‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 23 sur 253 · HENRI VIII ET L'ÉGLISE D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

HENRI VIII ET L'ÉGLISE D'ANGLETERRE

taient de longues années sans chef effectif. Plusieurs prélats de ce temps ne virent jamais leur ville épiscopale.

Extérieurement, les hauts dignitaires de l'Eglise étaient entourés de beaucoup de respect; il ne serait venu à l'esprit de personne, à cette époque , de dire l'État et l'Eglise au lieu de l'Église et l'État. Quand le chancelier et les évêques, membres de droit de la Chambre Haute, devaient se rendre à la Convocation, les Lords suspendaient leurs séances. Pourtant, le vieil esprit des légistes subsistait et s'attaquait aux privilèges du clergé.

Le plus important de ces privilèges était le droit d'être justiciable de l'évêque et exempt, du moins en théorie, de la juridiction royale. Le clerc accusé de meurtre paraissait devant les juges du roi, pour faire la preuve de son privilège. Après avoir subi des restrictions concernant certains crimes, le privilège de « clergie » avait fini par s'étendre à tous ceux qui savaient lire. La quatrième année du règne de Henri VII, une loi avait ordonné que les hommes, non engagés dans les ordres sacrés, qui auraient commis un meurtre seraient marqués sur le pouce de la lettre M ; ceux qui seraient convaincus de vol seraient marqués de la lettre T. Ils perdaient le droit de réclamer à l'avenir le privilège de clergie.

En 1513*, le parlement de Henri VIII imposa une autre restriction très importante; il fut décidé que ceux qui se rendraient coupables de meurtre, de vol dans les églises, sur les grandes routes ou dans l'intérieur des habitations seraient désormais jugés par les cours du roi, à moins qu'ils ne fussent dans les ordres sacrés. L'innovation parut si exorbitante aux hommes

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