‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 39 sur 253 · HENRI VIII PROTEGE LES HÉRÉTIQUES. G · texte numérisé non relu

HENRI VIII PROTEGE LES HÉRÉTIQUES. G

anglais, muni d'une somme importante, était chargé de faire auprès des docteurs de Padoue ' ; il rapporta un avis favorable.

Le 30 mars 1531, la veille de la prorogation du Parlement, le chancelier Thomas More se présenta à la Chambre des Communes accompagné de douze évoques et lords. 11 fit lire aux députés douze opinions favorables au divorce, obtenues des universités étrangères au royaume, et énuméra un certain nombre de consultations, également favorables, envoyées par des théologiens anglais. Le roi désirait que les députés répandissent ces nouvelles dans leurs circonscriptions. More avait fait auparavant la même communication aux lords. Deux évêques, Longland, de Lincoln, et Stokesley, de Londres, avaient mis tant de hâte à défendre la thèse royale que les évêques Standish et Clerk avaient protesté que ce n'était pas le lieu de discuter l'affaire. Un membre avait demandé au chancelier quel était son avis. Celui-ci répondit qu'il l'avait donné bien souvent au roi. En effet, tout le monde savait que More avait accepté le grand sceau à la condition formelle qu'il n'aurait pas à s'occuper de l'affaire du divorce qu'il désapprouvait 2.

Avant de communiquer ces consultations au Parlement, Henri avait réuni autour de lui les principaux seigneurs de Londres et des environs, et, après les avoir gagnés séparément par des promesses ou des menaces, il leur avait fait signer une adresse au pape dans laquelle on leur faisait dire que le divorce du roi était une affaire de la plus haute importance pour le royaume, que les plus fameuses universités l'avaient

1. Cal. of State papers, Venetian, t. IV, p. 251. Falier, ambassadeur, à la Seigneurie de Venise : « Henri envoie de l'argent aux docteurs de Padoue pour obtenir une opinion semblable (à celle de Paris), 4 août 1530 ».

2. Roper, Life of T. More, p. GO; More, English Works, p. 1427.

approuvé. En conséquence ils pressaient le pape de prononcer la nullité du mariage, sinon le roi pourrait être amené à chercher d'autres moyens de se faire rendre justice et, en particulier, à en appeler à un concile général. La pétition circula dans les provinces, reçut la signature de Wolsey et fut expédiée à Rome le 13 juillet 1530. Clément YII y fit, le 27 septembre, une réponse digne, en style de cour.

Au mois de mai 1530, le roi réunit dans son palais une assemblée d'évêques pour rechercher les moyens d'arrêter la diffusion des livres contraires à la religion de FÉtat. L'Angleterre était, grâce à l'invention récente de l'imprimerie, inondée de pamphlets de Wyclyff, Huss, Luther, Zwingle, et de brochures diffamatoires contre le clergé. Ces brochures portaient le nom d'un imprimeur du continent; en réalité, elles avaient été le plus souvent éditées à Londres par des défroqués de toutes les classes qui s'employaient activement à les répandre. Une proclamation royale publia, à la suite de cette assemblée, une liste de livres prohibés et imposa à tous ceux qui détenaient une parcelle de l'autorité publique le serment de détruire l'hérésie, de concert avec les évêques. Dix jours avant cette proclamation, Nix1, évêque de Norwich, écrivait au duc de Norfolk qu'il avait fait ce qui était en son pouvoir pour supprimer les livres contraires à la foi. 11 n'y avait pas réussi parce que beaucoup affirmaient que le roi favorisait en réalité leur diffusion. Des hérétiques disaient qu'avant la Saint-Michel, leurs opinions seraient soutenues par l'autorité.

En 1529, Simon Fish avait publié, sous le titre de Supplication des mendiants, une brochure ignoble et déloyale où il préconisait la confiscation générale

i. Letter$andx>apersj Henry VIII, t. IV, n° 6385,

Page 1