Journal* ofthe House of Lords, t. i, j
épiscopales. Le clergé ninquiéta pas le docteur Standish et Henri consentit à ce que le chancelier llorsey ne fût pas jugé par les tribunaux royaux dans les formes ordinaires. Celui-ci fut mis en accusation par l'avocat général dès que le calme fut un peu revenu dans les masses populaires; il se présenta seul devant lui, plaida non coupable et fut acquitté. En fait, l'accusé, appartenant au clergé, n'avait pas été livré à la justice séculière.
4. — Collaboration de l'Église et du pouvoir royal contre les hérétiques.
Si le clergé et le roi n'étaient pas toujours d'accord quand il s'agissait de fixer les limites de leurs droits et de leurs privilèges respectifs, en revanche, ils adoptaient la même ligne de conduite à l'égard des hérétiques et se soutenaient dans leur lutte contre eux. Pour les hommes de ce temps, l'hérésie n'était pas seulement un ensemble d'opinions en désaccord avec les dogmes de l'Église, elle était toujours une négation criminelle et obstinée des doctrines enseignées par l'autorité. Il y avait, parmi les ecclésiastiques qui fréquentaient les universités, des savants dont la fonction était de fixer les points obscurs ou difficiles du dogme chrétien afin d'épargner les tortures du doute aux intelligences moins cultivées. Tout le monde devait accepter avec déférence l'enseignement donné au nom de l'autorité qui considérait comme un de ses devoirs les plus sacrés de ne pas permettre à l'erreur de souiller la foi du peuple.
L'Église n'avait qu'un moyen de ramener à elle ceux qui s'étaient écartés de son enseignement ; c'était la persuasion. Si ce moyen échouait, elle rejetait les hérétiques hors de son sein par l'excommunication.
A ce moment intervenait le pouvoir civil qui tenait Thérésie pour un crime contre l'État; les hommes de ce siècle croyaient qu'il ne pouvait y avoir une vraie société si on permettait aux individus de faire échec à l'Église sur le terrain qui lui est propre. C'était l'opinion de tous les gouvernements que les hérétiques étaient funestes à Tordre social — on citait souvent l'exemple de la malheureuse Bohême — et que le pouvoir civil devait les punir puisque les autorités ecclésiastiques étaientimpuissantes. L'État prêtait donc très volontiers son concours à l'Église qui avait déclaré pendant longtemps que les hérétiques obstinés méritaient d'être brûlés. On ne trouvait pas cela étrange, dans la société du temps, parce que les rudes hommes de ce siècle brutal étaient habitués aux remèdes énergiques. Or l'hérésie était considérée par les représentants de l'Église et de l'État comme le plus grand des crimes. La tolérance, large et intelligente, était encore impossible et nul n'y pensait. Cela est si vrai que les hérétiques, pourchassés par Henri VIII et la reine Marie, dès qu'ils furent les maîtres, sous Edouard VI et Elisabeth, dépassèrent à l'égard des catholiques l'intolérance tant reprochée à l'Église romaine. Ils pensèrent, eux aussi, que le pouvoir civil devait défendre par des lois pénales la religion nouvelle et même l'imposer de force. Les évêques catholiques n'étaient pas allés jusque-là.
Les hérétiques étaient-ils nombreux au début du règne de Henri VIII? Pendant le procès de Richard Ilunne, le vieil évêque de Londres, Fitz-James, pria Wolsey de faire examiner les accusés par des membres du Conseil, parce que, disait-il \ «je suis assuré que si mon chancelier est jugé par douze hommes de Londres,