‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 221 sur 253 · L'ASSEMBLÉE DU CLERGÉ ET LE PARLEMENT DE · texte numérisé non relu

L'ASSEMBLÉE DU CLERGÉ ET LE PARLEMENT DE

Cène est la foi. D'après l'institution du Christ, on ne conservait pas, on ne portait pas, on n'élevait pas et on n'adorait pas le sacrement de l'Eucharistie. »

Art. xxxi. « L'offrande du Christ, offerte une seule fois, est la parfaite rédemption, la propitiation et la satisfaction pour tous les péchés du monde entier, originel aussi bien qu'actuels ; il n'y a, en dehors de celle-là, aucune satisfaction pour le péché. C'est pourquoi les sacrifices des messes où, disait-on communément, le prêtre offrait le Christ pour les vivants et pour les morts, n'étaient que fables impies et illusions dangereuses. »

Art. xxxvii. « ... L'évêque de Rome n'a aucune juridiction dans ce royaume d'Angleterre... »

Les XXXIX articles de religion sont le résultat de vives discussions au sein de l'assemblée du clergé ; ils eurent, à l'origine, le caractère d'un compromis entre les diverses tendances qui se faisaient jour parmi les réformés anglais. Ce caractère est particulièrement remarquable dans les articles x, xi, xn, xm et xiv qui traitent du libre arbitre, de la justification et des bonnes œuvres; visiblement, luthériens et calvinistes se sont efforcés de faire dominer leurs opinions particulières. Les quatre articles sur l'Eucharistie sont également intéressants à ce point de vue : la majorité du clergé accepta une formule qui niait clairement la transsubstantiation, mais les députés n'essayèrent même pas de définir les mots, présence réelle, essence et substance, etc.

En résumé les XXXIX articles reprenaient en les précisant et en les complétant les professions de foi ébauchées par Cranmer sous le règne de Henri VIII, les 45 et les 42 articles d'Edouard VI, l'exposition doctrinale en onze chapitres que les visiteurs métropolitains avaient fait souscrire au clergé en 1561.

L'influence des doctrines luthériennes, très forte

sous le règne de Henri VIII entre les années 1534 et 1540, dominée sous Edouard VI par les opinions calvinistes, était de nouveau considérable dans la rédaction des XXXIX articles. La déclaration saxonne de Wittemberg, vieille de dix ans, a fourni en particulier l'exposé doctrinal sur la deuxième personne de la sainte Trinité, tout l'article sur le Saint-Esprit, une bonne partie des articles sur le libre arbitre et la justification, le nouvel article sur les bonnes œuvres et le premier paragraphe de l'article si discuté qui reconnaissait l'autorité de l'Église en matière de foi, de rites et de cérémonies1.

Restaient la discipline et la réforme des abus. Tous les membres de l'assemblée, évêques et simples ecclésiastiques, avaient été invités à présenter leurs propositions par écrit. Sandys, évêque de Worcester, voulait supprimer tous les signes de croix dans l'administration du baptême que, désormais, les femmes ne pourraient plus conférer. Les évêques, Grindal, de Londres et Alley, d'Exeter, étaient de son avis. Soixante-quatre membres de la Chambre Basse présentèrent aux évêques une pétition beaucoup plus radicale. Ils voulaient réserver l'administration du Baptême aux seuls ministres, détruire ce qui restait encore d'images. Ils proposaient d'exclure de l'église, au moment où le célébrant lisait la prière de la consécration, ceux qui ne communiaient pas, et de forcer ceux qui participaient à la Cène à ajouter, à la confession générale, qu'ils détestaient la messe papiste. Quelques jours après, une autre pétition, signée de trente-trois ecclésiatiques, demandait l'abolition de toutes les fêtes des saints, la liberté de s'agenouiller ou de se tenir debout ou assis pour recevoir la communion. Les chapes et surplis devaient être

1. Dixoit, Hislory, t. V, chap. 25, passim, donne d'intéressants détails sur la rédaction dos X\\l\ articles.

Page 1