‹ Les origines du pangermanisme (1800-1888);Chapitre 82 sur 98 · LES FRONTIERES DE LALLEMAGNE SO.VT DEFECTUEUSES · texte numérisé non relu

LES FRONTIERES DE LALLEMAGNE SO.VT DEFECTUEUSES

Ce que la stratégie exige d'un pays en premier lieu, c'est une frontière qui puisse être défendue.

Les frontières de l'Allemagne ne peuvent pas être défendues, du moins, au cas où l'attaque se produirait sur deux côtés à la fois.

Une nation n'a pas de frontières suffisamment solides, lorsqu'il est possible à un voisin qui se précipite d'une encoignure quelconque de son territoire, de prévenir l'attaque des armées adverses qui se préparaient à prendre l'oHensive. Le danger des lignes de Wissembourg résidait pour nous dans ce fait qu'une marche des Français, suffisamment préparée, et qui serait partie de ces lignes, eût divisé l'Allemagne en deux théâtres de la guerre, et eût pu entraîner toutes les conséquences d'une telle dislocation et en tirer profit. Naj^leon III, l'héritier de tant de traditions gauloises, ne voulait acquérir Mayence que pour un seul motif, celui d'avoir sous la main une édition de Wissembourg revue et augmentée.

Si ce qui vient d'être dit est bien établi, qu'on jette seulement un regard sur la carte de l'empire d'Allemagne afin de reconnaître où nous en sommes. Notre pays est un second Pélopouèse. Une fine pointe .s'élève de Dantzig à Memel, une autre, pas plus large, va de Glogau aux abords de Cracovie : entre ces deux pointes se trouve la

Pologne russe qui, en plus grand, remplit contre nous l'office que le comté de Glatz remplit pour nous contre l'Autriche. Une attaque venant de la Pologne pourrait sans difficulté avoir pour effet de retrancher du corps de notre empire la Prusse, qui a donné à la plus glorieuse des monarchies de l'Allemagne le nom, le 2)rétexte de la grandeur et, dans les années de malheur comme dans les années de relèvement, l'impératif catégorique dont l'influence a été si féconde en bienfaits, et la Silésie, que la Prusse a modelée la première à son exemple, et qu'il est nécessaire de ne pas laisser prendre; car, en partant de cette province, le chemin de Berlin serait troj) facile à trouver.

i-ber die gegemvârtige Lage des deutschen Reichs, 1876, dans Deutsche Schriften, p. 99 sq.

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