LA RÉCONCILIATION DU ROYAUME A HOME
fermée; la loi qui, sous Henri VIII, l'avait banni pour crime de haute trahison n'ayant pas été rapportée. Au
mois de septembre 1554. le cardinal, qui cherchait depuis une année entière à pénétrer dans sa patrie, perdit patience et écrivit à Philippe II, mari de la reine, une longue lettre de reproches. L'ambassadeur espagnol vint conférer avec lui à Bruxelles. Il y avait une grosse difficulté qui faisait craindre à la noblesse la venue du légat : c'était la question des biens ecclésiastiques volés sousles deux derniers règnes. Pôle pensait, avec la reine, que c'était un devoir pour chacun des acquéreurs de ces biens de les restituer progressivement dans la mesure du possible.
On jugea à Rome que l'Eglise, pour ramener à la foi catholique tout un royaume, pouvait faire l'abandon des biens qu'on lui avait injustement pris. Pôle fut autorisé formellement à déclarer que les acquéreurs des biens ecclésiastiques ne seraient pas inquiétés1. Cette déclaration leva les dernières difficultés. Les députés, tranquillisés pour leurs intérêts matériels, rapportèrent la loi de Henri VIII contre Pôle que deux membres du conseil reçurent mission daller prendre à Bruxelles.
Accueilli2 à Calais par des salves d'artillerie, au milieu d'une réception splendide, il arriva à Douvres après trois heures de traversée. A Rochester, un message de la reine l'invita à continuer son voyage en sa qualité de légat. Une députation de nobles vint l'informer, le 24 novembre, à Gravesend, que le parlement avait abrogé la loi portée contre lui. Le surlendemain il arriva, par la Tamise, au château royal, où Fat tendait une chaleureuse réception. Le 28 novembre, les membres du parlement se rendirent au palais royal. Le
1. Tytleu, England undcr thcrcigns of Edward VI, t. II, p. 446.