‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 205 sur 253 · L'ACTE DE SUPRÉMATIE ET L'ACTE D UNIFORMITÉ · texte numérisé non relu

L'ACTE DE SUPRÉMATIE ET L'ACTE D UNIFORMITÉ

Le soir du même jour, les évêques de Winchester et de Lincoln lurent envoyés à la Tour, sous le prétexte qu'ils avaient manqué de respect et d'obéissance à l'autorité : les six autres champions catholiques durent se présenter chaque jour devant le conseil *. Cette mesure arbitraire brisa l'opposition des évêques, jusqu'alors si courageuse, et facilita la tâche du gouvernement qui fit partout répandre le bruit que les prélats catholiques s'étaient dérobés à la discussion.

A la rentrée de Pâques, on reprit, en deuxième lecture, la loi de suprématie votée le 22 mars et amendée encore dans le sens de la modération. Les termes « chef suprême aussitôt et immédiatement après Dieu de l'Église d'Angleterre » étaient remplacés par ceux « de suprême régulateur ». Heath combattit de nouveau le projet et obtint son renvoi à une commission qui y ajouta une clause nouvelle. Dix évêques et Lord Montagule repoussèrent encore, en troisième lecture. Une fois de plus, il faut noter que les pairs catholiques passaient à l'ennemi.

Renvoyé par la Chambre des Communes avec un article nouveau qui fut combattu aux Lords par l'évêque d'Ely, le projet devint définitivement loi de l'Etat sous le titre de : « Acte pour rendre à la couronne l'ancienne juridiction sur l'ordre ecclésiastique et spirituel, et abolissant tout pouvoir étranger contraire à cette juridiction2. »

La loi de suprématie abrogeait le grand statut de la reine Marie qui avait aboli les lois de Henri VIII contre Rome. Elle faisait revivre ces lois et anéantissait toute juridiction étrangère. La reine devait

1. Acts of the Privy Council, t. VII, p. 18, ordre d'incarcérer les deux évêques, p. "79, énumeration des énormes amendes imposées auy argumentateurs du parti catholique.

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