‹ Les origines du pangermanisme (1800-1888);Chapitre 94 sur 98 · POLITIQUE COLOXIAIE ALLEMANDE · texte numérisé non relu

POLITIQUE COLOXIAIE ALLEMANDE

a ) U Allemagne doit-elle coloniser V Insiilinde hollandaise? On a en vue les grandes iles indo-chinoises. Seulement

les meilleures d'entre elles sont déjà entre les mains des Hollandais, dont la puissance s'est assez bien consolidée là-bas. Ce sont là des possessions excellentes, et, le grand empire colonial anglais mis à part, ces colonies hollandaises sont precisément les seules qui soient d'une haute irai>ortance pour le commerce mondial. Sans doute elles pourraient encore prendre un plus grand essor, si la Hollande elle-même n'était une trop petite puissance. Si celle-ci était alliée à l'Allemagne, qui lui prêterait son appui, ce sei-ait profitable aux deux parties. J'affirme même que c'est seulement j)ar une alliance avec la Hollande que nous pourrions peut-être encore nous procurer des colonies. Ce serait une absurdité de vouloir tout (l'aboi'd entamer une querelle ])Our acquérir un territoire que nous ne serions même pas certains de jMJUvoir utiliser; donc partout où déjà la Hollande, ou bien toute autre puissance, peuvent, d'après les maximes traditionnelles, faire valoir des prétentions légitimes, nous devrions nous tenir à l'écai't. Mais en admettant même qu'il nous soit possible d'obtenir encore une parcelle de Bornéo, ou peut-être la Nouvelle-Cfuinée tout entière, les essais de colonisation que nous ferions là-bas nous' coûteraient sûrement cher, car en cette matière nous manquons totalement d'expérience. La Hollande au contrîùrc a, sur w point, une longue tradition derr-ière elle, et si nous marchions conjointement avec elle, de sorte qu'il ne fût question, somme toute, que d'une extension plus grande« de 1« puissanc«' coloniale hollandaise, la chose se présenterait alors tout autrement. Pourtant, mémo dans co cas, il ne faudrait pas songer un instant qu'une part appréciable de l'émigiation allomamle pût Irouvcrà s'établir dans les colonies hollandaises actuelles. Kncore moins à Mornei) ou à la i\ouN»'llc-(îuinée, si vraiment celte dernière Ile devenait nôtre. Au contraire, poniamener h un certain étal de cuUuit» les terres de ces non-

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velles posassions, il faudrait recourir à la main-d'œuvre étrangère, j)uisque sous ce climat l'Allemand ne i)eut fournir aucun travail agricole. A Java, cela est inutile, car cette île possède une population très dense, et de plus assez civilisée, qui cultive les denrées coloniales nécessaires à la Hollande, tandis qu'on ne trouverait là-bas que des peuplades très clairsemées et jjresque tout à fait sauvages qu'on ne pourrait pas approcher et forcer au travail. Il faudrait faire venir des coolies ou des Chinois que l'on recruterait facilement, à vrai dire, moyennant l'olfre d'un bon salaire, car aussi bien ils errent déjà autour de toutes les îles intlo-chinoises, jusqu'à l'Australie. Mais alors Bornéo ou la Nouvelle-Guinée ne deviendraient certainement jamais une nouvelle Alleinagne.

b) // ne faut pas espérer de colonies allemandes en Océanie.

Eulin, que reste-t-ilà dire de V archipel australien, dont on semble se préoccu]^>er en ce moment d'une façon toute spéciale? Nous pourrions toujours sans doute parvenir à assurer là-bas notre protectorat ou notre souveraineté sur un îlot quelconque, voire même peut-être sur tout un groupe d'îles, mais on aperçoit mal en quoi cela contribuerait à la gloire ou à la prospérité de l'Allemagne. Ah! s'il s'agissait de la Nouvelle-Zélande, qui malheureusement a depuis longtemps trouvé son maître, cela vaudrait peut-être la peine d'en parler. Mais que représentent, en comparaison, les îles Samoa?

