‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 144 sur 253 · LE DEUXIÈME LIVRE DE LA COMMUNE PRIÈRE · texte numérisé non relu

LE DEUXIÈME LIVRE DE LA COMMUNE PRIÈRE

Au commencement de l'année 1551, Calvin reprochait au primat sa lenteur et sa modération; il se passait en Angleterre des choses abominables, disait-il . puisqu'on y chantait encore les vêpres en latin, et il l'engageait à demander conseil à son ami P. Martyr. Cranmer, dans sa réponse, pria Calvin d'exhorter Edouard VI à persévérer dans la bonne voie. Le pape de Genève envoya en effet au prince une lettre d'avis et d'exhortations *. Le pauvre petit roi n'avait pas besoin de ce renfort de prédication. Les réformateurs les plus fougueux prêchaient chaque dimanche en sa présence, et le conseil avait décidé que tout ecclésiastique promu à un bénéfice important ferait un sermon devant sa Majesté.

L'enfant était couvert de louanges par tous les réformés de l'Europe. Martin Bucer certifiait à Calvin, le 15 mai 1550, que le prince s'absorbait de plus en plus dans la lecture delà Bible; dix jours après il ajoutait : « Le roi exerce toute sa puissance pour la restauration du royaume de Dieu. » P. Martyr lui rendait le même témoignage et un protestant français, Burgoyne, écrivant de Londres, le 4 décembre 1550, disait à Calvin que le roi, dans une interview récente, lui avait posé beaucoup de questions sur la doctrine de Genève, Knox, le plus farouche de tous ces réformés, écrivant plus tard ses souvenirs de prédicateur de la cour, constate qu'Edouard VrI était admirablement disposé en faveur de la vérité , c'est-à-dire des doctrines calvinistes.

Ainsi, les réformés allemands et suisses tenaient le roi, Cranmer et ses principaux collègues. Pierre Martyr, dans une lettre écrite de Lambeth à Bucer, le 10 janvier 1551 a, l'informait que le primat avait

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