‹ Les origines du pangermanisme (1800-1888);Chapitre 85 sur 98 · l'ÉMIGRATIOX allemande doit ÈïUE DIRIGEE · texte numérisé non relu

l'ÉMIGRATIOX allemande doit ÈïUE DIRIGEE

SUR l'autriche-hoxgrie

L'émigration allemande, d'après un i)lan conçu avec exactitude et des considérations stratégiques, doit être systématiquement dirigée sur l'istrie, sur les parties slovaques et magyares de la Hongrie, sur les territoires polonais de Silésie et de Posnanie. Dans cette colonisation, les sujets déchus des petits Etats allemands deviendront des hommes libres. Nous n'examinerons pas la question de savoir pourquoi toute cette population qui, chaque année, se transporte en Amérique, est perdue pour nous..., mais il est absolument incompréhensible de saisir pourquoi l'on ne donne pas à sa j)ropre nation la seule tâche qui puisse lui être véritablement utile, la colonisation.

Il est incompréhensible de saisir pourquoi l'on n'accorde pas à ces peuples, vivant dans l'histoire une vie végétative dont les annales ne parlent pas, un moyen de les revivifier, de les transformer en créateurs d'autres

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nations ; pourquoi l'on n'écarte pas le danger de voir ces peuples tomber dans les mains d'autres colonisateurs que celles des Allemands, et de les voir par là devenir nos ennemis, et nos ennemis sur une frontière qu'il nous serait encore plus malaisé à défendre.

Über die gegenwärtige Aufgaben der deutschen Politik, i853,dans Deutsche Schriften, p. 27-28.

l5. NÉCESSITÉ DE CONSTITUER UNE GRANDE ALLEMAGNE

Les partisans d'une « petite Allemagne », qui siégeaient au Parlement de Francfort en 1848, avaient déjà conçu le plan qui fut exécuté par Bismarck, leur ancien adversaire. Sans doute, l'Autriche s'est conduite pendant des siècles d'une manière si perfide et si vile envers l'Allemagne, qu'il doit être permis de la haïr aux hommes qui se laissent dicter leurs opinions par la colère.

Le chancelier, de l'Empire, lorsqu'il n'était que représentant à la Diète fédérale, connut mieux que personne une telle Autriche, et c'est pourquoi il faut lui pardonner d'avoir conformé ses actes à la connaissance qu'il avait de la dynastie, de la noblesse, du clergé et des libéraux autrichiens, de ces derniers surtout, espèce la plus lamentable du libéralisme banal (jui est pourtant si constamment lamentable. Le cliancelier mérite même l'admiration pour avoir malgré tout, après, bi(Mi entimdu, que la Russie eût jugé bon de rééditer l'entrevue de Varsovie et l'année i8r)o, recherché en se^ilembre i87«j une alliée dans rAutriehc, ou plutôt dans la Hongrie, et d'avoir fait comme s'il n<? l'avait pas Miii(|ucnK'nt trouvée pour la forme. Il n'en reste pas moins vrai (jue les idées exposécH par moi on iH;4 dans un avant-propos, — dont

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le ton optimiste dicté pour des raisons de prudence n'a pas empêclié de me nuire, avant -pi'opos qui vient d'être réimprimé — et celles exposées dans mon « Mémoire » gardent encore aujourd'hui toute leur valeur. L'Empire allemand dans sa forme actuelle, et bien plus encore l'Allemagne du Nord, a besoin de l'Autriche (qui n'est pas du tout considérée ici comme la colonie indispensable à notre politique intérieure), quand ce ne serait que pour devenir matériellement défendable.

Die nächsten PJlichten deutscher Politik, i885 (Les devoirs prochains de la politique allemande), dans Deutsche Schriften, p. 394, sq.

iG. ORGANISATION DE LA GRANDE-ALLEMAGNE

L'Europe centrale ne peut être que divisée en trois groupes liés indissolublement entre eux par une alliance offensive et défensive, par un système douanier commun, lYAY une organisation commune de la colonisation et de l'armée. Dans ce système, ce ne sont pas les princes, c'est un parlement qui décidera de la guerre et de la paix. Les exercices d'éloquence politique y seront interdits.

