Cal. of State papers, Spanish, t. J, n
du côté des catholiques, un évoque portugais, Jérôme Osorio, Morwen, John Martial et, surtout, l'abbé Feckenham,le docteur Cole Smith, Harding et Dorman, réfugiés à Louvain. L'Église officielle fut représentée par Hoddon, Pilkington, James Calfhill, Horne et surtout Jewel. Ce dernier était très hostile à Rome, et sympathique à Genève ; il prétendait recevoir comme vérité catholique toute doctrine contenue dans les Écritures, enseignéeparlaprimitive Église, acceptée parles quatre premiers conciles et l'ensemble des Pères. Son « Apologie» de la nouvelle religion devint très vite classique.
Avant et pendant les sessions parlementaires de 1563, la population de Londres, savamment travaillée par certains agents du gouvernement et les réformés d'extrême gauche, réclamait la tête des « loups emprisonnés », c'est-à-dire des évêques déposés. La terrible loi de 1563 était dans une large mesure le résultat de cette excitation populaire. Parker prit sur lui d'adoucir la rigueur des pénalités qui accompagnaient le refus du serment. Il ordonna aux évêques de lui signaler tout refus de serment et de ne jamais le présenter une deuxième fois sans une autorisation formelle de sa part. Ce fut cette disposition habile et conciliatrice qui sauva les évêques déposés d'une mort imminente. La reine elle-même défendit qu'on leur déférât le serment, et, dans les derniers mois de 1563, comme la peste ravageait Londres, on les envoya dans les diocèses de province sous la garde des nouveaux évêques.
Le gouvernement, toutefois, résolut de procéder contre Bonner. Horne, évoque de Winchester, avec la permission écrite de Parker, fit venir le prisonnier dans sa maison et lui ordonna de prêter le serment. L'évêque de Londres s'y refusa, et prenant l'offensive à son tour, il rédigea une protestation contre la procc-
dure intentée contre lui. La loi qui imposait le serment n'était paslégale, disait-il, parce qu'elle n'avait pas reçu l'approbation des représentants autorisés de l'Église ; Horne lui-même n'était pas légalement évoque parce que sa consécration n'avait pas été conforme aux lois du royaume et aux canons de l'Eglise catholique, puisque, notamment, il n'avait pas été consacré par un archevêque et deux évêques. C'était Parker qui Pavait consacré ; la validité de la consécration de ce dernier était ainsi mise en cause.
La protestation était si habile que les hommes de loi furent pris au dépourvu et le procès fut suspendu pour de longs mois. Il fallut attendre la réunion du parlement, en novembre 1566, pour faire disparaître quelques-unes des raisons formulées parBonner*. Un acte déclarant que le sacre des évêques était bon, légal et parfait, fut voté le 2 janvier 1567, après de vives discussions. Les nouveaux prélats ne triomphaient pas complètement, caria loi invalidait tout ce qu'ils avaient fait jusque-là au sujet du serment.
La résistance victorieuse de Bonner améliora un peu la situation pourtant très précaire des catholiques. Les autorités ecclésiastiques et les tribunaux les frappaient de lourdes amendes s'ils n'assistaient pas aux services anglais : s'ils essayaient, dans le secret de leurs demeures, d'adorer Dieu à leur manière, ils s'exposaient à des peines plus sévères : dire ou entendre la messe était un crime qui était puni de la prison et de la mort. Ils étaient pourchassés par des commissions locales, par la commission supérieure deLondres, parleconseil lui-même qui punissait de la prison ceux qui n'aidaient pas à arrêter les délinquants, comme il arriva au maire et aux baillis de Winchester2.