‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 36 sur 253 · CHUTE DE WOLSEY · texte numérisé non relu

CHUTE DE WOLSEY

de se faire proclamer « chef suprême » de l'Église cT Angleterre. Réginald Pôle, cousin du roi, qui écrivait ses souvenirs neuf ou dix ans après l'événement, rapporte une conversation qu'il eut avec lui en 1528 ou 1529. Cromwclllui avait demandé quel était le devoir du prudent conseiller d'un prince. C'est, avait dit Pôle, de considérer, dans toutes les affaires, l'honneur de son maître. Non, avait répondu son interlocuteur, il doit étudier son humeur et s'y conformer toujours. Il l'invitait en même temps à lire un livre admirable qu'il lui tendit ; c'était le « Prince » de Machiavel que Cromwell possédait sans doute en manuscrit. Le jeune Pôle avait été alarmé des tendances d'esprit révélées par cette conversation. Ce souvenir le décida à se réfugier sur le continent, quand il eut compris, en 1532, que l'influence de Cromwell, encore en partie occulte, était, en réalité, prépondérante.

Cromwell fut conseiller privé au début de Tannée 1531 ; en 1532 le roi lui donna plusieurs charges honorables et surtout lucratives. Son nom est prononcé, pour la première fois, par Chappuys dans sa dépêche du 16 avril 1533 * à l'empereur. Il constate que Cromwell « est fort puissant auprès du roi ».

Le duc de Norfolk et sa coterie, très influents pour le moment au Conseil, sachant que le roi regrettait Wolsey pour son incomparable habileté dans le maniement des affaires et craignant de le voir revenir au pouvoir, persuadèrent à leur maître d'envoyer le cardinal dans son diocèse d'York. Celui-ci obéit volontiers; il était guéri de toute ambition. Avant de s'éloigner il eut l'occasion de montrer qu'il n'était pas simplement un courtisan. Le roi, qui convoitait son palais d'York, à Westminster, en envoya faire la

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