Seraient-elles par hasard importantes comme base naçale? Je demande alors : notre navigation sur cette mer est-elle si intense que nous sentions le besoin dune telle

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escale? Ce serait peut-être vrai pour rAmériquc du Noixl, car les bateaux qui, partant de San Francisco, lonl route vers le continent australien ou vont l'aire la pèche dans le Pacifique, pourraient y relâcher, mais en ce qui nous concerne, les îles Samoa sont tout à l'ait en deliors de nos lignes. 11 nous faudrait entreprendre tout exprès un service spécial vers ce point, et à quoi servirait alors la station navale ? Peut-être à monopoliser le commerce avec les îles Samoa ! Commerce qui pourrait bien ra[)porter un bénéfice annuel de quelques centaines do mille marks. Or, c'est pour cela qu'un navire do guerre stationnerait là-bas, qu'on y ferait des aménagements pour un port et qu'on y entretiendrait un personnel administratif, car bien entendu un président supérieur de la nouvelle province de Samoa ne pourrait manquer. Je crois que le jeu n'en vaudrait pas la chandelle. Je sais bien qu'il y a commencement à tout, et les grands empires coloniaux n'ont certes pas été créés en un jour, mais poui* que l'on soit payé de sa peine il faut que, dès h* principe, l'entreprise porte en elle la possibilité d'arriver pou à peu à (juelque chose de grand. Or, que pourra-t-il jamais r(''sulter de grand d'un protectorat sur les îles Samoa, dût ce protectorat s'étendre même à tout l'archipel australien et, remarquez bien, dans la mesure où celui-ci n'appartient pas déjà à d'autres puissances? Cela même ne serait pas un grand résultat, et encore nous ne pourrions y arriver sans entrer en conllit à ce sujet avec toutes les puissances uiaritiiucs.

(îes ilcs .sont pour la plupart d'une fécondité luxuriante, et celles d'en^i'C elles cjui ont une grande altitud«^ jouissent en outre d'un climat sain et s(mt, pour jmrtic, d'une beauté paradisiaque; dt^ plus, elles sont habitées par <les peu[iladeN à l'esprit éveillé et <léjà loin de l'étal iiuiilte; ainsi elles forment on (luehpie sorti; \m monde à paît, qui n'est pns sons intdrêt. Il est très jMtssiblr (|u il se

dévelojDpe là-bas, un jour, une forme particulière de civilisation et de culture ; quant à réunir les îles en une fédération, ce ne sera jamais possible. Et de même qu'elles ne figureront jamais dans la politique mondiale, elles ne jouerait pas davantage de rôle économique dans le monde. Pour l'Allemagne moins que pour tout autre i)ays, elles ne pourront avoir d'importance capitale. Tout permet de supposer au contraire, que le jour où l'organisation de l'Etat sur le continent australien sera plus avancée et qu'une puissance politique indépendante en sera issue, ces lies entreront dans sa sphère d'influence ; à moins qu'une partie d'entre elles ne soient sous l'influence du C>hili qui est l'État le plus puissant de la côte occidentale de l'Amérique du Sud. Elles se trouvent justement sur la route entre cet Etat et l'Australie. Mais, ceci admis, quelle idée peut-on bien se faire, à la fois de la politique mondiale et des conditions normales du commerce universel, si l'on veut acquérir là une base 2K>ur le commerce mondial de V Allemagne et pour l'établissement d'une suprématie coloniale allemande? ! Elles ne pourraient jamais constituer qu'un jouet dispendieux, bon tout au plus à nous permettre de dire que nous avons, nous aussi, au delà de l'Océan, une possession qui ressemble à une colonie.

Die\Weltpolilik (La politique mondiale) , t. Il, 89, sq.

c) Les colonies d" outre-mer ne conviennent pas à V Allemagne.

Le mieux jMjur l'Allemagne sera de rayer provisoirement de son esprit tous projets de colonisation transocéanienne.

