que j'ai i)ro posée, et c'est pourquoi il faut la poursuivre de la sorte. Car il est impossible pour une nation de vivre de pauvreté et de noblesse d'àme, selon la manière actuelle. La liberté et l'instruction coûtent cher.

Ibid. p. 28-29.

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