Actsof (lie Privy Council, t. VI, pp
-2. Statutes of the realm, ï et 3, Phil.and Mary, chap. xxur, p. 837.
X Wilkins, Concilia, t. IV, p. 170.
\. Hoi .iNsiiKD, Chronicle,t. ni, p. ii60.
3i6 REG.NE DE MARIE.
dont Baie, « à la bouche remplie d'injures », F avait qualifiée, sont restées dans la mémoire du peuple anglais» Les historiens, Foxe, Speed, Strype, Rapin, tous protestants et ses contemporains, l'ont accusée d'avoir été cruelle, vindicative, d'avoir pris plaisir à verser le sang des innocents. Les auteurs plus récents, Hume, Hallam, Froude ont presque entièrement pris à leur compte ce verdict. L'opinion publique, impressionnée par le spectacle des 300 hérétiques dont elle a sanctionné la mort et dont quelques-uns montèrent sur le bûcher, en riant et en plaisantant, par bravade, a accepté le jugement des historiens cités plus haut, oubliant les années de persécutions mesquines et illégales qu'elle-même avait subies. Cependant, il s'est trouvé, à la fin du xvie siècle, des écrivains, également protestants mais moins passionnés que les précédents, qui l'ont jugée avec plus de justice. L'historien Camden (1551-1653), le théologien Fuller (1608- 1661), l'évêque Godwin (1562-1633), avouent qu'elle fut sincèrement pieuse, charitable et miséricordieuse. . La publication des papiers d'Etat et des correspondances des ambassadeurs étrangers, achevée depuis quelques années, a été bonne pour sa mémoire. Ces documents nous montrent la reine gouvernant son royaume, pendant une année et demie, sans verser une goutte de sang. Quand les réformés, mêlant la politique et la religion, eurent provoqué des révoltes dont le but réel était de la détrôner pour installer de nouveau la religion d'Edouard VI, elle se résigna à regret et après avoir épuisé tous les autres moyens, à adopter une politique de rigueurs envers les hérétiques. Son éducation et l'exemple de son père l'avaient portée à croire à l'efficacité de ces mesures. La plupart de ses victimes ne se plaignirent pas de leur sort, parce que, si elles avaient disposé du pouvoir, elles l'auraient fait servir à