Que l'Allemagne ait une forte émigration, voilà qui

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semble, à vrai dire, la base fondamentale de la colonisation ; c'est un fait certain, tout comme, d'autre part, les colonies françaises ne pourront jamais donner de grands résultats, pour cette raison que le Français ii'émigre pas volontiers. Mais la seule émigration ne suffit pas, à beaucoui> près. Je me demande même si nos émigrauts actuels sont bien les gens qu'il faut pour créer de toutes pièces de nouveaux établissements dans une contrée lointaine et encore inculte. Les expériences faites dans l'Amérique du Nord ne parlent pas en leur faveur. Car il est, certes, bien rare que des immigrants allemands s'aventurent là-bas dans la forêt vierge, sans que des squatters américains leur aient frayé la voie au préalable ; ils préfèrent de beaucoup acheter des fermes à demi organisées déjà, si tant est qu'ils ne s'établissent pas dans des villes. Elevés dans un pays de haute civilisation, où tous les rapports sociaux sont déterminés et soumis au contrôle du Gouvernement, nos émigrants actuels n'ont pas on eux l'étoile qui leur permettrait de se suffire à euxmêmes et de créer tout d'abord, par leur initiative personnelle, tout ce que, dans la mèi*e-patrie, ils trouvaient I)ar avance. 11 faut j)our cela une autre race d'hommes. Quand l'Kspagne entreprit ses expéditions d'Amérique, les longues guerres des Maures venaient d'être définitivement closes. Il y avait une foule de gens audacieux, avides d'action et coureurs d'aventures, qui se trouvaient mal à l'aise dans le calme de rexistence qui s'ensuivit; ils avaient le désir de se démener ailleurs et de tenter la fortune. C'est avec de semblables éléments que les Cortès H l*iz/,arrt^ coinposèreiil leurs bandes (|ui accoiupliniit au Mexique et au Pérou ces conquêtes qui ticnneiil du prodig«;. Les lOspagnols d'aujoui'<rhui en s<M'ai«Mit absolument incapables, l'our U's liollandais, d'autre part, c'est à l'école des guerres nuiritinu's — presque des guorrcM de pirates, — que se formèrent les fondaUMirs d<'

leur puissance coloniale. Si notre guerre de Trente ans avait été une guerre maritime, l'armée suédo-allemande, dissoute après la paix, aurait sans doute fourni bien des gens pour de semblables expéditions. Enfin, les pèlerins qui partirent de la Grande-Bretagne pour l'Amérique du Nord et y fondèrent ces Etats de la Nouvelle-Angleterre qui eurent une telle influence sur toute l'évolution ultérieure des colonies nord-américaines, étaient poussés par des mobiles religieux. Quel est, au contraire, le mobile de nos émigrants allemands d'aujourd'hui? Ils veulent améliorer leur situation matérielle, rien de plus. Que cela comporte du travail et de la peine, même en Amérique, à vrai dire, ils s'y attendent, mais affronter en même temps toutes les rudes privations et les dangers inévitablement liés à un établissement sur une terre d'une nature tout à fait différente, à demi-déserte et où l'on peut avoii' à lutter avec des bêtes féroces ou des peuplades sauvages, combien peu s'y sentiraient disposés. Ils seraient tout aussi peu aptes, dans ces circonstances, à fonder des colonies nouvelles et viables. Et si, par exemple, on mettait à leur tête un gouverneur allemand imbu de bons principes, il se pourrait bien que sa science fît, là-bas, rapidement faillite. Il est probable que, dans la pratique, n'importe quel squatter de l'Amérique du Nord serait de meilleur conseil sur la façon de procéder. Sans doute, il en serait tout autrement si nous avions aujourd'hui encore des hommes pareils à ce que les Hanséates étaient de leur temps. Avec ceux-là on pouvait fonder de nouvelles colonies ; mais les Allemands actuels ont, au cours des siècles, acquis un auti-e caractère. Moins que tout le reste, le dressage militaire de ti*ois années qui s'est généralisé maintenant, peut être pour eux une préparation appropriée, à moins qu'on ne veuille alors fonder des colonies militaires; mais Dieu sait sur quel terrain cela j[K)uri"ait avoir lieu. Et que penser de

