Strype, Ecclesiastical Memorials. t. II, p
sait, en deux parties : les choses fondamentales, les abus. L'accord fut facile sur la première partie. Les évêques demandèrent alors à traiter la question des quatre sacrements; les allemands voulaient passer aux abus. Cranmer, qui favorisait les délégués luthériens, réussit à faire discuter la deuxième partie. Mais il fut impossible de s'entendre sur le célibat des prêtres, la communion sous les deux espèces et les messes privées. Tunstall réfuta brillamment les arguments des allemands ; Gardiner, qui était ambassadeur à Paris, conseilla au roi de conclure une simple alliance politique. Les princes n'en voulaient pas ; ils rappelèrent les délégués, dont l'entretien coûtait fort cher.
Les conférences avaient duré près d'une année. Le résultat immédiat en fut presque nul, mais on ne saurait exagérer leurs conséquences lointaines. Les idées échangées seront appliquées sous Edouard et Elisabeth, de sorte que ce qu'il y a de luthéranisme dans les XXXIX articles de religion de l'Église anglicane actuelle vient de ces conférences. Une deuxième ambassade n'eut pas plus de succès *.
Quand le danger continental fut passé, un nouveau parlement se réunit au mois d'avril 1539. Il condamna comme coupables de haute trahison les nobles exécutes en décembre, la comtesse de Salisbury, mère du cardinal Pôle, et un certain nombre d'autres Anglais, dont aucun n'eut la faculté de présenter sa défense. Pôle lui-même fut condamné par coutumace. Le parlement donna aux proclamations royales toute la force
1. Btrtpe, t. il, p. 3. Statutcs of t/tc realm, 31, Henry V1IL chap. un. PP. 7*;-s, et 34-35, Henry VIII, chap, xxm.p. 023.393, donne la lettre de iMelanchton.
des lois votées par les députés. Enfin, il s'occupa de prouver l'orthodoxie du souverain que toute l'Europe accusait d'hérésie en élaborant la fameuse loi des « six articles » appelée par les protestants « le fouet à six cordes1 ».
L'élaboration de cette loi dont le titre officiel est : « acte pour abolir la diversité dans les opinions » fut mouvementée.
Au commencement de mai le parlement nomma une commission de six évêques présidés par Cromwell, et leur soumit, ainsi qu'à l'assemblée du clergé, une série de questions sur les sacrements de la Pénitence, de l'Eucharistie et de l'Ordre. Les opinions se balançaient si bien au sein de la commission qu'après dix jours de travail elle n'avait abouti à aucun résultat. Alors le duc de Norfolk proposa à la Chambre des Lords de discuter les points suivants : « L'Eucharistie est-elle possible sans la transsubstantiation? Faut-il adopter la communion sous les deux espèces? Faut-il, d'après la loi divine, observer la chasteté? Cette même loi permet-elle les messes privées? Les prêtres peuvent-ils se marier ? La confession auriculaire est-elle ordonnée par la loi divine? »
La discussion s'engagea entre les évêques Henriciens et les évêques, plus nombreux, à tendances luthériennes, les lords temporels n'intervinrent pas dans le débat. Le troisième jour, le roi vint au parlement et prit part à la discussion. La théologie royale triompha du petit nombre d'évêques luthériens qui s'étaient aventurés à lui résister. Henri demanda que la déclaration doctrinale, résultat de cette discussion, fut accompagnée de sanctions pénales.
Le premier article de la déclaration disait2 : « Dans
l. Strype, Ecclesiastical Memorials, t. II, p. **2.
