L'ASSEMBLEE OU CLERGÉ ET LE PARLEMENT DE
remplacés par une espèce de soutane que le ministre revêtirait à l'église seulement; l'habit ecclésiastique ne devant plus être exigé au dehors. Il fallait démolir les orgues et obliger tous les ministres à accomplir le service divin, face aux assistants.
Les évêques s'abstinrent de répondre à ces pétitions. Mais la substance des changements qu'elles réclamaient fut reproduite dans un projet que ses auteurs présentèrent, le 13 janvier, à la Chambre Basse. Le débat fui très vif. Quand on eut voté, il se trouva que le projet avait été admis par 45 voix contre 35. On examina de près les pouvoirs des délégués ; on alla chercher les absents afin de procéder à un nouveau vote. Cette fois, 59 suffrages contre 58, repoussèrent le projet. Il y avait eu 24 abstentions. Le Book ofcommon prayer qui était, au fond, l'enjeu de la lutte et que les réformés à la mode de Genève trouvaient trop conservateur, était sauvé à une voix de majorité.
L'assemblée avait statué que tout Anglais devrait assister à l'office divin, le dimanche et les jours de fêtes principales, aucun travail n'étant permis avant la fin du service. Les absents étaient punis d'une amende, puis excommuniés. Le projet ne fut pas du goût du parlement qui rejeta avec encore plus d'empressement un autre règlement, venu aussi de l'assemblée du clergé, et qui mettait quelques restrictions au pillage des biens des cures par les laïques de marque. Ce parlement, comme les précédents, faisait la sourde oreille quand le clergé parlait de réclamer une parcelle des biens volés à l'Église.
La Chambre des Communes de 1563 comprenait cinquante membres ayant siégé en 1559 et douze, la dernière année d'Edouard VI. Le chancelier Bacon appela son attention sur les questions religieuses. Les ministres, dit-il, sont peu nombreux et ignorants; les offices
tristes et très peu fréquentés parce qu'on a rejeté les ornements et beaucoup de cérémonies. Le président de l'assemblée avoua que les universités étaient en pleine décadence, qu'il y avait beaucoup moins d'écoles qu'autrefois. Henri VIII et Edouard VI avaient détruit près de 3.000 fondations pieuses dont chacune formait le noyau d'une école, puisque le prêtre chargé d'acquitter les services en faveur des défunts était en même temps professeur. La suppression de ces fondations avait ruiné tout le système d'enseignement.
Après avoir voté un large subside, le parlement fit revivre les actes d'Henri VIII contre la sorcellerie. Ceux qui propageaient ou inventaient des prédictions contre la reine et les grands dignitaires de la couronne se rendaient coupables d'un crime puni de la peine capitale. Un acte excommunia « ceux qui refusent de faire baptiser leurs enfants ou de recevoir la communion comme elle est maintenant reçue dans l'Église d'Angleterre, ou de venir au service divin comme il est maintenant en usage . ou qui se rendent coupables d'erreurs en matière de religion ou de doctrines maintenant reçues et permises dans F Église d'Angleterre, d'incontinence, usure, simonie, parjure devant les tribunaux ecclésiastiques, ou d'idolâtrie * ». L'acte le plus important de la session fut une loi contre ceux qui parlaient avec éloge de l'évêque de Rome ou refusaient le serment de suprématie 2. L'exposé des motifs était une violente attaque contre le pape et les pénalités de la loi étaient énormes. Cotait tomber sous les statuts dePrœmunire que de maintenir d'une manière quelconque la juridiction du pape et. par conséquent, s'exposer au moins à la confiscation de tous ses biens avec prison à perpétuité. Le récidiviste devait être considéré comme coupable du crime de