Wilkins, Concilia, t. IV, p. 13G
server le bien d' autrui et les chargea de s'entendre, sur ce point, avec Pôle. Les titres des particuliers, acquéreurs de biens ecclésiastiques, n'étaient pas mis en cause. Les ambassadeurs envoyés à Rome firent part au pape des intentions de leur souveraine. Paul IV approuva hautement cette pensée et remit aux envoyés trois bulles qui devaient être publiées en Angleterre. La première renouvelait le jubilé accordé par Jules III en l'honneur de la réconciliation : la deuxième érigait en royaume l'Irlande, sur laquelle une certaine suzeraineté avait été accordée par le Saint-Siège à Henri IL La troisième déclarait que l'Eglise n'admettait pas la validité de l'aliénation des biens ecclésiastiques. Cette dernière bulle, qui ne s'adressait pas spécialement à l'Angleterre, causa beaucoup d'inquiétudes aux acquéreurs des dépouilles des monastères. Le pape, à la prière de Pôle, dut déclarer qu'elle ne s'appliquait pas aux sujets de la reine.
Un hérétique, resté inconnu, s'empara de cette troisième bulle pour en faire l'argument principal d'un « Avertissement à l'Angleterre ». C'était un pamphlet, perfide et mensonger, dirigé contre le gouvernement de la reine. Il insinuait, malgré les explications données par le pape, le conseil, les évêques et les prêtres, que la bulle s'appliquait particulièrement à l'Angleterre ; que les autorités n'attendaient que le moment propice pour brûler les acquéreurs de biens d'Eglise, après les avoir forcés à rendre gorge. L'auteur peignait les Espagnols sous les couleurs les plus défavorables et osait écrire que Philippe allait se débarrasser de sa femme par le poison, afin d'épouser la fille du roi de Portugal. Le maire de Londres fit saisir tous les exemplaires de ce factum. Le conseil, de son côté, ordonnait aux juges de paix de surveiller les hérétiques dans chaque paroisse; la reine faisait la même re-