Wilkins, Concilia, t. IV, p
légat les informa de l'objet de sa mission. Le lendemain, ils rédigèrent une pétition à la reine où ils la priaient de les réconcilier avec Rome par l'intermédiaire du cardinal, promettant d'abroger toutes les lois contraires au Saint-Siège.
Aux Lords, la pétition fut adoptée à l'unanimité; à la chambre des Communes, un membre vota contre et un autre s'abstint1. Le 30 novembre, fête de saint André, après une messe solennelle à Westminster, les deux chambres se rendirent au palais. On avait dressé trois trônes. La reine était sur celui du milieu, Pôle à sa droite et Philippe à gauche. Le chancelier lut la pétition à genoux. Le roi et la reine prièrent le légat d'absoudre les Anglais de leur long schisme. Les membres du parlement se levèrent comme pour joindre leurs supplications à celles du couple royal. Pôle les prévint en faisant lire par un secrétaire la bulle qui lui conférait les pouvoirs nécessaires, puis, seul debout au milieu de l'assistance agenouillée, il prononça d'une voix claire la formule d'absolution. Les assistants s'embrassèrent et on chanta le Te Deum.
Au soir du même jour le légat expédia au pape le compte rendu de l'événement. Jules III prescrivit quatre jours de prières, trois jours de jeûne et un jubilé, en signe de joie ; le roi de France fit célébrer des services d'actions de grâce dans son royaume. Le 2 décembre, le cardinal, répondant à une invitation de la Cité, se rendit à Saint-Paul où l'on célébra une messe solennelle en présence de toute la cour. Gardiner prononça un grand discours sur le texte tiré de saint Paul, Epttre aux Romains, xm, 11 : « Maintenant il est grand temps de sortir de notre sommeil. » 11 annonça au peuple ce
1. Journal of Ihe House ofCommons, 97 novembre; Chronicle of queens Jane and Mary, Elder's Ici 1er. p. I jï.