‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 30 sur 253 · Lettcrsand papers, Henry VIII, t. IV, n · texte numérisé non relu

Lettcrsand papers, Henry VIII, t. IV, n

2. Nous n'avons trouvé nulle part trace de cette pièce secrète et aucun des auteurs consultes n'a indiqué d'une façon précise son contenu. Clément VU déclarait-il que son prédécesseur n'avait pas le droit d'accorder à Henri la dispense d'épouser la veuve de son frère ou indiquait-il les conditions que Jules il aurait dû fixer en l'accordant?

les armées espagnoles qui l'avaient chassé de Rome et la pression formidable exercée sur lui par le ministre anglais fortifié encore de l'appui de la France, il avait perdu son indépendance morale et cherchait, par des concessions extrêmes, à gagner un peu de temps. Il espérait, avec AYolsey et tous les anglais honnêtes, que le caprice d'Henri pour Anne Boleyn cesserait bientôt. Ce serait la fin de cette terrible affaire.

Campeggio { avait ordre de faire traîner le procès aussi longtemps que possible. S'il ne pouvait décider Henri à abandonner le divorce, il devait chercher à obtenir la séparation de fait du roi et de la reine en persuadant à celle-ci de se retirer dans un couvent ou, du moins, de faire un vœu de religion. Henri entrevoyait alors la possibilité d'épouser Anne avec une dispense de bigamie, qu'il demanderait en faisant valoir la nécessité d'assurer un héritier au trône. Ce serait un nouveau délai obtenu. Si tous ces expédients échouaient, le légat devait instruire le procès.

Campeggio fit son entrée à Londres, le 8 octobre 1528. Il vit le roi, la reine, Wolsey2, et acquit bientôt la certitude que tous les moyens dilatoires seraient inutiles. Sa dépêche chiffrée, du 9 janvier 1529 à son collègue Salviati, nonce en France, exprime fortement cette conviction3.

« Le roi, écrit-il, persiste plus que jamais dans son désir d'épouser cette dame (Anne Boleyn), et il se conduit avec elle, en public, comme si elle était sa femme. A toutes occasions et dans toutes mes conversations avec Sa Majesté, je me suis efforcé de lui faire comprendre que son projet est très difficile, impossible. Il reste

i. Letteri and papers% Henry VIII, t. IV, n01 557-2, 6681. Campeggio

à Salviati, 16 juin 1839, et aussi 5700, 571-2, 5732 et 577*». -2. Ibid.% am 1878, 4880, 4881, 5177.

3, Ibid», appendix to introduction, p. ncLWiu.

L'AFFAIRE DU D1V0RCK. 53

sourd à mes arguments et paraît croire que, en considération de ses mérites, sa demande ne peut pas être repoussée. Autant que je puis le savoir, le Cardinal (Wolsey) est très contrarié de cette affaire, mais vous pouvez être certain qu'il ne fera pas la moindre résistance : il ne peut l'empêcher, il est même forcé de dissimuler et de se montrer empressé à satisfaire le désir du roi. Bien souvent, en causant avec lui, je lui ai dit que je ne vois pas comment Sa Sainteté peut le satisfaire parce qu'elle a conscience de la dignité de Tempereur qui ne saurait souffrir qu'on lui fasse tort dans une affaire qui touche de si près à Sa Majesté impériale et où il y va de son honneur. D'ailleurs, comme il s'agit d'une question concernant le mariage, dont l'inviolabilité a toujours été maintenue d'une manière si ferme par l'Évangile, même quand il s'est agi de personnes appartenant aux dernières classes de la société, rien ne doit ou ne peut être fait contre la justice. »

Le légat était acculé au procès.

Le tribunal se réunit au palais royal, le 31 mai 1529. Catherine s'était procuré une copie du bref adressé à sa mère par Jules II ; elle avait prié l'empereur de l'aider à Rome et demandé conseil à Campeggio qui lui avait répondu par quelques conseils d'une bienveillance diplomatique ' .

Les deux époux étaient assignés pour le 18 juin. Le roi se fit représenter ; la reine vint en personne déclarer qu'elle ne reconnaissait pas au tribunal le droit de s'occuper d'une affaire réservée au pape d'après toutes les traditions de rÉglise. A la séance du 21, la reine, à genoux aux pieds du roi qui avait longuement exposé ses prétendus scrupules, le supplia de ne pas lui enlever l'honneur, de lui permettre de continuer de l'ai-

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