‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 201 sur 253 · LACTE DE SUPRÉMATIE ET L'ACTE D'UNIFORMITÉ · texte numérisé non relu

LACTE DE SUPRÉMATIE ET L'ACTE D'UNIFORMITÉ

rendait le Dook of common prat/er, revisé et imposé par l'autorité royale. Ce plan conseillait l'adoption immédiate par le parlement des lois qui devinrent célèbres sous le nom d'acte de suprématie et d acte d'uniformité. En attendant on devait tâcher de remettre en honneur la communion sous les deux espèces; la reine était priée d'assister moins souvent à la messe et de la remplacer par une forme de prière moins papiste. Cécil venait de tracer toutes les grandes lignes de la politique religieuse du règne.

Le 25 janvier 1559, jour de la réunion du parlement, une grand'messe, sans élévation de l'hostie consacrée, fut chantée à l'abbaye de Westminster, beaucoup plus tôt qu'à l'ordinaire. La cérémonie était finie quand les députés arrivèrent. Dans l'après-midi, la reine fit son entrée suivant le cérémonial traditionnel : les évêques étaient à leur place dans le cortège. L'abbé Feckenham, suivi de ses moines, présenta l'eau bénite et l'encens. Mais les choristes de la chapelle royale chantèrent les litanies anglaises et, comme les religieux portaient des cierges : « Qu'on enlève ces flambeaux, s'écria Elisabeth; nous voyons très bien sans eux. » Puis, le calviniste Cox, retour d'exil, prêtre marié et pourvu de grosses prébendes par Edouard VI, monta en chaire, en présence des pairs et des députés debout. Pendant une heure et demie, il invectiva les moines et essaya de prouver que la religion rétablie par la reine Marie n'était qu'impiété et idolâtrie.

La Chambre Haute se composait d'environ 60 pairs laïques, de l'abbé de Westminster et de 16 évêques; 9 sièges étant vacants et deux autres considérés comme tels par le gouvernement, parce que leurs titulaires avaient pris la place de Coverdale et Barlow, réfugiés sur le continent. La majorité des pairs était composée des catholiques timides et découragés. La chambre

des Communes comprenait un fort groupe de luthériens et de calvinistes ardents. Gomme la plupart de ses devancières, elle avait été nommée par le gouvernement à qui elle accorda aussitôt un large subside.

Le parlement donna à la reine les premiers fruits des bénéfices ecclésiastiques que Marie avait rendus à l'Eglise et la dîme des bénéfices sécularisés. Dans la Chambre Haute, tous les évoques votèrent contre et tous les pairs laïques, pour. Une loi permit au gouvernement de prendre possession, pendant la vacance des sièges épiscopaux, des terres correspondant à la valeur annuelle des dîmes et bénéfices sécularisés appartenant à ces sièges. La reine était autorisée à s'approprier les domaines des évêchés qui étaient à sa convenance en donnant, en retour, des biens ecclésiastiques déjà confisqués. C'était une manière ingénieuse de voler l'Église. La loi fut votée aux Communes par 134 députés, dont la plupart étaient déjà enrichis des dépouilles ecclésiastiques, contre 90. Les lords laïques l'acceptèrent à l'unanimité malgré les protestations des 8 évoques présents '. Un projet de loi, qui rendait Leur situation aux ecclésiastiques révoqués par le gouvernement de Marie, passa rapidement, de même que celui qui donnait à la couronne les maisons religieuses rétablies sous le règne précédent 2. On accordait une pension à ceux qui se défroquaient et reniaient le pape. Les moines de Westminster changèrent d'habits en mai 1559 : les franciscains de Greenwich et les bénédictins de Smithfield se dispersèrent en juin ; les chartreux de Londres, en juillet. Un certain nombre de ces moines quittèrent le pays.

Cesloiset quelques autres n'avaient, aux yeux du gou-

1. Statutes of the rcalm, Elizabeth, chap. i, II, ni, iv, v, pp. 350-3Gf>.

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