Le pouvoir royal sous Henri VIII
L'avènement de Henri VIII, en 1509, avait comblé de joie et d'espérance les réformateurs d'Oxford; le jeune prince était leur ami. Il nomma Colet prédica-
BIBLIOGRAPHIE. — Les recueils de documents et les livres dont le titre est donné en abrégé ou qui ne sont pas suivis de l'indication du lieu et de la date de publication ainsi que du nombre de volumes dont se compose l'ouvrage ont été signalés déjà dans la Bibliographie générale ou en tête du chapitre Ier. Le lecteur qui consulterait la bibliographie des chapitres suivants est prié de se souvenir de la présente remarque.
Documents : Letters and papers..., Henry VIII, tomes I à IV. — Ca~ lendar of State papers, Spanish, I à IV. — Calendar of State papet\<. nctian, I à IV. — Voir pour la fin du règne de Henri VII, la chronique de Bernard André, historiographe du roi : Bernardi Andreœ Tholo> Vitaregis Henricii VII, édition J. Gairdner, Rolls séries, Londres, 1858 et Historia anglicana de Polidore Vergil, éd. Ellis, Londres, 1846, i°. — Les lois de Henri VII et Henri VIII sont dans Statutes of the realm,l. 111.
Livres : A consulter pour les détails de l'histoire générale et constitutionelle J. Gairdner, Henry VII, Londres, 1889, 8°. — Buscn, Englanâ tinter den Tudors, Sttutgart, 189-2, 8°; Hallvm, Constitutional history of England, t. I; Londres. — Brewer, Reign of Henry VIIL t. I. — Pour les relations entre l'Église et l'État, voir Maitland, Roman canon Lav in the Church of England, Londres, 1898, 8°, et Latiiblry, History of Convocation, éd. 4853, t. i à iv.
Sur Le cardinal Wolsey, consulter : Cavkndish, secrétaire du cardinal The Life of cardinal Wolsey, éditée en 1641. On se sert de l'ed. singer, Chiswick, t s j:i. i vol., 8°. Brscn, DreiJàhre englischer Vermittlungsp< litik /."wv /:.>/, Bonn, 1884, 8°; du même auteur, CardinalWolsey und die lisch-Kaiserl che Allianz [18»), Bonn, 1886,8°; Friedmax, Anne Bo- , Londres, l vol., L884. De très nombreux document! Bur Wolsey se trouvent dans les Calendars cités plus haut et aussi dans les Fœa\ ra de
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leur de la cour, More fut sous-shériff de Londres. Krasme, professeur à Cambridge. Leurs amis communs recevaient tous des charges honorables tandis qu'une faveur si marquée attirait au petit groupe le s sympathies actives de plusieurs évêques.
Le nouveau roi, qui avait à peine dix-neuf ans, était populaire parce qu'il était beau, jeune, très adroit à tous les sports et dépensait largement le trésor amassé par son père. Il avait reçu une excellente éducation : Érasme, qui l'avait vu à l'âge de neuf ans, avait été étonné de la précocité de son intelligence. Sébastian Gustinian, qui représenta auprès de lui la République de Venise, de 1515 à 1519, en a tracé le portrait suivant, au retour de son ambassade ! :
« Henri était âgé de vingt-neuf ans et beau, plus beau que n'importe quel autre prince de la chrétienté, beaucoup plus beau que le roi de France (François Ier). Il était blond et tout son corps était admirablement proportionné. En apprenant que François Ier portait la barbe, il a laissé grandir la sienne et, comme elle est rougeâtre, il a maintenant une barbe qui ressemble à de l'or. Il est très accompli ; bon musicien et bon compositeur, excellent cavalier et remarquable jouteur; il parle bien français, latin et espagnol. Il est très religieux et entend trois messes chaque jour quand il chasse et parfois cinq les autres jours. Il assiste en outre tous les jours à l'office, c'est-à-dire aux vêpres
Rymer, t. VL Sur l'affaire Hunne, consulter Hall, Chronicle, très documenté, mais extrêmement partial en faveur des hérétiques; More, Dialogue and Supplication of soûls (English Works, pp. 23o-2i0, -297-299) ; Foxe, Acts and Monuments, 1. 1 ; Joumals of the House of Lords, t. I. pp. 38, 39, 41. Foxe donne de nombreux détails sur les 37 hérétiques et spécialement sur Garret. J. Gairdner a critiqué son témoignage dans The english church, chapitres m et iv. Sur Tyndale et son Nouveau Testament voir DEMAUs,L//eo/T#>icfate,éd.Ix)vett,Londres,1886,80.— Elus, Original let* ters,lTQ série, tome II, pp.71, 76, 86-9-2.— Lire, dans The Dictionary of National Biography, les notices sur Foxe, Warham, YYolsey, BARNEset Tyndale. 1. Calendar of State paper, Venetian, t. II, n° 1287, p. 559.
et complies. dans la chambre de la reine. 11 aime beaucoup la chasse et ne se livre jamais à ce divertissement sans fatiguer huit ou dix chevaux qu'il faut placer dans les endroits où il doit passer. Quand l'un est fatigué, il en monte un autre et avant qu'il ne revienne chez lui, tous sont épuisés. 11 aime extrêmement le tennis et c'est la plus belle chose du monde que de l'y voir jouer... »
Henri allait régner sur un pays si profondément bouleversé par la guerre des Deux-Roses que son père avait pu y établir insensiblement un gouvernement absolu. La volonté du jeune roi ne devait pas, pour son malheur et celui de l'Angleterre, rencontrer de contrepoids capables de lui faire échec. La haute noblesse, dont le rôle historique avait consisté, pendant des siècles, à contenir le pouvoir royal dans des limites raisonnables, avait presque entièrement disparu dans les tueries des guerres civiles. Elle tenait ses richesses et son importance politique de ses immenses possessions territoriales; elle était, par tradition, très indépendante à l'égard de la couronne et dévouée à l'Église de Rome. L'Angleterre lui doit les merveilleuses cathédrales qui sont, aux yeux de bien des étrangers, sa plus belle parure; elle lui devait des centaines de monastères qui allaient disparaître.
Une nouvelle aristocratie, très différente de la précédente, avait commencé à prendre de l'importance sous Henri VII. Elle remplissait, auprès du roi, des fonctions domestiques personnelles que l'ancienne noblesse aurait dédaignées. Les charges de secrétaire, de chambellan, d'écuyer, de valet de chambre, certaines fonctions des cuisines royales, étaient, sinon l'unique, du moins, le meilleur chemin pour arriver à la richesse et aux distinctions. Cette noblesse, sortie des classes moyennes de la société, était incapable de