‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 103 sur 253 · Wilkins, ibid., t. III, p · texte numérisé non relu

Wilkins, ibid., t. III, p

Les dix articles furent suivis, au mois d'août, d'une série de prescriptions qui les aggravaient en prétendant en régler l'application. Les prêtres ayant charge d'âmes devaient les lire à leurs paroissiens tous les trois mois sous peine d'être révoqués. Cromwell leur ordonnait de prêcher chaque dimanche, et imposait un certain nombre de sujets de sermons. Les curés devaient parler, plusieurs fois chaque année, sur l'autorité usurpée de l'évêque de Rome, deux fois par trimestre, sur les dix articles; déconseiller les pèlerinages, le culte superstitieux des images, des reliques, la célébration des fêtes supprimées et la croyance aux miracles. Ils devaient enjoindre aux parents d'enseigner à leurs enfants, en anglais, le Notre Père, les articles de foi et les dix commandements.

Tout titulaire d'un bénéfice ecclésiastique d'un revenu de 20 livres était obligé, s'il n'observait pas la résidence, d'en donner la quarantième partie aux pauvres. Tout titulaire d'un bénéfice devait entretenir un boursier à l'université par chaque 100 livres de revenus. Le cinquième de tout bénéfice était consacré à l'entretien de l'église et des objets du culte. Cromwell ordonnait à tout curé ou propriétaire d'une église paroissiale quelconque de placer dans le chœur une bible complète en latin et en anglais. Mais il n'existait pas encore de Bible anglaise autorisée et cet ordre serait incompréhensible si on ne se souvenait que le chef suprême et son vicaire général modifiaient à chaque instant des instructions qui parfois se contredisaient . Ils donnèrent le 12 juillet, lors de la promulgation des dix articles, l'ordre formel de prêcher; un mois après les curés reçurent l'ordre non moins formel de ne pas prêcher.

2. — La deuxième profession de foi (septembre 1537) ; la Bible anglaise ; nouvelles prescriptions de Cromwell; persécutions contre les personnes et les livres hérétiques.

Une expérience de quelques mois avait suffi à montrer l'insuffisance des dix articles. Dès le mois de février 1537, Henri réunit une assemblée d'évêques et de théologiens pour les reviser. Le travail dura jusqu'au milieu de juillet. La discussion porta principalement sur les quatre sacrements passés sous silence dans la première confession. Au sujet de chacun d'eux, les membres de la commission eurent à répondre par écrit aux trois questions suivantes : le rite est-il un sacrement? Quel en est le signe extérieur et quelle grâce confère-t-il ? Quelles promesses nous font croire que la grâce nous est donnée par ce rite ? Les réponses sur la Confirmation ont été conservées c. Les tendances luthériennes de Cranmer, Latimer, Barlow, Shaxton, Foxe s'y remarquent facilement. Parmi les autres commissaires se trouvaient Stokesley, Tunstall, Vesey, Capon, et les anciens moines promus évêques : Hilsey, Rugg, Goodrich. Barlow, ex-prieur des augustins de Bisham, était à coup sûr un des plus avancés. Il pensait que l'ordination n'est pas nécessaire pour remplir un ministère ecclésiastique; le premier savetier venu, choisi par le roi, peut être évoque sans recevoir aucun ordre 2.

L'œuvre de la commission reçut le nom d' « Éléments pour servir à l'instruction d'un chrétien 3. Elle reproduisait les articles de l'année précédente et avait le caractère d'une exposition pieuse plutôt que théolo-

l.$TR\PE,Ecclesiastical Memorials, Articles against Barlow, t. II, p. -273

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