‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 188 sur 253 · Noàilles, Ambassades, t. V, p · texte numérisé non relu

Noàilles, Ambassades, t. V, p

Pays-Bas. Pôle et une partie du conseil étaient opposés à la guerre, mais les événements étaient plus forts qu'eux.

Cette alliance de l'Angleterre et de l'Espagne contre la France fut l'origine de graves difficultés entre la reine Marie et le Saint-Siège, difficultés qui assombrirent encore les derniers mois de son règne. Le cardinal Caraffa, pape depuis 1555, sous le nom de Paul IV, avait été choisi, malgré ses quatre-vingts ans, à cause de l'austé j rite de sa vie et de son zèle à promouvoir les réformes urgentes. Il haïssait doublement l'Espagne : en sa qualité de napolitain, il se souvenait que Ferdinand d'Aragon avait enlevé l'indépendance à sa patrie, et brûlait de la lui rendre; enfin, durant sa longue carrière d'homme d'Eglise, il avait été témoin des procédés indignes de Charles-Quint à l'égard des papes et il désirait libérer le Saint-Siège de cette lourde tutelle. Il fut ainsi amené à se ranger du côté de la France contre l'Espagne. Le but que le pape se proposait était louable, mais il ne disposait pas des moyens nécessaires pour l'atteindre.. Il en fit très vite l'expérience; en septembre 1556, une armée espagnole, sous les ordres du duc d'Alva. cerna la Ville éternelle et Paul IV dut conclure une trêve.

Quand, au printemps de 1557, la guerre eut été déclarée entre l'Angleterre et la France, la situation de Pôle devint très délicate. Il ne pouvait pas, lui légat du Saint-Siège, paraître à la cour de Philippe, ennemi du pape. Retiré à Cantorbéry, il ne fit qu'une visite privée et presque secrète au mari de la reine. Paul IV ne lui tint aucun compte de sa conduite prudente et digne. Mal informé des affaires anglaises, il reprochait au légat d'avoir laissé Philippe prendre de l'influence sur Marie et de n'avoir pas ramené complètement l'Angleterreà l'Église romaine. Le pape, d'autre

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