‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 46 sur 253 · J. Gaikdner, A history of the Church, p · texte numérisé non relu

J. Gaikdner, A history of the Church, p

La Chambre des Lords comprenait probablement à cette date, comme ayant droit de siéger, 44 pairs temporels et 48 spirituels dont 18 évêques, 28 abbés et 2 gardiens de monastères. Elle rejeta en bloc les cinq projets de loi. Mais, sur l'initiative du roi, quatre furent repris un à un par des commissions mixtes, composées de membres des deux chambres, et votés sans changements notables, malgré la résistance des évèques que la majorité des Lords temporels ne soutint pas i . On laissa de côté, pour le moment, la réforme des cours ecclésiastiques. Un des articles sur l'obligation de la résidence portait atteinte à l'autorité du pape ; celui-ci pouvait permettre à un évêque ou à un curé de quitter, pour un temps plus ou moins long, l'évêché ou la paroisse dont il était titulaire. Le parlement interdit à tout clerc de demander à Rome cette permission, sous peine d'une amende de cinq cents francs.

2. — Le clergé accepte Henri VIII pour a chef suprême de l'Église d'Angleterre ».

La Convocation de la province de Cantorbéry s'était réunie, suivant l'usage, en même temps que le parlement. La première séance eut lieu à Saint-Paul, sous la présidence de l'archevêque Warham. Le personnage le plus éminent de cette assemblée était Fisher, évêque de Rochestcr, depuis 1504. Arrivé à l'âge de soixante-dix ans, il avait derrière lui une longue et brillante carrière, durant laquelle ses ennemis eux-mêmes avaient été forcés de rendre hommage à la dignité de sa vie et à l'inflexible fermeté de son caractère. 11 avait paru à la cour en 1497, appelé par ses fondions de supérieur du collège de Saint-Michel, à

1. Statute* ofthe realm, M, Henry vin. chap, iv, v, vi, xm. pp. WBl9et*9i-97.

Cambridge. Marguerite, comtesse de Richmond, mère de Henri VIII, lui avait demandé, cette même année, d'être son confesseur. A dater de ce jour, les honneurs et les grandes charges étaient venus à lui. L'université de Cambridge l'avait élu chancelier et lui confirma cette dignité pendant dix ans, puis, ultérieurement, pour la vie. Ses prédécesseurs avaient compromis les intérêts matériels de cette grande institution; le niveau des études avait sensiblement baissé. Fisher lui rendit une partie de sa splendeur première : il présida à la fondation de trois collèges nouveaux, qui, grâce à son influence, furent richement dotés ; Erasme, pourvu d'une chaire, vint l'aider à réorganiser les études. Entre temps, Tévêque de Rochester avait écrit plusieurs traités contre Luther ; beaucoup pensent qu'il prit une part active à la rédaction des opuscules pour la défense de la doctrine catholique, qui portent la signature de Henri VIII. Quelques mois avant l'ouverture du parlement, il avait fait, dans l'affaire du divorce, une déposition qui avait causé une grande émotion. Henri, très contrarié de ce témoignage, y avait fait par écrit une réponse dure.

Cet homme de caractère ne devait pas trouver d'appui au sein de l'assemblée. Warham jouissait d'une réputation méritée : il était éloquent, habile et intègre ; mais que pouvait-on attendre d'un vieillard de soixante-dix-neuf ans? Tunstal, le jeune évêque de Durham, dont on a dit méchamment qu'il était doué « d'une invincible modération», était, dans la Chambre Haute ecclésiastique, le chef du parti constitutionnel qui espérait acheter la paix à force de concessions : son manque d'énergie, à cette époque de sa vie, était notoire. Ses collègues, Gardiner et Stokesly, que nous retrouverons plus tard dans les rangs de l'épiscopat schismatique, avaient joué, dans l'af-

faire du divorce, un rôle de courtisans ; ils n'étaient pas disposés à défendre les droits du pape. Parmi les autres évêques, West et Clerk avaient fait preuve de fermeté et d'indépendance en prenant la défense de la reine, mais ils ne semblent pas avoir exercé une grande influence.

Les deux chambres ecclésiastiques se mirent, dès l'ouverture de la session, à légiférer contre les livres hérétiques, la simonie et divers abus1. Le roi les poussait aux mesures de rigueur avec l'arrière-pensée, peut-être, d'augmenter par ce moyen leur impopularité.

Les délégués du clergé attendaient, suivant la coutume constitutionnelle consacrée par une longue pratique, la communication officielle des projets de réforme adoptés par les Communes : on se dispensa de cette formalité courtoise. L'assemblée des ecclésiastiques du second rang avait adressé une supplique au roi pour le prier de les défendre contre les agissements des Communes : elle ne reçut point de réponse. On conçoit aisément l'anxiété et les craintes des députés ecclésiastiques, quand ils apprirent que le roi, satisfait d'avoir obtenu l'argent dont il avait besoin, prorogeait le parlement après une session de quelques semaines. Non seulement Henri n'avait rien fait pour arrêter les Communes, mais il avait prononcé contre l'Église des paroles grosses de menaces.

Il y eut pourtant une sorte de trêve qui dura jusqu'aux derniers jours de l'année 1530 : le roi et la cour s'occupaient activement du divorce. Mais vers la fin de décembre, il se produisit brusquement un véritable coup de théâtre : on apprit que l'avocat général allait ouvrir, par ordre royal, une in-

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