•2. Statutes of the realm, 31, Henry VIII, chap. xiv, pp. 739-4i.
ce très saint sacrement de l'autel, par la force et l'efficacité de la puissante parole du Christ prononcée par le prêtre, sont réellement présents sous la forme du pain et du vin, le corps naturel et le sang de notre Sauveur J. C. conçu de la Vierge Marie. Après la consécration, il ne reste aucune substance du pain et du vin, ni aucune autre substance si ce n'est celle du Christ, Dieu et homme. »
L'article deuxième était également précis : « La communion sous les deux espèces n'est pas nécessaire à tous pour arriver au salut. Il faut croire et non douter que dans la chair, sous la forme du pain, se trouve le sang lui-même et, avec le sang, sous la forme du vin, se trouve la chair elle-même, aussi entière que si ces substances étaient ensemble. »
L'article troisième déclarait que les prêtres après avoir reçu les ordres ne peuvent pas contracter mariage. L'article quatrième interdit le mariage aux hommes et aux femmes qui avaient fait le vœu de chasteté. Le cinquième disait que les messes privées sont agréables à Dieu, qu'il est utile et nécessaire de conserver la sainte Eucharistie. Le dernier était ainsi rédigé : « La confession auriculaire en usage et employée dans l'Église vient de Dieu. »
Les pénalités étaient terribles. Ceux qui parlaient contre le premier article devaient être brûlés, tous leurs biens étaient confisqués et l'abjuration ne sauvait pas du bûcher. Une première faute contre les cinq autres articles était punie de la perte des biens et de la prison, au bon plaisir du roi : la deuxième faute entraînait la mort réservée aux traîtres, sans l'assistance d'un prêtre. La loi était spécialement dure pour les religieux non engagés dans les ordres et les religieuses expulsées à qui le mariage était interdit.
Les six articles ont provoqué, pendant les huit
dernières années d'Henri VIII, des persécutions intermittentes, suivant l'humeur du souverain ; ils ont surtout obligé les hérétiques épouvantés à rester tranquilles. La première persécution eut lieu à Londres. Des laïques composèrent un tribunal dans la chapelle des merciers. Ils y mirent tantde zèle, dénonçant ceux qui parlaient mal des six articles, ceux qui allaient rarement à la messe ou ne s'inclinaient pas à la consécration, que 500 personnes, dans l'espace de quatorze jours, étaient accusées et, en majorité, convaincues d'hérésie. Le roi fut obligé de pardonner. Les évêques Shaxton et Latimer dont les opinions hérétiques étaient notoires donnèrent la démission de leur siège. Cranmer dut renvoyer sa seconde femme ; Sampson, évêque de Chichester, accusé par Cromwell de ne pas observer la résidence, de dire le Pater en latin, se défendit gauchement dans une lettre qui est un modèle de servilité*. Le vicaire général l'envoya à la Tour et profita de son emprisonnement pour lui prendre sa maison de Londres.
Les réformés allemands avaient été choqués du caractère de violente réaction des six articles, mais Henri avait trouvé un moyen de les apaiser. Veuf de sa troisième femme, Jane Seymour, morte en octobre 1537, en donnant le jour à l'enfant qui devait être Edouard VI, il demanda et obtint la main de la princesse Anne, fille du duc de Clèves. Le contrat fut signé le 6 octobre 1539. Cette alliance, en augmentant les difficultés au milieu desquelles Charles-Quint se débattait, en Allemagne, écartait la menace d'une ligue continentale contre l'Angleterre.
En dépit de la sévérité des six articles, les anglais partisans des luthériens, espéraient qu'un roi qui avait
1. Strype, Ecclesiastica Memorials, t. II, pp. 377, 378, 381.
été si tolérant envers l'hérésie, ne cesserait pas de l'encourager, malgré ses proclamations. Le docteur Barnes, revenu d'une ambassade en Allemagne et chef du parti luthérien, se crut encore en faveur. On l'avait chargé de prêcher à Saint-Paul le premier sermon de la station quadragésimale, mais Gardiner, l'adversaire le plus énergique des hérétiques, fut désigné à sa place et il en profita pour dénoncer vigoureusement les doctrines de Luther. Quinze jours après, Barnes, qui avait obtenu la permission de prêcher au même endroit, refit le sermon de l'évêque de Winchester, empruntant le même texte. Il se livra à une violente sortie contre le prélat et finit par lui jeter son gant du haut de la chaire. Gardiner se plaignit au conseil et demanda une discussion publique avec Barnes qui se déclara vaincu et fut obligé de faire des excuses. On lui ordonna, ainsi qu'à deux autres prédicateurs de Saint-Paul, William Jérôme et Thomas Garret, échappés d'Oxford en 1528, de faire un sermon de rétractation. Ils s'exécutèrent, mais d'une façon si peu satisfaisante, que tous trois furent envoyés à la Tour.
