L'ASSEMBLÉE DU CLERGÉ ET LE PARLEMENT DE
une importance exceptionnelle. Tous les membres de la Chambre Haute étaient des nouveaux venus, à l'exception de l'évêque Kitchin qui ne parut pas. A la Chambre Basse, les deux tiers des membres étaient également nouveaux parce que la majorité des ecclésiastiques constitués en dignité, doyens, archidiacres, qui avaient siégé au commencement de Tannée 1559, étaient restés fidèles à la doctrine catholique et avaient été révoqués.
L'assemblée s'occupa d'abord de la revision des 42 articles adoptés la dernière année du règne d'Edouard VI. Elle les réduisit à 39. Ces articles fameux ont été, pendant trois cents ans, et restent encore le credo officiel de l'Eglise anglicane. Les doctrines essentielles de la religion nouvelle y étaient présentées sous la forme d'une exposition simple et lumineuse qui n'était accompagnée d'aucunes preuves.
Les XXXIX articles rejetaient une partie importante du dogme catholique et cela d'une manière fort nette, comme le lecteur pourra en juger par les extraits qui suivent1 :
Art. vi. « La Sainte Écriture contient toutes les choses nécessaires au salut, de sorte que tout ce qui n'y est pas contenu ou ne peut être prouvé par Elle ne doit pas être exigé d'aucun homme comme article de foi, ni réputé requis ou nécessaire au salut... » Cet article refusait à l'Eglise le droit d'expliquer l'Ecriture.
Art. xix. « L'Église visible de Jésus-Christ est la société des fidèles dans le sein de laquelle est prêchée la pure doctrine de Dieu et où les sacrements sont administrés conformément à l'institution du Christ dans toutes les choses déclarées nécessaires à leur administration. Comme les Églises de Jérusalem,
1. On trouvera, à la fin du volume, le texte complet des XXXIX arti clés.
d'Alexandrie et d'Antioche ont erré, l'Église romaine, elle aussi, a erré. Elles se sont trompées non seulement en ce qui regarde les mœurs et les cérémonies, mais aussi sur les matières de foi. »
Art. xxi. « Les conciles généraux ne peuvent se réunir sans l'ordre et la volonté des princes. Et, quand ils sont réunis, comme ils sont une assemblée d'hommes qui ne sont pas gouvernés en tout par l'esprit et la parole de Dieu, ils peuvent se tromper, et, quelquefois, ils se sont trompés, même sur des points ayant rapport à Dieu. Par conséquent, les articles qu'ils définissent nécessaires au salut n'ont ni force, ni autorité, à moins que l'on ne puisse prouver qu'ils sont tirés de la Sainte Écriture. »
Art. xxii. « La doctrine de l'Église romaine en ce qui concerne le purgatoire, les indulgences, le culte et l'adoration tant des images que des reliques, ainsi que l'invocation des saints, est une invention frivole qui n'est appuyée sur aucun texte de l'Ecriture, mais est plutôt contraire à la parole de Dieu. »
Art. xxv. «... Il y a deux sacrements institués par Notre-Seigneur Jésus-Christ dans l'Evangile, c'est-àdire le Baptême et la Cène du Seigneur. Quant aux cinq autres, communément appelés sacrements, c'està-dire la Confirmation, la Pénitence, l'Ordre, le Mariage et l'Extrême-Onction, ils ne doivent pas être mis au nombre des sacrements de l'Évangile »
Art. xxviii. « ... La transsubstantiation du pain et du vin ne peut être prouvée par les saintes Ecritures; elle est contraire aux textes clairs de la Bible; elle détrait l'essence du sacrement et a donné lieu à de nombreuses superstitions. — Dans la Cène, le corps du Christ est donné, reçu, mangé, mais seulement d'une manière divine et spirituelle, et le moyen par lequel le corps du Christ est reçu et mangé dans la