Paul IV, la reine et le cardinal Pôle
La reine, souffrante et privée de son mari1, passa presque toute l'année 1556 à Greenwich, dans la solitude. Elle essayait d'oublier ses propres souffrances en compatissant à celles des pauvres avec la plus exquise délicatesse, quand la découverte d'une conspiration vint jeter l'alarme à la cour, la veille même de Pâques. Sir Henry Dudley et quelques traîtres avaient résolu de mettre le feu à Londres, de s'emparer du trésor public et de Marie, avec l'aide des Français, à qui on offrait, comme récompense, l'île de Wiglit. La couronne devait être donnée à Elisabeth qu'on marierait à Edouard Courtenay. La conspiration échoua et la France donna asile aux rebelles qui échappèrent ainsi au châtiment. C'est également de l'embouchure de la Seine que Sir Thomas Safford partit, l'année suivante, avec deux vaisseaux, afin de surprendre le château de Scarborough. Fait prisonnier, il mourut de la mort des traîtres.
Le 20 mars 1557, Philippe, empereur de toutes les Espagnes par la retraite volontaire de son père, arriva à Greenwich. En guerre à ce moment avec Henri II, il venait demander à l'Angleterre de se déclarer contre la France qui, en donnant ouvertement asile aux conspirateurs anglais, avait fait acte d'hostilité contre le gouvernement de la reine. Celle-ci accéda aux désirs de Philippe et envoya un corps de 8.000 hommes dans les