‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 198 sur 253 · Cal. of State papers, Ycnctlan t. VI, n · texte numérisé non relu

Cal. of State papers, Ycnctlan t. VI, n

çant qu'elle n'avait pas l'intention de rien changer à ce qui avait été ordonné et établi par la reine sa sœur, désirant que tous se conforment à sa volonté. Ainsi, on n'aperçoit aucun changement dans les églises, et les moines et les prêtres qui fréquentent Londres n'ont été l'objet d'aucune insulte et Sa Majesté continue comme auparavant d'entendre la messe... » Un observateur plus perspicace, l'envoyé espagnol Feria, notait, deux jours auparavant, que la reine « prenait chaque jour davantage position contre la religion ».

C'était Feria qui avait raison; les indices de grands changements se multiplièrent bientôt. Le 27 novembre Christopherson, évoque de Chichester, prêchant à Saint-Paul, réfuta les doctrines hérétiques du docteur Bill, chapelain de la reine, qui avait parlé dans la même chaire, le dimanche précédent. L'évêque fut envoyé en prison. Le 10 décembre, les funérailles de Marie eurent lieu à Westminster, selon le rite romain; le 14, on célébra en son honneur une messe de Requiem. White, évêque de "Winchester, prononça le panégyrique. Il prit pour texte les paroles de la sainte Ecriture : « Je loue les morts plus que les vivants », établit une comparaison entre ceux qui restaient fidèles à L'Eglise du Christ et ceux qui se tournaient vers l'Église de Calvin, exhorta les pasteurs à avertir leur troupeau que les loups accouraient de Genève, et termina par une comparaison entre Marie, dont il faisait un grand éloge, et la nouvelle reine, qui lui inspirait des inquiétudes en matières religieuses. Le discours n'était peut-être pas très adroit, il était courageux et coûta la liberté pendant plus d'un mois à son auteur1.

Nouvel incident caractéristique le jour de Noël. L'évêque Oglethorp devait célébrer la messe en présence

t. .1(75 of ihc Privy Council, t. vu. p. I ,

de la reine. Elle lui envoya, auparavant, l'ordre de ne pas élever l'hostie à la consécration. L'éveque refusa d'une manière ferme et respectueuse; Elisabeth se retira après l'Evangile. Les jours suivants, la messe fut dite par des chapelains royaux et la reine y assista jusqu'au bout, parce que les célébrants successifs n'élevèrent pas l'hostie consacrée. Le môme jour, une bande conduite par deux savetiers envahit l'église italienne puis l'église française, et les deux chefs y prononcèrent des harangues contre la reine défunte, le cardinal Pôle et la doctrine catholique.

La police avait laissé faire. Le 27, une proclamation du conseil1 défendit toute prédication, mais permit la récitation en anglais du Credo, du Pater et des litanies, autorisa aussi la lecture en anglais de l'épître et de l'évangile de la messe. Les luthériens, sous Edouard VI, avaient inauguré leurs innovations par une proclamation semblable. Elisabeth solennisa d'une étrange façon la fête de l'Epiphanie. « Vous aurez entendu parler, écrivait l'ambassadeur vénitien2, de la farce qui a été jouée en présence de Sa Majesté le jour de l'Epiphanie. Comme je n'ai pas assez d'esprit pour l'expliquer pas plus que la mascarade jouée après souper, le même jour avec des corbeaux vêtus en cardinaux, des ânes habillés en évêques et des abbés représentés par des loups, je la passerai sous silence de même que les changements opérés au rituel dans la chapelle de Sa Majesté, avec les litanies anglaises, qui laissent de côté la Sainte Vierge, tous les saints, le pape et les défunts. Je ne parlerai pas davantage des légèretés et de l'extraordinaire dérèglement des mœurs de la cour, dans les danses et les banquets, ni des mascarades de moines, dans les rues de Londres. »

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