Dodd, The church Hislory, t. II, appendice li
métropolitains ne visitèrent qu'en 1561, après la nomination des évêques de ces régions, étaient particulièrement mal notés à ce point de vue. Best, évêque de Carlisle, écrivait : « Les prêtres sont de méchants fils de l'Antéchrist (le pape), pour la plupart ignorants et têtus, faux et subtils au delà de toute limite et que la peur seule rend obéissants. » Pilkington, à Durham, faisait entendre les mêmes plaintes.
Les ecclésiastiques capables de prêcher étaient en petit nombre : à Londres, 45 sur 107; à Rochester, 5 chanoines sur 8, mais seulement 13 prêtres de paroisses sur 64; dans l'archidiaconé de Leicester, 15 sur 129 et dans celui de Coventry, 3 sur 67. La situation était plus déplorable encore dans le pays de Galles : L'évêque de Saint-Asaph et celui de Bangor avaient dans toute l'étendue de leur diocèse respectivement 7 et 2 prédicateurs. Si le clergé n'avait pas eu le temps de s'instruire, il s'était hâté de profiter de la permission de prendre femme. Moins de trois années après la mort de Marie, à Londres, 66 sur 107 étaient mariés. Dans les diocèses de Cantorbéry et de Rochester, les ministres mariés et les célibataires étaient à peu près en nombre égal. Dans les archidiaconés de Coventry et de Stow, un quart des ecclésiastiques étaient mariés. Dans celui de Leicester, 9 sur 129 avaient profité de la permission. A Rochester, 3 chanoines sur 8 s'étaient mariés ; 4 sur 8 à Winchester; un seul à Peterborough.
Les visiteurs nommés par l'archevêque se plaignirent souvent du « mauvais esprit » du clergé qui, intérieurement et extérieurement, restait papiste et persuadait au peuple que la doctrine de Rome était maintenue ou serait bientôt rétablie. Berkeley, évêque de Bath et Wells, avait affaire à une majorité irréductible de prêtres catholiques; d'autre part, il était violemment atta-
que par le doyen de sa cathédrale, Turner, réformé extrême qui désignait les évêques par les noms de « messieurs[à manteau », d' « habits blancs », et autres appellations moins parlementaires. Au fameux collège d'Eton, tous les professeurs, sauf trois, furent expulsés à cause de leurs doctrines catholiques. L'évêque Horne eut fort à faire à Oxford où il trouva une si forte opposition, à New Collège, à Corpus, Trinity et Magdalen, qu'il se contenta de faire souscrire à une vieille formule de visite royale. A New Collège, 24 fellows avaient refusé d'accepter les articles dogmatiques et refusaient, ainsi que les étudiants, d'assister à l'office anglican. Prorogée plusieurs fois, la visite des quatre collèges fut reprise plus tard : un certain nombre de fellows se soumirent pour la forme, les autres furent chassés. Parker, qui visita les collèges de Ail Soûls et de Merton, chassa de ce dernier le sous-directeur et ses amis. Oxford épuré se vida d'élèves. Cambridge avait adopté les opinions nouvelles.
Parmi le peuple, les visiteurs métropolitains trouvèrent beaucoup « d'opiniâtreté et d'obstination à conserver les habitudes religieuses papistes ». Dans le diocèse d'IIereford, les juges de paix et la majorité des fidèles n'étaient pas favorables à la doctrine nouvelle. Malgré l'évêque Scory, les gens d'Hereford jeûnaient la veille de l'Assomption qu'ils observaient bien qu'elle fut abrogée, et conservaient d'autres pratiques catholiques. Les juges de paix et les gentilshommes accueillaient avec honneur les catholiques chassés de Worcester et d'Exeter. L'évêque écrivait à Cécil le 17 août4 : « Jeudi, aucun boucher n'a eu le courage d'ouvrir sa boutique pour vendre de la viande. Le lendemain
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(15 août), aucun anglican n'a osé travailler à son métier parce que la fête et le jeûne abrogés ont été universellement célébrés. Havard, l'homme de confiance de Mylord trésorier, et Sendamore, juge de paix, gouvernent le maire et la cité... J'ai amené le comté à se conformer aux lois en punissant les divers transgresseurs, mais la cité étant exempte de ma juridiction, reste comme auparavant. Mug, Blaxton, Arden, Gregory, Ely, Havard qui ont quitté Exeter, Worcester et autres endroits, ont été entretenus, fêtés, exaltés, promenés à la lumière des torches, en plein hiver, à travers les rues, au point qu'on n'aurait guère pu recevoir avec plus de respect le Christ lui-même. Les commissaires de Londres ont envoyé, il y a sept ou huit semaines, des lettres pour faire comparaître devant moi Mug, Blaxton et Arden, mais Sendamore les a gardées et les lettres n'ont pas été distribuées. Je suis dans ce pays un simple étranger, abhorré de la plupart, à cause de ma religion, et, au milieu d'eux, je ne suis pas sans courir des dangers. Parmi les gens religieux du comté, il n'y en a pas beaucoup de favorables à la vraie religion. Si on ne craignait pas la chambre des communes et le conseil des Marches, les événements se chargeraient de prouver la vérité de ce que je dis. Il faut se débarrasser de Havard comme juge de paix. »
Dans le diocèse de Winchester, les laïques catholiques échappaient au visiteur en changeant sans cesse de diocèse, comme les hommes cités par l'évêque d'Hereford.
Même lamentation de Best, évêque de Carlisle1 : « Mensonges et histoires sont soufflés partout secrètement. Les ennemis de la vraie religion répandent le bruit qu'on peut s'attendre à un changement et le