‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 199 sur 253 · Strtpe, Annals, Appendix · texte numérisé non relu

Strtpe, Annals, Appendix

-2. Cal, of State papers, Venetian, t. vu, p. II.

Les fêtes religieuses du couronnement révélèrent l'union des évêques. Aucun d'eux n'accepta de célébrer la sainte messe sans élévation de l'hostie consacrée. Elle fut chantée par un simple prêtre, George Carew, doyen de la chapelle royale, qui supprima l'élévation f. La messe fut dite en latin, mais l'épître et l'évangile furent lus dans les deux langues. Ce mélange permit aux assistants de donner les récits les plus opposés de la cérémonie, qui fut catholique, suivant les uns. protestante, d'après quelques autres. Heath, archevêque d'York et plusieurs de ses collègues, avaient refusé de couronner la reine ; cependant, ils assistèrent à la cérémonie , qui fut accomplie par Oglethorp, selon le vieux rituel. La reine, suivant une ancienne coutume, aurait pu exiger la communion sous les deux espèces. Elle ne communia pas du tout.

Les exilés avaient surveillé avec soin les événements qui se passaient en Angleterre. Les premières nouvelles qui leur parvinrent au sujet des changements imminents les remplirent de joie. Elles étaient si favorables à leurs doctrines que beaucoup d'entre eux étaient de retour dans leur patrie, dès la fin du mois de décembre. Avant de quitter les villes qui les avaient accueillis, ils essayèrent de se réconcilier sur le terrain doctrinal. Les réfugiés de Genève invitèrent à une conférence ceux d'Arau, de Baie, de Strasbourg, de Francfort et de Worms. Ils proposaient d'imiter l'organisation des églises protestantes du continent. La colonie de Francfort, en déclinant l'invitation, fit échouer la conférence. Les plus connus parmi les exilés, Sampson, Sandys, Ilorne, Jewel, Grindal, tous futurs évêques, établis à Strasbourg.

1. Voii but cette question un article de VEnglish historical review, The coronation ofqueen Elizabeth, octobre 1907.

Lever et sa colonie d'Arau, Cox et Whitehead de

Francfort, Coverdale et Goodman, rentrèrent aussitôt. Ils s'étaient fait précéder de leurs écrits : Fox travaillait, à Baie, à son édition latine des Acts and monuments, et Whittingham publiait sa Bible, à Genève.

La plupart de ces exilés revenaient pauvres ; quelques-uns allaient occuper les plus hautes situations de L'église anglicane et se trouver en butte à la jalousie des coreligionnaires qui, n'ayant pas quitté l'Angleterre aux jours de la persécution, pensaient avoir plus de titres aux récompenses. Ces hommes étaient bien changés. Quand ils avaient quitté leur patrie, leurs opinions se rapprochaient des doctrines luthériennes. Mais les représentants de ces dernières les avaient repoussés parce qu'ils niaient la présence réelle. Poulain et John à Lasco les avaient alors mis en relations avec les disciples de Calvin dont ils avaient tous, plus ou moins, subi l'influence. Une fois de plus, après avoir repoussé la suprématie du pape de Rome, ils acceptaient avec empressement celle du pape de Genève. Ils apportaient avec eux le germe des discordes doctrinales qui aboutiront à une scission dans la nouvelle Église d'Angleterre.

Parmi ceux qui accueillirent les exilés se trouvait Mathieu Parker, titulaire de plusieurs bénéfices sous Edouard VI et prédicateur approuvé par Cranmer. Privé de ses fonctions diverses par le gouvernement de Marie, il vivait à Norwich, dans l'obscurité, avec sa femme et ses deux enfants, quand, le 9 décembre 1558, une lettre de Sir Nicolas Bacon vint l'arracher à la solitude. Le chancelier l'invitait à se rendre à Londres ; il avait l'intention de lui offrir l'archevêché de Cantorbéry. Parker refusa à plusieurs reprises et ne céda qu'à une invitation positive de la reine. Il fut élu le 1er août 1559. Le nouvel archevêque angli-

can était un modéré. Beaucoup moins intelligent que Cranmer, il avait plus de courage moral et essaya de barrer la route aux réformateurs d'extrême gauche qui voulaient copier les institutions de Genève.

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