Cromwell, le grand patron de l'hérésie, les y rejoignit quelques jours après. Rien n'avait fait prévoir sa chute. Il avait été créé comte d'Essex et avait ouvert la session du parlement au mois d'avril, il avait fait confisquer au profit de la couronne les quarante-trois commanderies des chevaliers de Saint- Jean et leurs riches revenus. Le 10 juin 1540, Norfolk l'arrêta en plein Conseil et il fut rapidement condamné par le parlement pour crime de haute trahison. Henri n'avait plus besoin de lui et de sa politique allemande ; il le sacrifiait à ses ennemis, non sans l'avoir obligé à révéler des conversations intimes qui devaient servir à prouver la nullité du mariage avec Anne de Clèves. Le G juillet, le clergé fut saisi de l'affaire et le 9 il déclarait
{<> mariage nul à cause d'un engagement antérieur souscrit par la reine et parce que le mariage n'avait pas été consommé 1 . Anne consentit à la séparation et reçut une pension. Le 8 août, Henri épousait Catherine Howard, la jeune et belle nièce du duc de Norfolk.
Cromwell avait été exécuté le 28 juillet après avoir vainement imploré la clémence du roi dans trois lettres2 qui sont de vrais cris de détresse et dont la dernière se termine par ces mots : « Très gracieux prince, je demande à grands cris miséricorde, miséricorde. miséricorde3! »
Le 30 juillet, les trois prédicateurs de Saint-Paul Barnes, Garret et Jérôme furent brûlés à Smithfield. Le même jour et à la même heure, trois prêtres catholiques mouraient de la mort horrible des traîtres pour avoir refusé de reconnaître la suprématie du roi sur l'Église. C'étaient le docteur Powell, adversaire des doctrines luthériennes et du divorce royal, Thomas Abell, chapelain de la reine Catherine, en prison depuis huit années, et Richard Fetherstone, également chapelain de la reine et professeur de la princesse Marie.
Les exécutions sanglantes se succédèrent presque sans interruption. Le conseil privé, héritier de la puissance de Cromwell, exerçait un contrôle despotique sur la liberté et la propriété de tout homme dans le royaume. Le 28 mai 1541, le roi, avant d'aller visiter les comtés du nord, que son abominable tyrannie avait de nouveau soulevés, fît trancher la tête à la vieille comtesse de Salisbury, mère du cardinal Pôle. Le parlement de 1539 l'avait condamnée pour haute trahi-
1. Statutes ofthe realm, 3-2, Henry VIII, chap. xxv, pp. 781-3.
2. Letters and papers, Henry VIII, t. XV, n0b 77(3, 8-23, 8-24.
3. Ibid., noï 766, 767, 804, lettres de Marillac, ambassadeur de France, à François I#T, au sujet de Cromwell.
son, le roi ne voulait pas laisser d'ennemis à Londres.
En janvier, un ordre avait été adressé aux évêques, aux juges de paix et aux shériffs leur enjoignant de poursuivre les hérétiques. Sur les 200 qui furent accusés par les citoyens de Londres, deux furent envoyés en prison et un brûlé. Il s'appelait Richard Mekins. A peine âgé de dix-huit ans, il avait soutenu la doctrine luthérienne de la consubstantiation. Les six articles n'admettant pas l'abjuration, il n'y avait qu'une issue possible à son procès, la mort. Le pauvre jeune homme mourut très repentant en regrettant d'avoir connu le docteur Barnes qui lui avait enseigné ses opinions. Il remercia Bonner de sa bienveillance. Cet évêque avait dans son vaste diocèse de Londres beaucoup plus d'hérétiques que ses collègues ; les écrivains puritains lui ont reproché d'avoir été un persécuteur. L'accusation tombe d'elle-même : la déclaration des six articles était une loi faite par le parlement, appliquée par l'État. Bonner ne pouvait rien sur le sort d'un hérétique reconnu tel et il essaya toujours de le ramener à l'Église par la persuasion.
