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LA DOMINATION ALLEMANDE EST NECESSAIRE EN AUTRICHE

L'Autriche a hesoin d'une race dirigeante, et seuls les- Allemands sont capables d'être dirigeants en Autriche. Elle en a besoin surtout parce qu'il faut qu'entre plusieurs un seul donne le ton, si l'on ne veut pas que tout aille sens dessus-dessous. Elle en a besoin particulièrement, parce que la dynastie n'a donné en Autriche, depuis Marie-Thérèse, aucun souverain véritable, mais seulement des princes, et parce que la dynastie a, par conséquent, hesoin d'associés qui conservent pour elle le sceptre et l'épée, jusqu'à ce que la main d'un souverain, peut-être encore à naître, sache les saisir tous deux et en faire usage.

Die nächsten PJlichten ffcufsclier Politik (Les devoirs prochains de la politique allemande, 1 885 ), dans Deutsche Schrijten, p. 397.

UO. ALLIANCE NÉCESSAIRE DK l'aUTRICIIE ET DE LA PRUSSE CONTRE LE SLAVISME.

Avaiil i8()6, il ci\t été facile de reconstituer l'empire de l'aigle à deux têtes. Frédéric Guillaume IV désirait absolu ment s'entiMidinî avec rAutriclie, ainsi qu'en lait foi la h'Iln; qu'il adressa au j)riii(<' cousort (l'.Vuglclei'rc, lettre qui lut tuunue et rendue publicpie il v a vingt ans, mai» que mcuIh les p8ychol<)gu<'s peuvent comprendre. Ijorsquo M. de Hismarek écrit, le l'j août iHO'J, qu'il ne peut quitter le rui à cauHc de^ billevesées francCortoiiiUs,

— le Congrès des souverains — cette phrase laisse aussi entendre que le roi Guillaume était assez disposé, en ce temps-là, à marcher la main dans la main avec l'Autriche.

S'il n'y eut pas entente, la faute en est à l'empereur François-Joseph, qui ne voulait pas reconnaître la J*russe comme une rivale allant de pair avec l'Autriche et comme son égale. Et cependant, le fait de la reconnaitic comme telle eût été pour lui l'assise de toute politique réaliste.

Quelque difficile qu'il soit, à la suite des faits qui ont eu lieu de 1866 à i8ji, de régler d'une façon satisfaisante la situation, il n'est cependant pas impossible d'y mettre de l'ordre aujourd'liui; car, si cet ordre était impossible à réaliser, les jours de l'Empire allemand comme ceux de l'Autriche-Hongrie seraient comptés.

L'Empire allemand a besoin de l'assurance que ses frontières vers l'Autriche ne deviendront en aucun cas celles d'un État ennemi, Il a besoin jwur ses colons des vastes territoires incultes ou à moitié cultivés de la Transleithanie.

Il doit se reprocher l'abandon des Allemands habitant dans les deux Leithauies comme une infamie.

11 doit, poussé par l'instinct de la conservation, veiller à ce qu'il ne se forme pas à ses portes un royaume slave, qui pourrait, contre lui, faire cause commune avec l'autre royaume slave de l'Est, avec la France et avec le Danemark.

Ibid., p. 397.

Constantin FRANTZ

La vie de Constantin FRANTZ est toute daus ses ouvrages. II a mené l'existonce du polémiste politique, mécontent des partis dirigeants, et qui n'a d'autre ressource, dans l'indinérence publique, que de tirer sur l'ennemi à grand renforts de pamphlets ou avec l'artillerie lourde de ses démonstrations en trois volumes. Mais c'est un panq)hlétaire d'un talent vigoureux et un théoricien politique d'une haute intelligence, ([ue Constantin Frantz.

