CHUTE DE WOLSEY
Gardiner l'avaient connu pendant leurs années d'études ; ils l'entretinrent de la grande affaire qui passionnait toute l'Angleterre. Cranmer exposa l'opinion que le roi pourrait facilement considérer son mariage comme nul si un certain nombre d'universités donnaient leur avis dans ce sens '. La conversation fut rapportée au prince qui pria le comte de Wiltshire, frère d'Anne Boleyn, de demander un mémoire à Cranmer. Celui-ci s'exécuta et lit signer son travail par six ou sept théologiens de Cambridge.
Cet incident fut le commencement de la prodigieuse et malheureuse fortune du modeste répétiteur qui, désormais, fit partie de la cour. Il était né en 1489 dans le comté de Nottingham. Sa première éducation avait été très soignée. En 1515, après de longues et bonnes études à Cambridge, il avait reçu le titre de maître ès-arts qui correspondait à peu près à notre licence ès-lettres actuelle. Les membres du Collège de Jésus l'élurent à une des places de fellow ; mais il perdit ce titre en se mariant, le mariage lui étant doublement interdit, comme prêtre et comme agrégé. Sa femme étant morte en couches, à l'auberge du Dauphin où il l'avait reléguée, ses collègues lui rendirent sa place qui constituait une riche prébende.
L'échec subi par le roi dans l'affaire du divorce avait profondément ébranlé l'influence de Wolsey. Un certain nombre de courtisans qui le jalousaient depuis longtemps, conduits par le duc de Norfolk, oncle d'Anne Boleyn et toute la parenté de la favorite, en profitèrent pour l'abattre tout à fait. Les conjurés mirent tout en œuvre pour empêcher le roi de recevoir le cardinal 2 avec qui.il s'était entretenu, d'une manière très bien-