Au retour de son voyage dans les comtés du nord, au mois d'octobre 1541, Henri apprit de Cranmer que la nouvelle reine Catherine Howard avait mené une mauvaise vie avant comme après son mariage, et même pendant la récente absence du roi; lady Rochford, belle-sœur d'Anne Boleyn, avait été accusée d'avoir favorisé les relations coupables de la jeune épouse. Une enquête amena des découvertes scandaleuses. Les hommes du commun, complices de la reine, furent jugés et exécutés en décembre. Elle-même fut décapitée le 13 février 1542 avec lady Rochford '.
Le 12 juillet de l'année suivante, Henri s'embarqua
!. Letters and papers, Henry VJII, t. XVII, n° 88, acte d'accusation; d i(>et i<>7, ses complices; d°" 100, 106, 124, son exécution.
LA TROlSIÈxME PROFESSION DE FOI. 213
élans sa sixième aventure matrimoniale en épousant Catherine Parr, de vingt ans plus âgée que lui.
3. — La troisième profession de foi de l'Église d'Angleterre et les dernières mesures concernant la religion sous le règne de Henri VIII.
Le « Livre des évêques », deuxième profession de foi de l'Église d'Angleterre, publié en septembre 1537, n'avait pas été formellement édité au nom du roi qui en avait simplement prescrit l'usage pendant trois ans. Au mois d'avril 1540, une commission d'évêques et de théologiens fut chargée d'en faire une revision approfondie qui devait durer trois années. Le roi leur fît demander des réponses par écrit à dix-sept questions sur la nature, le nombre des sacrements et d'autres points essentiels de doctrine. Nous avons les réponses aux questions sur les sacrements et les droits de l'épiscopat1. Tous les membres delà commission sont d'avis que l'Ecriture sainte n'a pas donné la définition d'un sacrement et ils fournissent des réponses très diverses au sujet de leur nombre. Les questions posées probablement par le primat sur l'origine et les pouvoirs de l'épiscopat sont singulièrement hardies. Les apôtres ont-ils créé des évêques parce qu'il n'y avait aucun prince chrétien pour les nommer ou en vertu de la puissance à eux déléguée par Dieu? L'ordre des prêtres est-il plus ancien que l'épiscopat, et, si oui, sont-ce les prêtres qui ont créé les évêques; si l'épiscopat a précédé l'institution des prêtres, les évêques avaient-ils le droit de faire des prêtres et en jouissent-ils seuls? La consécration ou ordination est-elle nécessaire à un évêque ou à un prêtre? La nomination par le roi ne suffît-elle
1. The Lambeth Manuscrit, Coll. 3, n° XXI; Voir Burnet, Ristory of the Reformation, t. III, et son supplément.
pas? Si tous les évêques et tous les prêtres d'un pays étaient morts, le roi chrétien de ce royaume pourrait-il en créer d'autres à leur place? Cranmer * répondit pour son compte : « Il n'y a pas plus de promesse de Dieu, dit-il, que la grâce sera donnée à quelqu'un en lui conférant une charge ecclésiastique que si on l'investissait d'une charge civile ; tous les ministres ecclésiastiques sont nommés par le roi; les cérémonies que Ton emploie pour les conférer ne sont pas de nécessité, mais seulement de bon ordre et pour l'éclat extérieur. Les évêques et les prêtres ne formaient qu'un seul ordre au commencement de l'Eglise. Les princes et les chefs d'État peuvent faire des évêques et aussi le peuple par élection. Les Ecritures ne demandent aucune consécration des évêques ou des prêtres : l'élection ou la nomination suffisent. Dans l'hypothèse indiquée les princes et les laïques peuvent prêcher, enseigner, faire des évêques et des prêtres. »
Cranmer était suivi par Barlow et quelques autres, mais la majorité des prélats groupés autour de l'archevêque d'York restaient dans leurs réponses fidèles aux vieilles doctrines traditionnelles. Ils étaient suivis par l'ensemble des docteurs, malgré un certain flottement sur les questions de moindre importance telles que l'usage du saintehrême dans la confirmation et le pouvoir d'excommunier. Henri VIII a annoté de sa main les réponses ; en marge de la feuille où sont résumées les opinions de la plupart des membres de la commission qui déclarent n'avoir trouvé ni dans les Écritures ni dans les écrits des Pères une définition acceptable des sacrements, il écrit : « Alors pourquoi les appellerions-nous ainsi? »
Le travail de la commission fut soumis aux Lords
i. dixun, History, t. n, p. 30".