11 est né à Hocrnecke. près de Halberstadt, en 1817 ; il est ßls de pasteur. De i8'iG à 1840, il étudia les mathématiques et la physique à Halle et à Berlin. Puis il lit, tout seul, des éludes de géographie et de politique. II a beaucoup voyagé en Pologne et en Autriche. Les pays de Carnie, la Croatie, tous les pays slaves du Sud lui ont été familiers. Les dix ans qu'il a passés à ces voyages ont assis chez lui une connaissance du slavisme plus solide que chez la plupart des théoriciens politiques allemands. Melternich, Prokesch-Osten, Schwarzenberg, qu'il rencontra, l'écou talent avec intérêt (juaud il leur exposait son idée, conçue de très bonne heure, d'une Europe centrale économiquement uniliée, et jointe par le lien politique d'un large lédéralisme. En i85o, Âlanteuil'el l'utilisa au ministère prussien des all'aires étrangères pour diverses études techniques. Il le nomma secrétaire du consulat général prussien à Barcelone de i852 à i856. Erantz jirotita de l'occasion pour explorer amplement l'Espagne et le Maroc. Mais le service diplomatique pesait à sa nervosité impatiente et à son caractère entier. De même, il refusa d'enseigner aux universités de Breslau et de Riga. II préféra vivre en solitaire, à Berlin, de i856 à 1873; puis, à Dresde, de i87'3 à 1891.

Il a écrit, dans cette solitude agissante, une cinquantaine d'opuscules et de gros ouvrages sur les fautes de la politique de Bismarck et du parti natioual -libéral (dit « parti de (lotha »), et sur la politique de l'avenir. Dans la griserie générale de la période victorieuse, il resta maussade et pessimiste. 11 lui sembla que la politique bismarckienne, pure

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politique de force, allait à des catastrophes. Il pensait, par surcroît, que Bismarck, tout en accumulant les haines étrangères, rétrécissait l'ambition allemantle.

La constitution politique de l'Allemagne, préconisée par Constantin Frantz, lut celle que, depuis 1848, on appelait la Triade. Elle avait eu pour principal représentant au Parlement de Francfort, un homme d'Etat badois, le libéral AVelcker. Elle avait été depuis, avec quelques modilications, la solution soutenue par les Etats moyens de rAl'emaguc, et par des houiines tels que Beust pour la Saxe, Dahvigk pour la Hesse, Pfordten pour la Bavière. Elle eût consisté à grouper les puissances allemandes en trois masses égales : l'Autriche, la Prusse, et enfin les petits Etats intimement liés dans une confédération centrale. Frantz resta lidèle ù cette doctrine, même après les guerres de i86(3 et de 18-0. Sa politique extéiieure fnt un pangermanisme violemment olfensif contre la Russie, et qui regrettait que la France n'eût pas été assez humiliée en 1870, mais tout ù fait }>acilique à l'égard de l'Angleterre. Frantz avait été hégélien dans sa jeunesse. Une alliance de famille le rapprocha de Schelling, avec lequel il eut, dans les dernières années du philosophe, une correspondance assidue et cordiale. C'/est donc il la pliilosophie de Schelling que Frantz j)assa «laus Tilge mûr. Vne inspiration chrétienne et conservatrice tuiima tlès lors son pangermanisme. On peut dire cpie la politi(jue du général de Waldersce et du chancelier de -Caprivi, sous le régime bismarckien Unissant et dans les débuts du règne de (liiillaume U, .se rapprochent des idées de Constantin Frantz et s'en inspirent.

Ses ouvrages principaux sont :

i85K, Die Politik der /.nkunfl (la Politique de l'avenir); iHTk), i>er Militärstaat {ilüat militarisé); i8i>5, Die Wiederherstell II II f>- Deutschlands (la Restauration de l'Alleniaf^ne); 187 1 , Da» neue Deutschland {V Allemagne nouvelle); 1874. Der liankrott der herrschenden Staalsavisheit da Faillite de la Safi-esse politique dominante): i87(), Der Föderalisiniis {le Fédéralisme, 'J vol.); 1880, Srhelliiiffs jjositive Philosophie {la l'hilosophie positive de .Schellinf^'-, i vol ); i88u-8'j, Die Weltpolilik (la Politique mondiale); i8«>(). Die deutsche Politik der /.iikiinfl ilu Politique allemande de l'aveni'-, deux volumCN, dont le premier, s«'ul, esl ^\v Coiisliiiitiu |""nuit/. ; le second, de HOU iÜNciple < )tl(>iiiiir Schiiehardli...

Une bio^'rapiii«; «le Cniislanliii l'nutl/ a paru par les soins d'Oltomar .Sehiiehardi : Conntantin Frantz, Deutschlands

u<fi/in-r ItriilpulitiUer (!«>»<'>)•

Ch. Andî.kr.

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