‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 192 sur 253 · JUGEMENTS DES HISTORIENS SUR LA REINE MARIE · texte numérisé non relu

JUGEMENTS DES HISTORIENS SUR LA REINE MARIE

écraser les catholiques. C'est ce que fera Elisabeth.

Les documents officiels prouvent que Marie eut le respect de cette légalité, que son père et son frère avaient méconnue, du commencement à la fin de leur règne. Elle se permit, une seule fois, d'y porter atteinte, dans un moment de détresse extrême ; ce fut dans les mesures financières prises après la chute de Calais. La restauration de l'Eglise catholique lui tenait si fort au cœur qu'elle eût désiré la réaliser entièrement dès les premiers jours de son règne, il est remarquable de constater qu'elle ne fit rien sans avoir obtenu la sanction du parlement.

Elle avait une haute idée de la justice. En janvier 1554, en investissant le juge Morgan, d'une des plus hautes fonctions judiciaires de son royaume, elle lui disait1 : « Je vous ordonne d'appliquer la loi et la justice impartialement, sans acception de personnes et malgré la vieille erreur répandue parmi nous qui refuse d'admettre aucun témoignage ou aucune plainte en faveur de l'adversaire, quand la couronne est une des parties. (Test mon bon plaisir que tout ce qui peut être produit en faveur de l'adversaire de la couronne soit admis et entendu. Vous devez siéger non pas comme mes avocats, mais comme des juges impartiaux entre mon peuple et moi. »

Le règne de Marie aboutit à un échec. C'est l'impression que laisse la lecture des documents officiels, et surtout des dépêches écrites par les ambassadeurs de France et de Venise, deux puissances catholiques qui. par une vraie ironie du sort, furent amenées, par le jeu de la politique européenne, à contrecarrer activement les efforts d'une princesse catholique dentelles auraient dû être les soutiens naturels. Le mariage espagnol, en

Page 1