‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 104 sur 253 · Strype, Ecclesiastieal Memorials, t. II, p · texte numérisé non relu

Strype, Ecclesiastieal Memorials, t. II, p

gique. Elle était divisée en quatre parties : le Credo, les sept sacrements; les dix commandements; le Pater et Y Ave. Deux articles avaient été empruntés au premier formulaire. L'un d'eux attribuait la justification aux seuls mérites de Notre-Seigneur, avec obligation pour celui qui a été justifié de faire de bonnes œuvres; l'autre répudiait la doctrine romaine sur le purgatoire tout en recommandant les prières pour les défunts. On avait donné une satisfaction aux luthériens en mettant avant les sept sacrements, les quatre omis en 1536 ayant été retrouvés, une longue dissertation sur la foi, et aux catholiques, en rendant au Mariage, à l'Ordre, à la Confirmation et à l'Extreme- Onction, leur place naturelle.

La commission espérait que son œuvre serait publiée par ordre du roi. Quand elle lui fut soumise, il prétexta ses nombreuses occupations, se bornant à en autoriser la publication et la lecture aux réunions du dimanche pendant trois années. C'est pourquoi le travail de la commission est connu sous le nom de « Livre des évêques » .

La Bible anglaise complète avait paru au mois d'août, en dehors de toute intervention des évèques et des théologiens. Nous avons dit que l'assemblée du clergé avait condamné la traduction de Tyndale. Un ex-moine augustin de Cambridge, Miles Coverdale. secrétaire de Barnes, avait publié, en octobre 1535. une traduction faite sur la Vulgate, avec quelques passages empruntés à Luther. L'assemblée du clergé ne l'avait pas jugée favorablement.

La Bible anglaise qui parut au mois d'août 1537 et dont la plus grande partie avait été imprimée à Londres était l'œuvre d'un certain Mathieu Thomas. En réalité, ce n'était pas une traduction nouvelle : les premiers livres de l'Ancien Testament étaient empruntés

à Tyndale ainsi que le Nouveau Testament en entier. Le reste était de Coverdale, avec de légères modifications. Ainsi l'œuvre antipapale et nettement luthérienne qui avait été réprouvée par le clergé fut, sur la recommandation de Cranmer, approuvée, sous un nom nouveau, et imposée à toutes les églises.

Les prescriptions de Cromwell qui ordonnait l'acquisition de la Bible nouvelle, sont datées du 5 septembre * . Elles retiennent l'attention par le ton méprisant que l'auteur affecte à l'égard du clergé et de certaines cérémonies. Après avoir rappelé les ordres précédents en ce qui concernait l'enseignement en anglais des dix commandements, du Credo et du Pater, il ordonna d'enlever les images qui provoquaient des offrandes ou des pèlerinages. Une prescription causa beaucoup d'émoi parmi le peuple : désormais le clergé paroissial devait tenir un registre des naissances, mariages et décès. On craignit que le roi ne voulût mettre un impôt sur chacun de ces actes.

Le 1er octobre, une commission royale2 ordonna à Cranmer et à d'autres évêques de faire une enquête sur les hérétiques, de détruire leurs livres, de réconcilier à l'Eglise ceux qui le désireraient et de livrer les autres à la justice civile. Cette commission fut appuyée de deux proclamations. La plus importante, du 10 novembre, interdisait les discussions sur l'Eucharistie, la publication et le commerce des livres anglais sans une permission très spéciale. Il était recommandé de conserver un certain nombre d'usages, comme l'eau bénite, la génuflexion devant la croix, les cierges à la Chandeleur, la purification des femmes, pendant que le roi n'en aurait pas décidé autrement. Les prêtres qui

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