I" Le groupe septentrional, la Prusse, devrait renfermer toute la partie orientale de la Prusse actuelle, plus le Slewig, le Holstein, le Mecklerabourg, TAnhalt, la province appelée royaume de Saxe et la Pologne russe ;

2" Le groupe du sud-est comprendrait les territoires de l'Autriche non allemands, partagés entre les huit ou neuf petites dynasties allemandes, avec cette restriction que tout gouvernement ne s'exei'cera qu'au nom de l'empereur ;

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3" Il y aurait enfin l'Allemagne, l'Empire des empereurs saxons, avec l'adjonction des provinces purement allemandes de l'Autriche actuelle, divisée par races qui existent encore aujourd'hui comme elles existaient au commencement du Moyen Age, et auxquelles il faudra, autant que possible, accorder l'autonomie, sous le sceptre de la maison de Lori'aine.

Je sais que le sentimentalisme éprouvera un rude choc du fait de la transplantation des familles dynastiques dans le sud-est. Or, non seulement cette transplantation est sans inconvénient, mais elle est même nécessaire. Ces familles ne possèdent, à tout prendre, nulle part de biens légitimes : ils ont attiré à eux selon leurs forces ce qui ne leur appartenait pas. Les princes médiatisés sont de tout i)oint aussi légitimes que ceux qui se sont maintenus sur leurs petits trônes, grâce à toutes sortes de procédés habiles et de combinaisons, et ils sont moins chargés de biens étrangers que ceux-ci. Les évèchés et les abbayes impériales engloutis sont de tout point aussi légitimes ([ue les duchés et les royaumes par lesquels ils ont été engloutis. S'il arrive un jour que l'on veuille parler de légitimité, qu'on le fasse alors à fond, et comme, par bonheur pour la simplification du débat, les auroclis et les élans ne sont pas conij)éleiils eu matière judiciaire, que l'on produise pour le Guipuzcoa et le Connaught, les «h)cumonts qui ]>rouvent quo los |>ossessours actuels ont, par devant notaire et témoins, acquis leurs propriétés de Basques ou de Celtes (|ui émigr.'iioiit d«* loin- plein gi'é. Si les IIoliou/.olbM'U ont »lu abandonner leur patrimoine de Franconie, à plus lorlo ruiNon doH faroillcs, dont la valeur n'égaie pas, il 8*en faut, celle du (Irand Klecteur, de Frédéric (îuillaume I"' et de Frédéric II, pourront émigrer, si le bien général l'exige. Si les comtes d'.Xiiliall ne sont plus depuis lengt(Mn[)s en Souabc, ni les comtes de Weltiii à

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Wettin, ni les Guelfes à Este, à Altorf et à Ravensbourg, ni les landgraves de Hesse depuis bien longtemps au Brabant ou à la Wartbourg, ni les ducs de Lorraine à Nancy, pourquoi ne devraient-ils pas changer encore une fois de demeure, comme nous autres bourgeois nous avons trop souvent à le faire ; surtout s'il s'offre à la plupart d'entre eux une occasion véritable de régner, tandis qu'actuellement ils ne font que mettre leur signatures au bas d'actes et d'arrêtés ?

Leur mission est d'être les conducteurs du « ver sacrum », d'être pour l'Europe centrale ce qu'ont été les pères pèlerins pour l'Amérique du Nord.

Mais ce plan rend encore nécessaire une tâche diflicile, celle de transporter les Juifs polonais ou autrichiens en Palestine.

Il y a dans les pays arrosés par la Vistule et le Danube, dans ceux qui nous intéressent, environ lieux millions de Juifs qui, d'ailleurs, seraient prêts à se germaniser un peu plus encore qu'ils ne le sont déjà, mais que nous ne pouvons pas cependant tolérer dans ces pays-là. Les Juifs forment une nation et non pas une communauté religieuse, ou plutôt ils sont une communauté i>arce qu'ils sont une nation, comme, d'autre part, leur nation est si vivace, parce qu'elle est communauté.

Über die gegenwärtigen Auf gaben der deutschen Politik [Sur les problèmes présents de la politique allemande^ i853), dans Deutsche Schriften, p. 33 sq.

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