et à l'assemblée du clergé au commencement de Tannée 1543. Après avoir reçu leur approbation, il fut imprimé au mois de mai sous le titre de : « Doctrine et éléments nécessaires à tout chrétien^ promulgués par Sa Majesté le roi d'Angleterre l ». L'approbation royale accordée à cet ouvrage lui fit donner le nom populaire de « Livre du roi ».
Le style en était meilleur que celui du « Livre des évoques » : il était plus ferme et plus clair. Le triomphe des doctrines traditionnelles de l'Église catholique, douteux dans la précédente profession de foi, était évident dans celle-ci. Ainsi, on avait remplacé le simple paragraphe consacré dans le « Livre des évêques » au sacrement de l'Eucharistie par une longue et savante exposition. La préface était écrite par le roi ou en son nom, et un passage, très étudié, probablement de la main de Cranmcr, exposait les différentes acceptions du mot foi.
Une commission, instituée en même temps que celle qui prépara « le Livre du roi » , avait été chargée de reviser les livres liturgiques et les cérémonies en usage dans l'Église d'Angleterre. Elle produisit un traité qui se bornait à expliquer la liturgie traditionnelle sans y opérer aucun changement essentiel. On justifiait et expliquait, dans un sens catholique, le bréviaire, la messe, les divers ornements revêtus par les prêtres pour la célébration des différents offices.
Le travail2 delà commission n'a qu'un intérêt historique parce quil ne reçut jamais aucune approbation officielle, sur l'intervention probable de Cranmer qui méditait des changements profonds dans la liturgie.
1. Le titre était : « A'necessary doctrine and Erudition for a Christian man; set forth by the King's Majesty of England. »
2. Colmkr, t. il. p. 131, édition in-folio, a imprimé ce traité.
11 prit ses mesures pour que le traité ne fût pas soumis à la convocation et déclara, au nom du roi : « que tous les livres de messe, antiphonaires, bréviaires des Eglises d'Angleterre, soient de nouveau examinés, réformés et expurgés de toute espèce de mentions du nom de l'évêquc de Rome, de toutes les légendes apocryphes et inventées, prières superstitieuses, collectes, versets, répons; que les noms et les mémoires de tous les saints qui ne sont pas contenus dans les Écritures ou les docteurs authentiques soient abolis et supprimés de ces mêmes livres et calendriers et que l'office soit composé d'après les Ecritures et les autres docteurs authentiques1 ». L'examen de tous ces livres fut confié aux évêques Goodrich et Capon et à six membres du clergé inférieur. Mais celui-ci refusa de nommer ces délégués. La revision désirée par Cranmer fut remise à plus tard.
La réaction contre les doctrines nouvelles, si évidente dans le « Livre du Roi », était l'œuvre personnelle de Henri VIII. Il avait à ce moment rompu ses relations avec Melanchton. Ce théologien luthérien avait, en 1534, dédié son traité de Locis theologicis au roi qui l'en avait récompensé par un présent. Dans le cours de l'année 1539, il avait adressé plusieurs lettres à son royal ami. La promulgation des « Six articles » et les persécutions contre les luthériens qui en furent la conséquence l'avaient vivement affecté. Il s'en plaignit amèrement à Henri VIII 2. Le parlement suivait docilement l'exemple royal : les adresses des chambres sont, à cette époque, extravagantes de flatterie; quand Henri vint à Westminster, le 15 janvier 1543, les Lords se mirent à genoux sur son passage. Ils volèrent une