‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 105 sur 253 · Wilkins, Concilia, t. III, p · texte numérisé non relu

Wilkins, Concilia, t. III, p

-2. Ibid., p. 836.

vivaient en concubinage devaient être révoqués ; ceux qui à l'avenir n'observeraient pas le célibat ecclésiastique pouvaient être emprisonnés aussi longtemps qu'il plairait au roi. L'autre proclamation donnait un délaide huit jours pour sortir du royaume à tous ceux qui avaient été rebaptisés ou avaient nié la présence réelle.

Ces proclamations firent aussitôt une victime dans la personne de John Nicholson ou Lambert, prêtre du diocèse de Norwich et disciple de Frith. Il avait déjà été accusé d'hérésie; l'archevêque Warham, pour le sauver, l'avait gardé dans sa prison. En 1536, il avait soutenu devant Cranmer, Latimer et Shaxton, chargés d'informer contre lui et qui étaient sûrement de son avis, que c'était un péché de prier les saints. Cette fois, il était accusé, même par le docteur Barnes, un des chefs du parti luthérien, d'avoir nié la présence réelle. 11 en appela au roi qui le jugea dans une séance solennelle, entouré d'évêques et de pairs. Le chef suprême, tout de blanc habillé, daigna discuter longtemps avec Lambert qui refusa de se soumettre et fut brûlé six jours après, le 22 novembre.

Henri avait une excellente raison de pourchasser les hérétiques. Il fallait faire figure de prince orthodoxe, parce que les relations entre François Ier et Charles- Quint, inaugurées à la paix de Nice, grâce à l'intervention du pape, devenaient chaque jour plus cordiales et la coopération des deux souverains pour le dépouiller de la couronne d'Angleterre, suivant la décision du Saint-Siège, devenait possible. Cette crainte amena Henri VIII à se débarrasser de ses parents éloignés à qui, à son défaut, revenait la couronne. Henry Courtenay, marquis d'Exeter, Henry Pôle, Lord Montague, frère de Reginald Pôle, furent décapités en décembre sous l'inculpation d'avoir entretenu des relations avec le cardinal exilé.

A ce moment précis, le pape chargeait Rcginald Pôle d'une nouvelle mission auprès des deux grands souverains de l'Europe continentale. Il devait essayer de les amener à rompre toute relation avec Henri VIII. Malgré le deuil où l'avait plongé l'exécution de plusieurs membres de sa famille, le légat quitta aussitôt Rome et arriva au milieu de juillet à Tolède, où se trouvait Charles-Quint. L'empereur refusa hautement de livrer le cardinal à l'ambassadeur anglais qui le réclamait, mais il ne voulut pas rompre avec l'Angleterre. Il avait assez à faire avec les Turcs et les réformés allemands et ne voulait pas troubler les transactions commerciales de ses sujets avec les Anglais. Pôle s'en retourna découragé sans même avoir vu le roi de France qu'il savait décidé à ne rien tenter sans l'empereur.

Dans le plan du pape, le cardinal Béton, ministre d'Ecosse, devait lancer ses troupes sur les comtés du nord, après avoir fait publier la bulle papale qui relevait les sujets anglais de leur serment de fidélité, pendant que Charles et François attaqueraient l'Angleterre par le sud. L'alerte avait été très vive à la cour de Londres. Suivant son habitude, Henri s'était tourné vers les luthériens. Son agent, Blunt, reçut ordre de s'informer des forces de la ligue des protestants allemands. Elle comptait vingt-six villes et vingtquatre princes, mais l'alliance avait un but exclusivement religieux. Sur l'invitation du roi, une mission luthérienne composée de trois théologiens de second ordre, mais chaudement recommandés1 parMelanchton, vint conférer à Londres avec trois évêques, quatre docteurs et Henri lui-même. On prit pour base la Confession d'Augsbourg qui est divisée, comme on

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