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cette méthode où, dune ]iart, on se livre à des projets de colonisation, tandis ([ue, de l'autre, l'émigration est interdite à notre jeune génération masculine au nom du devoir militaire. Ce sont justement des êtres dans toute la verdeur et toute la force de la jeunesse, naturellement attirée par les pays lointains et par toutes sortes d'aventures, qui seraient indispensables dans des entrej)rises de colonisation. Et si, au contraire, on veut les retenii* au pays, quel succès peut-on alors attendre?

Die Weltpolitik {La Politique mondiale), t. n, j). çp sq.

d) Les colonies d^outre-mer n'enrichissent ffuère la métropole.

Si, après cette digression, nous revenons à notre véritable sujet, j'ajouterai que l'on a coutume de beaucoup exagérer l'importance des colonies transoccaniennes pour la prospérité matérielle de la métropole. On oublie de faire entrer en ligne de compte les frais indirects qu'entraînent la fcmdation et le maintien des colonies. Combien de guerres ont été faites à ce sujet aux xvn" et XVIII* siècles et quelles dettes publiques ont été engen- <lré€s ainsi! Car toutes les guerres soutenues alors par tes puissances maritimes avaient rapport à leur empire colonial ou au commerce avec les colonies. lùi outre, cela obligeait h entretenir, même en temps do i>ai\, une (lotte et lin corps d'occupation, comme cela a lieu encore aujourd'hui. Le trafic avec les colonies doit-il donc ctie jugé lucratif ù ce point? Les faits ne parlent pas en ce neun.

Si le.H pus.Hessions coloniales acliu^llcs d«; hi l<'raiu'c n'ont pluA ä vrai dire grande im\KU>tance, il faudrait eei>iMidaiit attendre bien des années avant <|iic l'Allc-

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magne pût en fonder ou en acquérir de semblables ; et à combien s'élève donc, par rapport à son commerce total, le commerce de la France avec ses colonies, calculé d'après la valeur des marchandises ainsi remuées? A peine au (juinzième, ainsi que le prouve la statistique du commerce français. Si l'Allemagne voulait aujourd hui fonder dans le Pacifique une colonie au petit pied, cela n'augmenterait pas même d'un pour cent le commerce total allemand. L'empire colonial de l'Angleterre embrasse la moitié du globe, et malgré cela son trafic avec de telles colonies n'atteint que le tiers de son commerce total. Et son trafic actuel avec ses colonies viendrait-il à cesser, si celles-ci se détachaient de la métropole? Il pourrait peut être se maintenir tel quel et même continuer à s'accroître. Le soulèvement des Etats-Unis n'a, i)ar la suite, nui en rien au commerce anglais; les frais de la guerre entreprise pour réduire à l'obéissance les colonies rebelles furent donc de l'argent simplement jeté par les fenêtres. C'est de la sorte, en se plaçant au ix)int de vue économique, que Ion devrait juger les choses, et beaucoup d'économistes en ont usé ainsi. Même déjà Adam Smith ne se fftt pour ainsi dire pas opposé à ce que l'on eût émancipé les colonies anglaises; le philosophe et ])ubliciste lienthani le réclamait expressément, et, encore de nos jours, il se trouve j^as mal de gens en Angleterre qui verraient d'un (eil favorable ce pays abandonner tout son empire colonial.

