‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 123 sur 253 · Rymer, Fœdera, t. VI, part. III et IV, pp. 1G · texte numérisé non relu

Rymer, Fœdera, t. VI, part. III et IV, pp. 1G

laisser réduire au silence. Les résultats de cette enquête sont consignés dans les statuts d'Edouard qui bouleversèrent l'université. On détruisit beaucoup de manuscrits et de livres scholastiques ; Merton, la maison d'Occam et de Wyclyff, perdit à lui seul « un chariot de manuscrits » ; beaucoup de prédicateurs et de professeurs orthodoxes furent expulsés et leurs places données à des calvinistes.

Latimer, qui était un des visiteurs de Cambridge, a tracé, dans un sermon prêché devant le roi, un tableaHi lamentable de l'état de cette université, et le passage des envoyés royaux n'était pas fait pour la relever. Ridley et ses collègues provoquèrent des discussions publiques où ils firent soutenir que le dogme de la transsubstantiation ne reposait ni sur l'autorité de l'Écriture ni sur celle des Pères, et que la Cène était un simple mémorial de la mort du Christ et non pas un sacrifice. Comme à Oxford, les visiteurs laissèrent derrière eux des ordonnances dont le but essentiel était d'implanter les doctrines calvinistes ••

C'est ainsi que les opinions hérétiques étaient imposées par ordre du gouvernement, qui faisait tout pour discréditer auprès du peuple les doctrines traditionnelles. Les livres et brochures qui avaient été interdits dans les dernières années d'Henri VIII circulèrent librement dans le royaume. Zurich envoyait par ballots des traductions de la confession de Zwingle, et Baie, des diatribes contre la messe. Les partisans des réformés jouissaient en Angleterre d'une entière liberté de la presse; le conseil s'employait à la diffusion du Nouveau Testament de Tyndale et favorisait la circulation des libelles les plus ignobles. On jouait sur la scène des farces antireligieuses grossières ; et

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