‹ Les origines du pangermanisme (1800-1888);Chapitre 95 sur 98 · LES ORIGINES DU PAXGEUMAMSME · texte numérisé non relu

LES ORIGINES DU PAXGEUMAMSME

à la ligne hanséatique, cela s'explique uniquement par le fait qu'à cette époque une grande partie de la bourgeoisie et surtout les magistrats municipaux de cette ville étaient Allemands.

Qu'on ne se méprenne pas pourtant sur le sens de mes paroles. Elles ne signifient en aucune façon que les pays qui nous avoisinent à l'est doivent être considérés aujourd'hui encore comme olïrant un débouché à l'émigration allemande. La plupart d'entre eux ont pour cela une population déjà trop dense. Au moment où List voulut détourner vers la Hongrie et vers les pays du Has- Danube l'émigration allemande qui allait en Amérique, c'eût peut-être été encore possible. Les terres pouvaient alors être acquises à bon compte et la passion des nationalités n'était i)as encore née, qui aujourd'hui opposerait un grand obstacle à l'immigration allemande dans toute la contrée du Bas-Danube. Comme notre incurie s'expie en cette circonstance! Car, en vérité, qui donc eflt été qualifié pour exercer une action décisive sur le remaniement des pays du Danube inférieuî* soumis autrefois à la domination turque, et même de toute la presqu'île des Balkans, si ce n'est précisément VAIleina<>nc.' Manifestement un grand intévèt commun à tous les peuples germaniques était ici en jeu. Mais qui s'en souciait? Il était avant tout question des uxiérvis prussiens ou nulrichiens et des rivalités <|ui en découlaitnit, cepcndiinl <[U(< les intért^ts généraux de rAllcmagnc t(»ut cnlicrc ctaicnl l»cl et bien engloutis. Il est ainsi advenu (|ue la ////.s.s/V et, dauln* part, les puissrmces ucciilcnfales inlervimcnl comme le.s facteurK décisifs dans cette grande question, ]»nr suite de <]uoi les intérêts allemands furent les moins bien repréMentés. Tandis i\\u' si l'Allemagne s'('lait intei*ixméu h tein[tH et avec «'nergie, les pays du Danube inférieure et ceux du nord des Balkans eussent été <>nglobés d'une façon toute naturelle <lanH la splière «rinlluence de

CONSTANTIN FRANTZ 'JQ'j

l'Allemagne. Et l'on aurait eu là bien des facilités pour fonder des colonies allemandes, car de même qu'au moyen Age il s'en était constitué en Transylvanie, le fait aurait pu se reproduire, à une époque ultérieure, dans les contrées du Bas-Danube.

Étant donnée malheureusement la situation actuelle des choses, nous ne pouvons plus guère songer qu'à la Bosnie et à l'Herzégovine, surtout depuis que ces pays sont entrés sous la domination autrichienne. On pourrait sans doute là aussi fonder des colonies allemandes de quelque importance, aussitôt que la sûreté des personnes et des biens serait rétablie, et que, d'autre part, l'on aurait construit des routes et des chemins de fer. 11 ne s'agirait plus alors que de savoir si une quantité suffisante de domaines propres à la culture seraient ou pourraient être rendus disponibles.

Le mieux serait de poursuivre, dans toute la mesure possible, le rachat des biens-fonds appartenant aux begs mahométans (ces derniers ne devant quand même jamais être bien à leur place dans la monarchie autrichienne), et de faire administrer provisoirement comme terres domaniales, pour les all'ermer j)lus tard à des colons, leurs possessions que l'on pourrait certainement encore acheter à bas prix, mais qui, dans dix ans auront doublé ou triplé de valeur. De même, l'on devrait séculariser les biens dépendant des mosquées, en payant comme indemnité une rente fixe calculée d'après leur revenu actuel. Un gagnerait probablement de la sorte des terres en suffisance pour quelques centaines de mille immigrants.

Pour qu'une colonisation un peu considérable devînt possible ici, il faudrait au début des mesures énergiques et des entreprises coûteuses, mais le territoire tout entier prendrait, jîar là, de la valeur et ainsi les elforts dépensés et les sacrifices consentis seraient largement

rémunérés. Il ne manque pas là-bas de richesses naturelles, qui jusqu'ici gisaient inemployées, notamment des richesses minières. Mais voici l'essentiel : c'est seulement loi-sque ce territoire sei*a exploité au point de vue agricole qu'il pourra devenir jx)ur l'Autriche une possession assurée et utile, tandis que jusqu'à présent il constitue pour elle bien plutôt un embarras et menace même de devenir un véritable ulcère. Ma pensée est celle-ci : ou bien l'on n'aurait pas dû prendre possession de ce pays, ou l'on devait être résolu par avance à une transformation radicale de la situation existante, même si l'on avait drt pour cela recourir à des procédés de dictature. Autrement, avec un état de choses aussi suranné, il n'y a moyen de rien organiser.

De simples mesures militaires ne ])euvent être d'un grand secours à cet eilet, car il s'agit surtout d'entreprises agricoles, et si celles-ci exigeaient d'im]K)rtautes mises de fonds, il ne faudrait pas reculer là- devant non jdus, alors qu'un intérêt majeur de la monai-cliie tout entière est en jeu. Car si ce territoire était mis en exploitation et qu'ainsi la possession en fût assui-^e à l'Autriche, cela contribuerait, plus «[ue (juelques nouveaux corps d'armée, à consolider la ])uissance de cet endure. La Dalmatie, l'Herzégovine et la Bosnie arriveraient à se fondre en un tout; l'Autriche obtiendrait à jjartir de ce moment une position sùro en A<lriatique, et en même tem])» le libre accès des pays balkaniques. Kt de quelle i m iM>rtanco cela ne serait-il pas! C'est pounpioi : « Hic HhoduH, liic salta! », même s'il doit en coAter th^s inillioii.s, et d'ailleurs r.\ulri(;lie en a souvient .sacrilic pour des entreprises tout à fait inutiles.

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