Il est essentiel d'observer, en outre, que le fait d'avoir des ])ossessiüns coloniales a eu partout pour résultat d'inciter la métropole à oiùenter d'une manière factice son commerce vers les colonies que, d'une part, l'on cherchait à exj^loiter le plus possible, tandis que, de l'autre, on croyait cependant devoir ménager en quelque njesure leur prospérité. L'une et l'autre alternative constituent un obstacle capital au développement d'un libre trafic et

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d'une saine politique commerciale, car on ne fait là que tourner dans un cercle vicieux. Si de semblables mesures ont infiniment entravé l'essor de l'Amérique espagnole en particulier, rEsjiagne elle-même n'y a non seulement rien gagné, mais c'est précisément sa politique coloniale qui l'a ruinée. C'est pour tous les économistes un l'ait indiscutable. Et s'il ne reste plus, à l'heure actuelle, de l'ancien empire colonial espagnol, que l'île de Cnba qui ait quelque importance, elle est précisément aussi le chancre qui ronge l'Espagne. Car Cuba constitue la grande école de corruption, aussi bien ih>uv les généraux chargés du commandement là-bas que ix)ur les lonclionnaircs, et la situation privilégiée du commerce avec cette colonie retarde le développement naturel du commerce espagnol en général. En vérité, l'Espagne ne pourrait rien faire de mieux que de se dessaisir volontairement de cette ile. Elle la perdra tout de même tôt ou tard et, en attendant, il lui faut répi-iiner là-bas des insurrecticms, elle doit pix)téger l'île contre une surprise éventuelle des Américains du Nord, ce qui entraine de tels frais que cette colonie est devenue à présent, i)our les Itnances de l'Etat, une sangsue bien plutôt qu'une mine d'or. 11 s'ensuit, de plus, que cette funeste )>ossession tient l'Espagne encore eiieliaînée aux traditions américaines et lui fait méconnaître sa vraie vocation (jui serait de dirigei' ses énergies vers VA/rif/ue, notamment vers le Maroc, d'où vinrent jadis les Maui'eH, quo l'on ne put chasser qu'après sept siècles de luttes. Si, ù ce moment-là, les Espagnols avaient émigré vers l'Africjue au lieu d'aller en Améri(|ue, le .Maroi- serait aujounl'hiii une province de l'Ilspagne, VAndalottsie trannniéUiterrantk'nne, taiulis que h>ur souvcrniiicté américaine fut, souum; toute, réduite à néant.

Die Wi'llpoliîil,. \J.,i VolU'uiuc nuitulidlc), t. Il, p. \Yi-\^,).

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e) // faut revenir à la méthode de colonisation continentale.

Je demande en outre : }x>urquoi recherchons-nous encore des possessions transocéaniennes qui, en définitive, ne pourraient même pas être des colonies à proprement parler, en ce sens que ce seraient de pures colonies de commerce, au lieu de tourner nos regards vers nos anciennes et véritables colonies, qui sont tout à portée de notre main, mais que nous avons perdues, comme la Livonie par exemple, ou que nous sommes menacés de perdre, comme tous les établissements que l'Allemagne possède en Hongrie et en Transylvanie? Si nous pouvions tout d'abord recouvrer seulement la Livonie, cela seul vaudrait mieux pour nous qu'une douzaine d'îles de Samoa. Et s'il s'agit de points d'appui pour notre commerce mondial, rien encore ne serait plus essentiel que de gagner les bouches de nos deux fleuves princii)aux : le Rhin et le Danube. Mais tant que cela semblera ne vous préoccuper en rien, nous devrions bien nous abstenir purement et simplement de parler de colonisation et de puissance mondiale.

D'ailleurs, les pays qui nous avoisinent à l'est sont pour nous beaucoup plus importants que des colonies

transocéaniennes ne pourraient jamais le devenir

C'est vers ces contrées que fut dirigée autrefois l'émigration allemande, et cela contribua essentiellement à l'essor de la Hanse, dont le commerce gravitait surtout autour de la Baltique. Les villes maritimes de cette région, de Lübeck à Revel, étaient elles-mêmes des colonies allemandes; les villes situées en arrière, dans l'intérieur du pays, l'étaient également pour la plupart.

Et si Cracovie elle même a temporairement appartenu

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