V^ALEUFl DU PRINCIPE FEDERATIF
Si la centralisation a des x^ouvoirs plus étendus que le particularisme, et si, comparée à ce dernier, elle lui est supérieure, le fédéralisme, à son tour, a une sphère d'activité beaucoup plus étendue que la centralisation et se trouve de même supérieur à celle-ci. S'il ne permet pas, à vrai dire, une concentration aussi stricte de toutes les forces nationales, par contre il en résulte dans l'ensemble une somme de forces beaucoup plus grande, parce que tous les Etats trouvent une latitude suffisante à leur développement j)ai'ticulier; tandis que l'uniformité (juimpose la centralisation resserre et entrave le libre liéploiement de leurs forces. Mais voici toutefois l'essentiel : seul, le fédéralisme offre la possibilité d'une extension continue, tandis que la centralisation ne peut jamais s'étendre très loin, ou cela ne pourrait se produire que par un recours à la force laquelle toucherait bientôt à ses limites. Du moins pour ce qui est de l'Europe, ainsi que le montra en son temps l'entreprise du grand Napoléon, qui finalement échoua. Nous avons déjà vu quelle vaste perspective s'ouvrirait, au contraire, par l'établissement d'une confédération de l'Europe Centrale. Mais la réelle importance du fédéralisme nous apparaîtra bientôt plus amplement.
Die Weltpolilik {La politique mondiale) y t. III, p. 55.