DERNIERES VICTIMES PARMI LES HÉRÉTIQUES
souffrances furent très abrégées par l'explosion de la sacoche remplie de poudre que, par humanité, on attachait au cou des condamnés1.
Le jourmême où Cranmer était brûlé à Oxford, Pôle, son successeur sur le siège archiépiscopal de Cantorbéry, ordonné prêtre de la veille, célébrait sa première messe. Le lendemain 22 mars, il recevait la consécration épiscopale.
4, — Les dernières victimes parmi les hérétiques et les exilés pour opinions religieuses.
Le supplice de Cranmer n'arrêta pas la persécution. La loi condamnait les hérétiques à mourir parle feu et il était impossible au gouvernement de fermer les yeux, parce que les novateurs étaient, en même temps, des traîtres qui conspiraient contre la reine. Quand un comté était plus particulièrement signalé pour le nombre et l'importance de ceux qui méprisaient la religion catholique, le conseil chargeait une commission, généralement composée de laïques et présidée par un évêque, défaire une enquête. Les commissaires devaient saisir les écrits séditieux, réprimer les désordres dans les églises et les vols d'ornements qui s'y commettaient, noter ceux qui refusaient obstinément de prendre part aux cérémonies de l'Eglise, enfin, punir les personnes qui répandaient des bruits malveillants contre la reine2. Au mois de février 1557, le gouvernement essaya d'établir, à Londres, sous la présidence de Bonner, une commission centrale, investie de pouvoirs plus étendus, et à laquelle les commissions provinciales devaient réserver les affaires difficiles. L'essai ne réussit pas; aucun évêque n'envoya ses diocésains au tri-