‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 143 sur 253 · LE DEUXIÈME L1VBE DE LA COMMUNE PRIÈRE · texte numérisé non relu

LE DEUXIÈME L1VBE DE LA COMMUNE PRIÈRE

avec ses accusateurs, dont quelques-uns avaient parlé contre lui après avoir été soumis à la torture. 11 fut acquitté de l'accusation de trahison mais condamné pour félonie à être pendu. Comme il sortait du tribunal , le peuple qui l'aimait, croyant à son acquittement, l'accueillit par de formidables acclamations. Il fut décapité à Tower Ilill, le 22 janvier 1552. Son rival Warwick restait, sans conteste, maître du royaume.

Somerset était moins radical que Warwick ; il aurait permis à Marie de garder la messe latine, tandis que Warwick était heureux de l'interdire pour arriver à brouiller le frère et la sœur. Appuyé sur la France, avec qui il avait conclu un traité, il ne craignait pas de froisser l'empereur qu'il savait incapable de faire accepter par les protestants allemands l'Intérim promulgué en mai 1548. Warwick créa de nouveaux titres nobiliaires pour ses amis. Lord Paget se tailla un titre dans les dépouilles de l'évêché de Coventry et Lichfield ; Gates et Darcy devinrent brusquement très riches. Les membres du conseil et leurs amis, d'après les documents officiels, s'approprièrent pour 452.418 livres sterling, qui en vaudraient aujourd'hui 5.000.000, des dépouilles des monastères, des collèges et chapelles particulières É.

6. — Les théologiens étrangers et le deuxième Livre de la Commune prière.

Le Book of common prayer de 1549 était à peine sorti des presses, que Cranmer songeait déjà à le reviser, parce que les réformés allemands et suisses

1. State papers of Edward VI, Domcstic, t. XIX. A registrar of ail, g if ts exchanges and purchases of Crown lands inevery year of King Edward" s reign.

ne l'aimaient pas, le trouvant trop conservateur. C'était l'opinion de Bucer, de Pierre Martyr, deFagnis et de quelques protestants français, réunis le 26 avril 1549 au palais archiépiscopal de Lambeth. Cranmer publia un traité pour défendre sa nouvelle conception du sacrement de l'Eucharistie 1. Gardiner, de sa prison, trouva moyen de lui répondre2; sa réponse, calme et digne dans la forme, blessa au vif Cranmer, parce que l'évêque déposé avait affecté de croire que le primat d'Angleterre ne pouvait pas être Fauteur d'une hérésie si contraire à ses opinions connues sur l'Eucharistie. Le primat répliqua par « Une réponse à la chicane insidieuse et sophistique composée par Etienne, jadis èvêque de Winchester, contre la vraie et bonne doctrine sur le très saint Sacrement. Ce titre donne le ton du pamphlet où Cranmer attaquait le dogme de la Transsubstantiation.

Jamais l'Église d'Angleterre n'avait subi avec tant de docilité les influences étrangères. Somerset avait établi dans l'ancienne abbaye de Glastonburv3 une colonie de calvinistes venus de Strasbourg. Ils y installèrent des filatures qui ne prospérèrent pas, parce que les gens du pays leur étaient très hostiles. A Oxford. Pierre Martyr marquait sa puissance en faisant emprisonner, pendant vingt mois, le docteur Chedsey, son adversaire dans la grande discussion sur l'Eucharistie. Le docteur White, gardien du collège de AYinchester, pour avoir publié un écrit contre l'ami de Cranmer, fut jeté en prison et y resta jusqu'à la fin du règne.

i. Le titre du livre est : A défense of the true <iwl Catholic Doctrine.

2. Le traité de Gardiner est intitule : An explication and assertû n of the true catholic faith touching the tnost blessed sacrement <>/' the altar, with a confutation of a booJc written <i</<iiitst die $ame* Strtpe, Ecclesiastical mémorial*, i. m. p. >ts.

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