‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 142 sur 253 · PERSECUTIONS CONTRE LA PRINCESSE MARIE · texte numérisé non relu

PERSECUTIONS CONTRE LA PRINCESSE MARIE

la messe chez la princesse pendant son séjour à Londres furent jetées en prison. Le 29 avril, un de ses chapelains, le docteur Malet1, fut de nouveau envoyé à la Tour. Marie protesta avec indignation, disant qu'elle était seule responsable parce que le prêtre avait agi par son ordre. Il paraît que Malet avait célébré la sainte messe dans la maison de la princesse mais en son absence. Un délit de ce genre pouvait être puni sans preuves légales.

L'accalmie qui suivit ne fut pas de longue durée. Au mois d'août, trois des serviteurs de la princesse furent mandés devant le conseil et chargés de notifier à leur maîtresse un message appuyé d'une lettre de son frère qui lui demandait d'abandonner la messe pour accepter le service anglais. Obligés d'accomplir la besogne imposée, les serviteurs, avant de commencer la lecture des documents, prièrent la princesse d'être patiente. Dès que Marie eut compris de quoi il s'agissait. elle leur défendit, sous peine de renvoi immédiat, de donner lecture du message à elle-même ou à ses chapelains. Le conseil insista vainement auprès des serviteurs pour les amener à remplir leur mission. Ils déclarèrent qu'ils étaient prêts à aller en prison plutôt que de déplaire à leur maîtresse.

Trois membres du conseil1, conduits par le chancelier en personne, apportèrent à Marie le message et une nouvelle lettre du roi. Elle reçut celle-ci à genoux et la baisa en l'honneur, dit-elle, de la signature du roi et non de son contenu qui sûrement n'était pas de lui. Marie répondit qu'elle était la pauvre sœur et l'humble sujette du roi, mais qu'elle mettrait sa tète sur le billot plutôt que d'accepter un office autre que celui en usage à la mort de son père. Les envoyés communi-

1. Nichols, Literary remains, journal, 28 août, 5 sept., 3 janvier.

quèrent le message aux chapelains qui promirent de s'y conformer.

Le 14 avril 1552, le conseil, se rendant compte qu'il n'était pas sage de pousser à bout l'héritière la plus proche d'un roi très malade, délivra ses trois serviteurs de leur prison. Le 13 juin, la princesse fit une visite à son frère au palais de Greemvich. Elle le rencontra une fois encore avant qu'il ne mourût. Malgré le conseil, le frère et la sœur n'étaient pas brouillés, et Marie n'avait pas cessé d'aimer le petit roi. La messe lui avait été interdite, mais elle réussissait à l'entendre en secret. Il est probable que les autorités fermaient les yeux.

Le farouche réformateur Ridley, qui se trouvait être son évêque, lui rendit visite à sa résidence. Tout alla bien jusqu'au moment où le visiteur offrit de prêcher dans la chapelle du château. Marie lui répondit que l'église de la paroisse voisine lui était ouverte, mais que ni elle, ni sa maison, ne seraient parmi ses auditeurs. Ridley se reprocha plus tard d'avoir accepté des rafraîchissements dans la demeure d'une papiste, au lieu de secouer sur le seuil la poussière de ses chaussures, suivant le précepte de l'Evangile.

Somerset, succombant une deuxième fois sous les intrigues de Warwick, devenu duc de Northumberland, avait été envoyé à la Tour, le 16 octobre 1551, avec quelques autres seigneurs de haut rang, en particulier, lord Grey, le comte d'Arundel, sir R. Vane et la duchesse de Suffolk. Warwick le fit accuser d'avoir voulu le mettre en prison pour s'emparer du grand sceau, de la Tour, et déposséder le jeune roi. Somerset implora l'assistance de son ancien secrétaire et obligé. William Cécil, maintenant secrétaire d'Etat, qui lui répondit très froidement. L'accusé se défendit pendant neuf heures et demanda vainement à être confronté

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