Ibid.j n
i. ibid., n " :>7i!>, charges contre Wolsey.
CHUTE Dl<] WOLSEY. 59
et de documents fournis partiellement par le roi luimême, à faire repousser le projet.
Ce Thomas Cromwell qui devait, pendant dix ans, personnifier la politique des années les plus détestables du règne de Henri VIII était venu trouver le souverain après la chute de Wolsey, son maître; il avait fait sur lui une impression telle qu'il entra de plainpied dans la faveur royale. Chappuys, ambassadeur de Charles-Quint auprès de la cour anglaise, envoyait à son ministre Granvelle, le 15 novembre 1535, une longue dépêche qui contient une biographie abrégée de Cromwell, biographie dont les historiens ont loué l'exactitude1.
« Puisque vous désirez, disait l'ambassadeur, que je vous donne un rapport détaillé sur le secrétaire Cromwell et son origine, je vous dirai qu'il est fils d'un pauvre forgeron, qui a vécu et a été enterré dans un petit village distant d'une lieue et demie de Londres. Son oncle, père d'un cousin qu'il a, depuis, considérablement enrichi, était cuisinier du dernier archevêque de Cantorbéry (Warham). Dans sa jeunesse, Cromwell a été plutôt déréglé et dissipé. Après avoir été quelque temps en prison, il alla en Flandre, à Rome et dans d'autres villes d'Italie où il séjourna quelque temps. A son retour en Angleterre, il a épousé la fille d'un foulon, et, pendant quelque temps, il a employé des ouvriers qui travaillaient pour lui à son métier. Puis il devint avoué, et, à ce titre, entra en relation avec feu le cardinal d'York (Wolsey) qui le prit à son service. A la chute de son maître, il se conduisit très bien à son égard. A la mort du cardinal, Wallop, maintenant ambassadeur en France, le menaça et l'insulta ; aussi, pour se sauver de ce danger, Cromwell demanda