‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 45 sur 253 · L'ATTITUDE DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

L'ATTITUDE DU PARLEMENT

signale encore dans tous les tribunaux. La justice était très lente et elle coûtait fort cher, les juges recevant parfois de l'argent des deux partis pour donner à un procès un tour de faveur. L'archevêque Warham avait essayé de supprimer ces abus, mais il avait blessé ses sufîragants en attirant beaucoup de procès à son propre tribunal; il avait pratiquement défendu les appels à Rome, ce qui était au moins d'un très mauvais exemple. Wolsey avait adopté la même ligne de conduite.

Pourtant, malgré de réels abus, les Cours ecclésiastiques étaient supérieures aux tribunaux civils et elles avaient été, durant de longs siècles, le refuge des faibles. Elles se seraient prêtées de bonne grâce à une réforme opérée par la seule autorité compétente, l'Église. Le parlement ne l'entendait pas ainsi. La Chambre des Communes, après avoir applaudi plusieurs discours violents, approuva les cinq projets de loi.

Les Lords leur firent un mauvais accueil. Fisher, évêque de Rochester, se plaignit hautement de l'attitude de la Chambre Basse { : « Mylords, dit-il, vous voyez chaque jour quels projets de loi nous viennent des Communes, et tous ont en vue la destruction de l'Eglise. Pour l'amour de Dieu, voyez ce qu'est devenu le royaume de Bohême ; la gloire de ce royaume est tombée avec sa religion. Maintenant aux Communes on n'entend plus que : « A bas l'Eglise » ; tout cela, il me semble, arrive par manque de foi. »

Les Communes protestèrent violemment contre le discours de l'évêque. Le président reçut la mission officielle de porter au roi les plaintes de l'Assemblée. Fisher, appelé à la cour, fut invité à parler « avec plus de modération ».

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