‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 214 sur 253 · Dodd, History, t. II, appendix '*G · texte numérisé non relu

Dodd, History, t. II, appendix '*G

préparer. La situation est plus grave depuis que les nobles sont rentrés. Si vous pouviez voir comment les comtés de Cumberland et de Westmoreland sont gouvernés par leurs deux chefs, cela vous ferait pleurer. Certains hommes méchants ne reconnaissent pas la reine et ne m'obéissent pas. Ces hommes sont appuyés et maintenus en place, bien que Tordre contraire ait été donné par Mylord d'York et les autres commissaires de ces pays. »

Best désignait Lord Dacre et le comte de Cumberland dont l'influence s'exerçait en faveur de la religion catholique. L'opinion publique était favorable à ceux qui refusaient le serment et les juges de paix fermaient les yeux, si bien que, dans beaucoup d'endroits, on disait la messe ouvertement.

Les résultats, consignés par les visiteurs métropolitains de 1560 et les enquêteurs gouvernementaux de 1563, n'étaient pas rassurants. La plupart de ceux qui prêtaient le serment le faisaient par peur; évoques et commissaires étaient surchargés de procès contre des prêtres qui disaient la messe en secretetles laïques qui y assistaient. Le conseil essaya de faire quelques exemples en emprisonnant deux nobles très connus, sir Edward Waldegrave, coupable d'avoir assisté à des messes secrètes et sir Thomas Stradling, qui avait distribué quatre reproductions d'une croix trouvée dans son parc. Les évêques, de leur côté, s'efforcèrent de faire disparaître les pratiques catholiques en adressant à leur clergé un certain nombre d'avis ' sur la prédication, les études cléricales, les processions des Rogations et l'observation du dimanche. Trente et un articles destinés2 surtout à guider les évêques dans l'administration de leur diocèse suivirent à bref délai. Ils pré-

l. Le titre exact de ces avis était : Interprétation** 3, Leur titre était : Further considérations,

cisaicnt quelques points concernant la discipline et le culte : ainsi la chape était obligatoire pour le ministre qui célébrait le service du matin et le surplis pour tous les autres offices. La table de communion pouvait être placée dans la nef, près du sanctuaire.

Les visiteurs métropolitains obligeaient le clergé à souscrire à ces avis et à ces articles de même qu'à r Ordre des articles prescrits aux ministres* et à Y Exposition des principaux articles de religion2. Le premier de ces documents se composait de vingt-trois propositions latines qui résumaient la doctrine officielle d'Edouard VI; on y avait ajouté un paragraphe qui reconnaissait à l'Eglise le droit de régler ses rites et ses cérémonies.

Le deuxième document était un long exposé doctrinal en langue anglaise, composé par les évêques, réunis en mars 1561. Ceux-ci repoussaient la primauté du pape, la messe privée, le purgatoire, et tâchaient de justifier les changements apportés aux doctrines catholiques.

Il manquait tant de ministres que les nouveaux évêques avaient fait, aussitôt après leur consécration, des ordinations nombreuses. Dans le premier mois de son épiscopat, Grindal en ordonna 100 et Parker, 150 en un seul jour. L'archevêque, écrivant à son collègue de Londres, le 15 août 1560, avouait qu'ils avaient tous deux agi sans prudence en admettant dans les ordres « des ouvriers ignorants » et même « des gens occupant des situations plus inférieures encore ». Désormais il fallait examiner avec soin les candidats aux ordres ainsi que leurs femmes, ne les ordonner prêtres qu'après les avoir éprouvés longtemps.

1. Le titre était: The order of the articles prcscribed to ministers

2. Le titre était : Déclaration of the principal articles of religion.

Les paroisses privées de ministres étaient en si grand nombre que les évêques ne se contentèrent pas de ces ordinations en masse et hâtives. Ils décidèrent que les « prêtres révoqués et les chapelains privés seraient forcés, sur l'ordre de l'évêque, dans la grande nécessité qui existe, de servir dans les cures sous peine d'excommunication ». Puis ils instituèrent, dès le mois de janvier 1560, des lecteurs à qui ils conférèrent d'abord quelques pouvoirs dans une ordination un peu semblable à celle de nos ordres mineurs. Plus tard ils se contentèrent de les nommer par lettres épiscopales en ayant soin d'ajouter que leurs fonctions n'étaient pas inamovibles. La situation des lecteurs fut définie en 1562 et 1563. Ils étaient autorisés à lire l'office du dimanche avec l'homélie, à faire le catéchisme aux enfants; quelques-uns avaient la permission de présider les services pour les défunts et la cérémonie de purification des jeunes mères.

Les lecteurs manifestèrent tout de suite l'intention d'empiéter sur les fonctions des ministres. Ils voulaient prêcher, administrer les sacrements et les évêques durent intervenir. Un ministre chargé de plusieurs paroisses se faisait aider par un ou plusieurs lecteurs, de même que de nos jours, le missionnaire catholique, en Chine ou ailleurs, est souvent secondé par des catéchistes.

2. — L'attitude personnelle de la reine dans la question religieuse.

Elisabeth était sceptique ou plutôt païenne en religion. Elle exprimait parfois le regret de la disparition des cérémonies du catholicisme. On ne sait si ce dernier sentiment était sincère, mais il est certain qu'elle jouait du sentiment religieux selon les besoins de sa

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