LACTE DE SI PUEMATIE ET LACTE D'UNIFORMITE
cernait la suprématie du pape et un échec très réel dans la question du culte, puisque le Book of common prayer qu'il voulait rétablir était encore illégal. La veille des vacances de Pâques, les ministres, très embarrassés, firent voter un acte qui permettait de nommer les évèques par lettres-patentes, sans aucune cérémonie religieuse. La reine n'approuva pas ce projet révolutionnaire. Une autre loi, qui rétablissait sur leur siège trois évèques hérétiques déposés sous le règne de Marie, et cela afin de diminuer le nombre des voix catholiques à la chambre des Lords, n'aboutit pas davantage. Le gouvernement, ne se sentant pas suffisamment appuyé par le sentiment populaire, profita des vacances parlementaires de Pâques pourtravailler l'opinion publique.
Il avait déjà interdit les prédications catholiques, encouragé les farces grossières contre l'Eucharistie, et la destruction des images. Le vendredi saint , 22 mars, une proclamation, appuyée sur l'acte de suprématie voté le jour même, permit la communion sous les deux espèces. Dans la chapelle royale les choses se firent avec plus de hardiesse. La messe fut chantée en anglais, suivant le rite d'Edouard VI; aussitôt après, le célébrant quitta ses ornements et distribua l'Eucharistie, revêtu d'un simple surplis. A Londres, une bande d'hérétiques, enflammés par de violents discours, envahit une église et profana le Saint-Sacrement ; le lord maire n'intervint qu'au dernier moment. Les incidents de ce genre se multipliaient. Le conseil intervenait mollement, pour la forme : au fond, il était avec la populace. Les catholiques commençaient à quitter le pays.
La foule bruyante passait du côté du gouvernement ; restait à gagner les gens cultivés. Le conseil organisa un grand débat entre quatre évèques catholiques, soutenus par quatre docteurs, et un nombre égal de luthé-
riens ou calvinistes. On devait discuter trois questions : l'emploi de la langue vulgaire dans la liturgie, l'autorité de chaque Eglise en ce qui concerne les rites et les cérémonies et le caractère propitiatoire du sacrifice de la messe.
Le débat { commença le 31 mars sous la présidence du chancelier Bacon qui, dès le début, favorisa de tout son pouvoir les représentants des doctrines nouvelles. Le conseil voulait une discussion écrite, en anglais, et demandait que le dernier mot fût laissé aux réformés. Les évêques réclamaient pour eux le droit de conclure et préféraient le latin. Ils finirent par céder sur ce dernier point. Cole parla sur la première question; un des adversaires lut en réponse une longue dissertation. Les catholiques voulurent répliquer; Bacon leur refusa la parole et leva la séance, après les avoir invités à écrire leurs réflexions. Le surlendemain. Bacon demanda aux évêques de lire leur travail sur la deuxième question ; ils avaient écrit une réponse à la première, sur son invitation, et voulurent commencer par là. Le chancelier refusa. Au milieu du tumulte qui suivit, l'archevêque Heath conseilla à ses collègues do céder. Ils le firent, mais ayant argumenté les premiers à la séance d'ouverture, ils demandèrent ce jour-là à parler après les exilés, disant qu'ils défendaient les positions acquises de l'Église catholique, que c'était à leurs adversaires à commencer, puisqu'ils attaquaient ces positions.
Les réformés protestèrent avec indignation qu'ils étaient catholiques. Cela amena des personnalités, le président prenant toujours le parti des exilés. Il leva enfin la séance en proférant des menaces contre les évêques. Le débat aboutissait à un résultat piteux.
i. Cal. of State papers, Venetian, t. VII, n° 58; Cal.*. Spanish, t. Vil. n°23; Roihnson, Zurich le t ter 8 ^ t. I, pp. I(iet27.