‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 173 sur 253 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

1. — Renouvellement des lois contre l'hérésie et examen des prédicateurs emprisonnés ; premières victimes.

Marie régnait depuis une année et demie et personne n'avait été mis à mort pour ses opinions religieuses. Mais pendant tout ce temps, les hérétiques et les traîtres, faisant cause commune, avaient essayé de chasser la reine de son trône. Cette suite non interrompue de complots inquiétait le conseil. Ses membres savaient que la reine détestait la persécution, qu'elle désirait punir les hérétiques sans rigueur excessive. Ils parvinrent à la persuader qu'il était nécessaire de faire revivre les lois de Richard II, Henri IV et Henri V contre les hérétiques parce qu'ils étaient extrêmement dangereux pour la tranquillité de l'État. Ces lois punissaient du bûcher le crime d'hérésie. Ceux qui priaient pour la mort de la reine étaient coupables de trahison.

BIBLIOGRAPHIE. — Documents : Ceux du chapitre précédent et : Les rapports de l'envoyé vénitien Michiel {Calendar of State papers, Venetian, t. V) sont particulièrement intéressants, de même que ceux du Fore ign Calendar. — Acts of the privy Council, t. V, VI; Strype, Ecclesiastical memorials, t. III. — Wilkins, Concilia, t. IV. — Cranmer, Recantacyons, Londres, 4885, 4°. — Strype, Memorials of Cranmer , Londres, 1694, 8°. — Wake, State of the Church, t. I, p. 496-499.

Livres : L'article sur la reine Marie dans le Dictionary.of National Biography est excellent. — R. Edfn, The examinations andwritings of John Philpot, Cambridge, 184-2. 8°.— R.TOWNSEND, The writings of John Bradford, Cambridge, 1848-53, 8°. — Qukini, Reginaldi Poli cardinalis et aliorum ad ipsum cpistolœ, Brixia*, 174i-57, 5 vol. 4°. — Pôle, Reformata angliœ et decretis Reginaldi Poli cardinalis, Roma, 1562, pièce, 4°. — Friedmann a publié dans leur texte italien les dépêches de Michiel, ambassadeur de Venise à Londres. Elles sont del558àl5i>4, Venise, 1861), 8°. — Clifford, Jane Donner, duchessof Feria, éd. Stevenson, Londres, 1887, 8°. — W. H. Frère, The Marian reaction in ils relation to the English clcrgy, Londres, 1896, 8°.

r.a chambre des Communes vota, sans grande opposition, le renouvellement de ces actes. Les Lords n'aimaient pas le projet parce qu'il donnait trop d'autorité aux évêques. Ils l'approuvèrent cependant le 18 décembre 1554 f.

La loi entrait en vigueur le 20 janvier 1555. Les prisonniers, qui étaient au courant de ce qui se tramait contre eux, essayèrent de se réconcilier sur le terrain doctrinal. Ils ne purent y parvenir : Ridley et Hooper conservaient les grands principes exposés dans le deuxième Book of common prayer, tandis qu'un groupe plus compact, à tendances pélasgiennes, repoussaient les infiltrations calvinistes qui avaient envahi l'Église d'Angleterre pendant les dernières années d'Edouard VI,

Le 22 janvier, une commission composée d'évêques et de membres du conseil, sous la présidence de Gardiner, fit comparaître devant elle dix prédicateurs renfermés à Newgate et formellement accusés d'hérésie. Ils parurent, un à un, devant les commissaires qui se bornèrent, ce jour-là, à leur demander s'ils voulaient accepter le pardon de la reine, la bénédiction du cardinal, et l'autorité du pape.

L'interrogatoire des accusés sert parfois à nous éclairer sur les circonstances qui amenèrent la rupture des relations avec Rome, sous Henri VIII. Aux questions du chancelier, John Rogers, marié et père de onze enfants, répondit qu'il n'était jamais sorti do l'Eglise catholique, 'tout en refusant d'accepter léveque de Rome comme chef de l'Église. Il avait, il est vrai, reconnu l'autorité d'Henri VIII, mais non en matière spirituelle, à l'exemple de tous les évèques du royaume. Gardiner répondit que, sous Henri VIII, le parlement avait été

1. Statutes of the realm, 1 et 2. Phil. and Mary, Chap. ix, x,p. -loi et Papiers d'État de Granvelle, t. iv, p. 3*7.

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