‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 154 sur 253 · LES DKIUJTS DU RÈGNE · texte numérisé non relu

LES DKIUJTS DU RÈGNE

parce qu'on lui avait arraché une démission qu'il ne voulait pas donner. Ridlcy fut enfermé à la Tour ; Ponet se cacha ; Coverdale et Ilooper firent connaissance avec les prisons de Londres.

Gardiner et sir John Mason, nommés chanceliers des universités de Cambridge et d'Oxford, rétablirent, par ordre delà reine, les anciens règlements et le culte catholique romain '. Unréforméa décrit lajoie quel'avènement de Marie, suivi, le 20 août, de la restauration de la vieille religion, causa à Oxford 2 : « Les papistes qui ont toujours souhaité ce jour tant désiré, sortirent comme du tombeau leurs ornements, calices et commencèrent la messe sans retard. En cela, nos gens d'Oxford étaient à l'avant-garde et je dois vous donner sur eux quelques explications. A la proclamation de lady Jane, ils ne montrèrent que du chagrin. A l'avènement de Marie, même avant qu'elle ne fût proclamée à Londres et quand l'événement était encore douteux, ils n'épargnèrent rien pour montrer leur joie. D'abord, ils firent tant de bruit en battant des mains qu'il me semble que les oreilles m'en tintent encore ; puis ils firent des souscriptions volontaires auxquelles les plus pauvres eux-mêmes prirent part et s'exhortèrent mutuellement à soutenir la cause de Marie; enfin, à la nuit, ils eurent une fête publique et menacèrent tous les évangélistes des flammes, de la pendaison, du gibet, de la noyade. »

En réalité, les catholiques furent plus modérés que n'avaient été les réformés à l'avènement d'Edouard VL Quelques professeurs furent expulsés des collèges : le vice-chancelier Coxfut remplacé, et Pierre Martyr privé de sa chaire. Après être reslé six semaines enfermé dans ses appartements, il se rendit auprès de Cranmer, à

\. Ellis, Original letters, 2e série, t. Il, p. 234.

2. Robinson, Original letters. Tércntianus à John ab Ulmis (20 nov. 1553), t. I, p. 371.

Londres. La reine lui accorda un passeport conçu en termes très honorables et il partit librement pour Anvers, en route pour Strasbourg. Les protestants français eurent la permission de s'en aller avec une lettre de recommandation pour le maire de Douvres. Jolm à Lasco fut prié de quitter le royaume avec ses fidèles. Ils s'embarquèrent, au nombre de 175, sur deux vaisseaux. Le Danemark les repoussa comme des « martyrs du diable », à cause de leurs opinions sacramentaires. Us finirent par trouver un refuge dans la Frise. La colonie installée à Glastonbury par Somerset, reçut aussi ses passeports. Gardiner leur fournit des vivres comme il avait fait pour les partisans de John à Lasco.

Cranmer fit une apparition à la cour dans la seconde moitié du mois d'août. On parlait alors de le déposer et de le rendre à la vie privée avec une pension. Le 27, il parut, par procureur, devant le tribunal chargé de reviser le procès de Bonner. Le président lui donna tous ses titres. Le conseil, à ce moment, lui faisait demander l'inventaire de ses biens afin de fixer le montant de sa pension. A ce moment. Cranmer fit un éclat qui changea les dispositions bienveillantes des ministres à son égard. Le bruit circulait que la messe avait été rétablie à Cantorbéry par son ordre, et qu'il avait promis de lacélébrer devant la reine. Poussé par les uns, en particulier par P. Martyr, flatté parles autres, Cranmer écrivit * une violente proclamation dans laquelle, après avoir protesté contre les bruits qui circulaient, il offrait de prouver, avec l'assistance de Pierre Martyr et de quelques autres théologiens, que la Cène instituée par le liook ofcommonprayer était plus conforme aux désirs du Christ que la messe toute remplie « d'horribles sacrilèges ».

i. co\. Remains ofarchbishop Cranmer, t. i. p. M8.

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